Sermon du vendredi 27 août 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais [dans mes précédents sermons] des incidents de l’époque [du califat] de ‘Oumar (r.a.). La bataille de Ray avait eu lieu à cette époque.

Ray est une ville très connue dans une région montagneuse : elle est située à 772 kilomètres de Nichapour et à 82 kilomètres de Qazvin. Les habitants de Ray sont nommés Razi. Le grand exégète du Coran, l’Imam Fakhr Al-Din Al-Razi, était un habitant de Ray. Le chef de Ray s’appelait Siyavakhsh Ibn Mihran Ibn Bahram Choubin. Il a demandé des renforts des villes de Damavand, Tabaristan, Qoumis et Gorgan leur disant que les musulmans étaient sur le point d’attaquer Ray et qu’ils devaient se réunir pour les combattre, sinon ils ne pourraient jamais les combattre seuls. Les renforts sont venus à Ray. Les musulmans se dirigeaient vers Ray quand un chef persan du nom d’Abou Farroukhan Al-Zaynabi (Farroukh fils de Farroukh Hormouzd) est venu parlementer avec eux parce qu’apparemment il était en désaccord avec le chef de Ray.

Lorsque l’armée musulmane est arrivée à Ray, le rapport de force entre musulmans et Persans était disproportionné. Vu cette situation Al-Zaynabi a dit à Nou’aym : « Envoyez quelques cavaliers avec moi. Je vais glisser dans la ville par une route secrète. Lancez l’attaque de l’extérieur et nous allons conquérir la ville. »

Durant la nuit, Nou’aym Ibn Al-Zaynabi une partie de la cavalerie sous le commandement de son neveu, Moundhir Ibn ‘Amr. Il a attaqué lui-même la ville de l’extérieur. La bataille a débuté. L’ennemi a contre-attaqué avec virulence ; mais lorsqu’ils ont entendu par derrière les slogans des musulmans qui accompagnaient Al-Zaynabi, ils ont baissé les bras et les musulmans ont pu prendre contrôle de la ville. Un gage de protection a été conclu par écrit avec les habitants de la ville. Voici les termes de ce pacte : « Au nom d’Allah le Gracieux, le Miséricordieux. Ceci est le pacte conclu par Nou’aym Ibn Mouqarrin avec Al-Zaynabi. J’assure la protection des habitants de Ray et des contrées environnantes à condition que tout adulte paie la Jizyah annuellement et qu’ils feront le bien. Ils guideront les musulmans et ne seront pas coupables de traîtrise. Ils serviront d’hôtes aux musulmans pour un jour et une nuit et les honoreront. Celui qui insultera les musulmans sera puni et celui qui attaquera un musulman sera puni de mort. » Ce pacte a été signé par des témoins.

[Voici les récits] sur les conquêtes de Qoumis et de Gorgan en l’an 22 de l’Hégire. L’émissaire est venu offrir la bonne nouvelle de la conquête de Ray au Calife ‘Oumar (r.a.). Celui-ci a écrit ceci à Nou’aym Ibn Mouqarrin : « Envoie ton frère Souwayd Ibn Mouqarrin à Qoumis. » Cette ville se trouve à la fin de la partie montagneuse du Tabaristan entre Ray et Nichapour.

Les habitants de Qoumis n’ont pas pris les armes et Souwayd leur a consigné un gage de protection par écrit. Gorgan est une grande ville entre le Tabaristan et Khorassan. Les habitants du Tabaristan ont envoyé leurs émissaires qui ont pactisé avec les musulmans contre paiement de la Jizyah. Souwayd a consigné par écrit un gage de protection à l’endroit de tous les habitants de la région. Il n’y pas eu question de [changer] de religion. Les musulmans ont conclu un traité avec eux.

Voici le récit sur la conquête de l’Azerbaïdjan en l’an 22 de l’Hégire. Le Calife ‘Oumar avait confié le drapeau de la campagne en Azerbaïdjan à ‘Outbah Ibn Farqad et Bouqayr Ibn ‘Abdillah. J’en avais fait mention auparavant. Le Calife ‘Oumar (r.a.) avait demandé à tous deux de lancer leurs assauts sur deux fronts différents.

Bouqayr Ibn ‘Abdillah est parti avec sa troupe : Isfandiadh fils de Farroukhzad (le frère de Rostam), qui avait été vaincu et avait pris la fuite lors de la bataille de Wajrouz est sorti le combattre tout près de Jarmizan. Il s’agissait de la première bataille de Boukayr en Azerbaïdjan. Le combat a eu lieu : l’ennemi a été vaincu et Isfandiadh a été arrêté. Isfandiadh a demandé à Boukayr, le commandant musulman : « Souhaitez-vous une trêve ou la guerre ? » Boukayr a répondu : « Une trêve. » Isfandiaz a déclaré : « En ce cas, gardez-moi en votre compagnie. » C.-à-d., vu que vous m’avez fait prisonnier, gardez-moi sous vos yeux. « Ils ne concluront pas de trêve tant que je ne les représente pas. Ils ne cesseront pas le combat tant qu’ils ne se sont pas dispersés dans les montagnes des alentours ou tant qu’ils ne sont pas assiégés dans leurs forteresses. »

Boukayr a retenu Isfandiadh. Peu à peu, d’autres régions sont passées sous leur contrôle. ‘Outbah ibn Farqad a attaqué de l’autre côté. Bahram, le frère d’Isfandiadh, s’est mis sur son chemin ; mais après la bataille, il a été vaincu et s’est enfui. Quand Isfandiadh a entendu cette nouvelle, il a dit que maintenant le feu de la guerre a été éteint et que le temps de la paix est venu. Ainsi, il a fait la paix et le peuple azerbaïdjanais l’a soutenu ; et ce traité de paix a été consigné par écrit.

En voici les termes. Il débute avec « Au nom d’Allah, le Gracieux, le Miséricordieux. Ceci est le gage qu’offre ‘Outbah Ibn Farqad, le représentant d’Oumar Ibn Al-Khattab, l’Emir des Croyants, au peuple azerbaïdjanais. Ce pacte concerne tous ceux qui vivent dans les plaines et les montagnes d’Azerbaïdjan et dans les zones frontalières et côtières et pour les personnes de toutes confessions. Leur personne, leurs biens, leurs religions et leurs charias seront protégés à condition qu’ils paient la Jizyah selon leur moyen. Cette Jizyah n’est pas imposable sur l’enfant, ni sur la femme, ni sur le malade chronique qui ne possède pas de richesse, ni sur le reclus permanent qui n’a pas de richesse. Ceci s’applique aux gens d’ici et aussi à ceux qui viennent de l’extérieur et s’installent avec eux. Ce pacte s’applique aussi à ceux qui viennent s’y installer. Ceux-là sont responsables d’offrir l’hospitalité un jour et une nuit à l’armée islamique et de lui montrer la voie. Si un individu offre quelque service militaire, sa Jizyah en sera déduite. Ce sont les conditions pour quiconque reste ici et celui qui veut partir d’ici sera sous protection jusqu’à ce qu’il atteigne son lieu de sécurité. Jundab a consigné ce pacte qui a été attesté par Boukayr Ibn ‘Abdillah et Simak Ibn Kharcha. »

Voici le récit sur le traité de paix avec l’Arménie. Après la conquête de l’Azerbaïdjan, Boukayr Ibn ‘Abdillah s’est dirigé vers l’Arménie. Pour les aider, le Calife ‘Oumar (r.a.) a envoyé une armée sous le commandement de Souraqah Ibn Malik Ibn ‘Amr, qu’il avait aussi nommé comme général en chef de cette campagne. Les détachements de l’avant-garde étaient sous le commandement d’Abdour Rahman Ibn Rabi’a. Il a aussi nommé Houdhayfah ibn Asid al-Ghifari comme officier d’une aile et a ordonné que lorsque cette armée rencontrerait celle de Boukayr Ibn ‘Abdillah qui était en route pour l’Arménie, le commandement de l’autre aile devrait être remise à Boukayr Ibn ‘Abdillah. Cette armée est partie.

‘Abdour Rahman Ibn Rabi’a, l’officier des avant-gardes, est passé rapidement devant l’armée de Boukayr Ibn ‘Abdillah et s’est rapproché d’un endroit appelé Bab, où était basé Shehrbaz le souverain arménien. Il était un Persan. Il a écrit une lettre et a obtenu un gage de paix d’Abdul Rahman et s’est présenté à celui-ci. Il était Persan et détestait les Arméniens. Il a offert la paix à ‘Abdour Rahman et proposa que si la Jizyah ne lui était pas imposée, il fournirait l’aide militaire nécessaire. Ceci est un autre type d’accord qui a été conclu ici.

Il est venu conclure de son propre chef un traité de paix : il avait pour condition d’être exonéré de la Jizyah en offrant en contrepartie de l’aide militaire. Souraqah a accepté son offre et a occupé l’Arménie sans combat. Lorsque les termes de la réconciliation ont été présentés au Calife ‘Oumar, non seulement les a-t-il acceptés, mais il a également exprimé une grande joie et une grande appréciation à cet égard.

Le traité de paix conclu par Souraqah se lit ainsi : « Au nom d’Allah, le Gracieux, le Miséricordieux. Ceci est le traité [de paix] conclu entre Souraqah ibn ‘Amr, le gouverneur d’Oumar Ibn al-Khattab, l’Emir des Croyants, aux habitants de la ville de Shehrbaz et aux habitants de l’Arménie. Leur personne, leurs biens, leurs religions et leurs charias seront protégés à condition qu’ils paient la Jizyah. Ils effectueront leur service militaire en cas d’attaque [contre les musulmans] et participeront à toutes les tâches importantes lorsque les dirigeants le jugeront approprié. La Jizyah ne leur sera pas imposée en ce cas. Le service militaire sera en échange de la Jizyah. Ceux qui ne pourront pas fournir un service militaire devront payer la Jizyah comme le peuple azerbaïdjanais. Ils devront servir de guides et fournir une journée entière d’hospitalité. Mais si on leur demande de servir dans l’armée, la Jizyah ne sera pas imposable sur eux. Si le service militaire ne leur est pas imposé, la Jizyah sera imposée. Ce traité a été attesté par ‘Abdour Rahman Ibn Rabi’a, Salman Ibn Rabi’a et Boukayr Ibn ‘Abdillah. Ce pacte a été consigné par écrit par Mardi Ibn Mouqarrin qui a aussi servi de témoin.

Souraqah a commencé à envoyer des troupes dans les montagnes autour de l’Arménie : les troupes menées par Boukayr Ibn ‘Abdillah, Habib Ibn Maslamah, Houdhayfah Ibn Asid et Salman Ibn Rabi’a se sont dirigées vers ces montagnes. Boukayr Ibn ‘Abdillah a été envoyé à Mawqan. Habib a été envoyé à Tbilissi et Houdhayfah Ibn Asid pour rencontrer les gens vivant dans les montagnes de Lan. Boukayr Ibn ‘Abdillah a remporté une victoire significative dans ces forces de Souraqah. Il a été envoyé à Mawqan. Il a offert un gage de paix aux habitants de Mawqan. Il se lit ainsi : « Au nom d’Allah le Gracieux le Miséricordieux. Ceci est le gage de paix offert par Boukayr Ibn ‘Abdillah aux habitants de Mawqan dans les montagnes de Qabah. Leur personne, leurs biens, leurs religions et leurs charias seront protégés à condition qu’ils paient la Jizyah au taux d’un dinar ou sa valeur pour chaque adulte. »

Là où ces accords ont été conclus, la liberté de religion et la liberté de suivre la charia de son choix ont été garanties. Mais on accuse [les musulmans] d’avoir répandu l’islam par la force des armes. Personne n’a été forcé de se convertir à l’islam.

[Le pacte proclame :] « La population doit faire le bien et montrer la voie aux musulmans et les héberger un jour et une nuit. Ces actions garantiront leur protection tant qu’ils respectent cette alliance et restent bienveillants ; et notre devoir est de leur être fidèles. Allah est l’Assistant. Mais s’ils abandonnent cette alliance et qu’ils sont coupables de malhonnêteté, ce gage de protection sera résilié. S’ils remettent le pouvoir aux trompeurs, ils seront considérés comme leurs partenaires. » Quatre ou cinq témoins ont attesté ce traité.

La conquête du Khorassan a eu lieu en l’an 22 de l’Hégire. Voici les détails à ce propos. Après la bataille de Jalula, Yazdegerd, le roi d’Iran, a atteint Ray. Le souverain iranien, Aban Jazvia, a attaqué Yazdegerd et a saisi son sceau ; il a préparé un document de son propre gré, puis lui a rendu l’anneau. Aban est venu voir Sa’d et lui a remis tout ce qui a été écrit. C’est-à-dire il lui a remis les documents qu’il avait préparés. Yazdegerd a quitté Ray pour se rendre à Ispahan. Aban n’aimait pas que Yazdegerd y demeure : ce dernier a dû partir pour Kerman. Le feu sacré était avec lui. Ils étaient adorateurs du feu et portaient avec eux le feu sacré. Ensuite, il décida de se rendre à Khorassan et s’est installé à Merv. Il y a allumé le feu sacré et y a construit un temple et a planté un jardin à 9,5 kilomètres de Merv. Après son arrivée, il a commencé à vivre en paix et correspondait avec les non-Arabes non conquis pour établir des contacts, tant et si bien que tous lui obéissaient et lui étaient soumis. Il a également séduit le peuple de Perse dans les régions conquises et d’Hamazan. Suite à cette incitation, ces populations ont rompu leur alliance avec les musulmans et se sont révoltés. De plus, les habitants de Jibal et les habitants de Ferozan ont rompu leurs accords et se sont révoltés eux aussi. Jibal est le nom d’une région bien connue en Irak, qui comprend des villes d’Ispahan à Zanjan, Qazvin, Hamazan, Ray et d’autres. Ferozan est le nom d’une colonie à Ispahan. C’est pour ces raisons, que l’Emir des Croyants, le Calife ‘Oumar (r.a.) a permis aux musulmans d’avancer sur le territoire iranien et d’y entrer.

Ainsi, les habitants de Koufa et les habitants de Bassora se mirent en route et atteignirent leurs terres puis lancèrent une attaque féroce. Ahnaf Ibn Qays est parti pour le Khorassan. En chemin, ils ont capturé Mehrjan Qazaq. Mehrjan Qazaq est une vaste zone entre les montagnes de Halwan à Hamazan qui se composait de nombreuses villes et hameaux. Ensuite, ils ont continué vers Ispahan tandis que les habitants de Koufa assiégeaient Jay. Jay était le nom d’une ancienne ville à la périphérie d’Ispahan qui est maintenant presque déserte. Son nom persan est Ab-Shahrestan.

Ils entrèrent donc dans le Khorassan via Tabasan et capturèrent Hérat par l’épée. Tabasan est une ville de banlieue située entre Nichapour et Ispahan. En Perse, il est connu sous la forme réduite de Tabas. Hérat est l’une des grandes et célèbres villes du Khorassan. Là-bas, il a choisi Sohar Ibn Falan Abdi comme son successeur puis s’est avancé vers Merv Shah Jahan. Merv Shah Jahan est la plus célèbre des villes et villages du Khorassan. Il est situé à 337 kilomètres de Nichapour.

Pendant ce temps, il n’y a eu aucune bataille avec qui que ce soit. Il a envoyé Moutarif Ibn ‘Abdillah Ibn Chakhir vers Nichapour et Harith Ibn Hassan vers Sarkhas. Sarkhas est également une vieille et grande ville à la périphérie du Khorassan, située entre Nichapour et Merv.

Lorsque Ahnaf Ibn Qays s’est approché de Merv Shah Jahan, Yazdegerd est parti à Merv Rouz et y est resté longtemps. En persan, Merv est cette pierre blanche dans laquelle on allume du feu. Elle ne se noircit pas et ne devient pas rouge. La rivière s’appelle Rouz en persan. Cette ville est nommée ainsi car elle [ressemble à une] rivière de Merv. Merv Rouz est situé sur une immense rivière à cinq jours de Merv Shah Jahan. Ahnaf Ibn Qays est parti vers Merv Shah Jahan. Craignant pour sa vie, Yazdegerd a demandé de l’aide à divers dirigeants. Il en a demandé même à Khaqan. Il a également écrit à Shah Sughd pour lui demander son aide par l’intermédiaire de son armée. Sughd est la zone dans laquelle se trouvent Samarkand et Boukhara. Il a également demandé l’aide de l’empereur de Chine.

Ahnaf ibn Qays nomma Haritha ibn Nou’man al-Ba’li comme son successeur à Merv Shah Jahan, et pendant cette période, les armées de Koufa, dirigées par leurs quatre chefs, atteignirent Ahnaf ibn Qays. Lorsque toutes les armées ont atteint Merv Shah Jahan, Ahnaf Ibn Qays marcha de Merv shah Jahan vers Merv Rouz. Lorsque Yazdegerd reçut cette nouvelle, il partit pour Balkh.

Balkh était aussi une belle ville du Khorassan près de la rivière Jihoun. Ahnaf Ibn Qays s’installa à Merv Rouz. Lorsque les armées de Koufa partirent directement vers Balkh, Ahnaf Ibn Qays les poursuivit. Finalement, les forces de Koufa et de Yazgerd s’affrontèrent à Balkh et une confrontation a eu lieu entre les deux parties. Allah a vaincu Yazgerd, qui est parti avec les Persans vers le fleuve et a pris la fuite de l’autre côté. Ahnaf ibn Qays arriva avec les armées de Koufa. Allah le Tout-Puissant conquit Balkh par leur entremise. Balkh était l’une des conquêtes du peuple de Koufa.

Les habitants du Khorassan qui s’étaient enfuis ou s’étaient fortifiés et tous les habitants du Tokharistan de Nichapour ont commencé à venir conclure des traités de paix. Le Tokharistan est une zone composée de nombreuses villes et est située à la périphérie du Khorassan. Sa plus grande ville est Taloqan. Par la suite, Ahnaf ibn Qays retourna à Merv Rouz et y resta mais fit de Rabi’ibn ‘Amir, qui était l’un des nobles de l’Arabie, son successeur au Tokharistan. Ahnaf Ibn Qays a écrit au Calife ‘Oumar (r.a.) au sujet de la conquête du Khorassan. En entendant la nouvelle de la conquête du Khorassan, le Calife ‘Oumar a déclaré : « Je souhaitais qu’aucune armée ne fût envoyée dans cette région et je souhaitais qu’il y ait une mer de feu entre eux et nous. »

On accuse les musulmans conquérir des terres et occuper des pays. Le Calife ‘Oumar (r.a.) ne souhaitait pas envoyer d’armée. Après avoir entendu cela, ‘Ali a dit au Calife ‘Oumar (r.a.) : « Ô Emir des Croyants ! Pourquoi dites-vous cela ? » Il a répondu : « La raison est que les gens vont y rompre l’alliance trois fois ; et la troisième fois, ils devront être vaincus. »

Selon un autre récit, ‘Ali ibn Abi Talib relate : « Lorsque la nouvelle de la conquête du Khorassan est parvenue au Calife ‘Oumar (r.a.), il a déclaré : « Je souhaite qu’il y ait une mer de feu entre nous et eux. » Sur ce, ‘Ali (r.a.) a déclaré : « Ô Emir des Croyants ! C’est un moment de liesse ! Pourquoi êtes-vous inquiet ? » C.-à-d., nous avons remporté la victoire et vous dites qu’il doit y avoir un obstacle. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a déclaré : « Oui ! C’est un moment de bonheur, mais je crains que ces gens ne rompent leur promesse trois fois. » Selon un récit, lorsque Calife ‘Oumar (r.a.) a été informé qu’Ahnaf ibn Qays avait capturé les deux villes de Merv et qu’il avait également conquis Balkh, il a déclaré : « Ahnaf ibn Qays est le chef du peuple de l’Est. » Puis il a écrit à Ahnaf ibn Qays : « Ne traversez pas la rivière et demeurez dans la région que vous habitez. Continuez à adhérer aux caractéristiques avec lesquelles vous êtes entrés dans le Khorassan : c’est ainsi que vous triompherez toujours. Mais ne traversez pas la rivière, sinon vous subirez des pertes. »

Yazdegerd avait auparavant appelé ses voisins à l’aide. À cette époque, ces pays ne fournissaient aucune assistance particulière. Mais Yazdegerd en personne avait fuit son pays et il leur demandait de l’aide afin de conquérir son pays de nouveau. Le chef turc, Khaqan, s’est rangé de son côté et a amené son armée à Balkh. Balkh était une belle ville du Khorassan près de la rivière Jihoun. Il y avait 20 000 musulmans. Ahnaf a tué trois soldats de la cavalerie turque ; Khaqan, le chef turc, est retourné en y tirant un mauvais présage.

L’empereur de Chine, après avoir entendu parler de la l’état des musulmans, a écrit ceci à Yazdegerd : « À la lumière de la description des musulmans faite par votre messager, je déduis que s’ils heurtaient une montagne, ils la réduiraient en mille morceaux. Si je venais à ton aide, tant qu’ils – c’est-à-dire les musulmans – possèdent les attributs que ton messager m’a présentés, ils m’arracheront mon trône et je ne pourrai pas les affecter le moindrement. Réconcilie-toi avec eux. » Yazdegerd a continué à errer dans différentes villes jusqu’à ce qu’il soit assassiné au cours du califat d’Outhman.

Ahnaf ibn Qays a envoyé la bonne nouvelle de la victoire et du butin au Calife ‘Oumar (r.a.). Celui-ci a rassemblé les musulmans et s’est adressé à eux. Le message écrit sur la victoire a été présenté sur les instructions de Calife ‘Oumar (r.a.). Ensuite le Calife ‘Oumar (r.a.) a déclaré dans son sermon : « Certainement Allah a fait mention de Son Prophète et de la direction avec laquelle il a été envoyée. Certainement Allah a promis à ceux qui suivent Son Messager (s.a.w.) une récompense proche et une bonne récompense dans ce monde et dans l’au-delà. »

Ensuite le Calife ‘Oumar (r.a.) a récité ce verset du Saint Coran.

هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدَى وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ وَلَوْ كَرِهَ الْمُشْرِكُونَ

« C’est Lui Qui a envoyé Son Messager avec la direction et la Religion de la Vérité, afin de la faire prévaloir sur toutes les autres religions, même si ceux qui attribuent des associés à Allāle haïssent. » (61 : 10)

Puis il a dit : « Toutes les louanges sont à dues Allah qui a accompli Sa promesse et a aidé son armée. Écoutez, Allah a détruit le royaume des Mages et brisé leur alliance. Pas un seul morceau de leur terre n’est en leur possession pour qu’ils puissent nuire à un musulman. Voici qu’Allah vous a fait héritiers de leurs terres, de leurs maisons, de leurs biens et de leurs fils, afin qu’ils voient comment vous agissez. Gardez à l’esprit que de nombreuses nations comme la vôtre avaient une puissance militaire. »

Le Calife ‘Oumar (r.a.) prodigue ces conseils aux musulmans : « Gardez à l’esprit que de nombreuses nations comme la vôtre possédaient une puissance militaire et que de nombreuses nations civilisées du passé avaient occupé des contrées lointaines. Allah appliquera Son commandement et accomplira Sa promesse. Il fera apparaître les nations les unes après les autres. Suivez l’homme qui accomplit sa promesse envers vous et accomplit la promesse de Dieu envers vous afin d’exécuter ses commandements. Ne changez pas votre condition, sinon Allah vous remplacera par d’autres. »

Si vous changez, si vous oubliez votre religion, si vous ne suivez pas ses commandements, Allah amènera d’autres [à votre place].

Puis il a déclaré : « En ce moment, je crains la destruction et la ruine de la Oummah musulmane à cause de vous. » Je ne crains pas que l’ennemi détruise la Oummah musulmane, mais que les musulmans eux-mêmes ne soient la cause de la destruction et la ruine de la Oummah musulmane. »

Nous constatons aujourd’hui, que cela s’avère exact. Les musulmans sont en train de s’entre-tuer : ils s’attaquent les uns les autres. Un pays en envahit un autre. Ils parlent de Jihad : mais il s’agit de musulmans qui sont en train de s’entre-tuer.

Voici le récit de la conquête d’Istakhr. C’était une ville centrale de la Perse et l’ancien site central et sacré des rois sassanides. Il s’y trouvait leur ancien temple du feu, supervisé par l’empereur perse en personne. ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs, a décidé de se rendre à Istakhr ; il s’est avancé vers elle et une confrontation a eu lieu avec les habitants d’Istakhr à Jor. Les musulmans y ont mené une bataille féroce et Allah le Tout-Puissant a offert la victoire aux musulmans sur les habitants de Jor ; et les musulmans ont également conquis Istakhr. Beaucoup ont été tués et beaucoup ont fui. ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs a invité les mécréants à payer la Jizyah et à devenir des sujets dhimmis. Il a correspondu avec eux. Finalement, leur souverain, Hormuz, a accepté l’offre et de payer la Jizyah. Ainsi, tous ceux qui s’étaient enfuis ou s’étaient séparés au moment de la conquête d’Istakhr retournèrent dans ces contrées en paix à condition de payer la Jizyah. Après la défaite de l’ennemi, ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs a collecté tout le butin : il en a déduit le Khoums et l’a envoyé à l’Emir des Croyants, le Calife ‘Oumar (r.a.). Il a gardé le reste pour le distribuer parmi les musulmans. Il a interdit aux soldats musulmans de commettre des pillages et des exactions. Il leur a ordonné de rendre les choses confisquées. En effet, le commandant a demandé aux soldats de rendre tout ce qu’ils avaient confisqué. Ensuite ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs a rassemblé tout le monde et a dit : « Nous auront toujours le dessus et nous serons toujours à l’abri de tout malheur tant que nous ne volons pas et ne sommes pas coupables de malhonnêteté. Si nous commençons à être malhonnêtes concernant les butins, ces traits indésirables apparaîtront en nous. Ces mauvaises actions noieront la plupart d’entre nous. »

Si vous êtes malhonnêtes et que vous volez, ces péchés vous submergeront : c’est ce que nous constatons chez les musulmans d’aujourd’hui. Ils se volent entre eux ou commettent le vol là où se rendent. Ils sont coupables de malhonnêteté : ils sont coupables de ces actes immoraux dans tout domaine et ont mauvaise réputation partout. ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs a déclaré le jour de la victoire : « Lorsqu’Allah souhaite accorder le bien à un groupe, Il les protège de toutes sortes de maux et crée en eux les vertus que sont la fiabilité et l’honnêteté. Par conséquent, respectez vos engagements, car l’honnêteté est la première vertu que vous perdrez eu égard à votre religion. Quand l’honnêteté disparaîtra chez vous, chaque jour quelque bien vous abandonnera. » Lorsque l’honnêteté disparaitra, les vertus commenceront à disparaître.

Durant les derniers jours du califat d’Oumar Al-Farouq et dans la première année du califat d’Outhman, Charraq s’est révolté et a incité le peuple de Perse qui a rompu son alliance. ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs a de nouveau été envoyé pour les soumettre et une armée de renforts a été envoyée par derrière accompagné d’Abdoullah Ibn Mou’ammar et Shibal Ibn Ma’bad al-Bajili. Il y a eu une bataille féroce contre l’ennemi en Perse. Charraq et son fils ont été tués et beaucoup d’autres. Charraq a été tué par Al-Hakam Ibn Abil-‘Âs, le frère d’Outhman Ibn Abil-‘Âs.

Selon un récit, ‘Ala ibn al-Hadrami avait conquis Istakhr pour la première fois au cours du califat d’Oumar en l’an 17 de l’Hégire. Ses habitants ont violé leur pacte après la réconciliation et ceci a attisé la rébellion. Pour y mettre fin, ‘Outhman Ibn Abil-‘Âs a envoyé son fils et son frère, qui ont réprimé la rébellion et tué l’émir d’Istakhr, dont le nom était Charraq.

Voici les récits sur Fasa et Darabajird. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a envoyé Sariya Ibn Zanim à Fasa et Darabgerd. Cet événement à eu lieu en l’an 23 de l’Hégire. Fasa était une ancienne ville persane située à 347 kilomètres de Shiraz. Darabgerd est une grande région de la Perse qui comprenait Fasa et d’autres villes. Selon la Dalail Al-Nubuwwah, Ibn ‘Oumar relate que le Calife ‘Oumar a envoyé une armée sous la direction de Sariya. Un jour, alors que Calife ‘Oumar (r.a.) prononçait un sermon, il a soudainement commencé à dire d’une voix forte « Ya Sariya ! Al-Jabal ! » C’est à dire : « Tourne-toi vers la montagne, ô Sariya ! » Selon le recueil d’Al-Tabari, le Calife ‘Oumar (r.a.) a envoyé Sariya Ibn Zanim dans la région de Fasa et Darabgerd. Quand ils sont arrivés là-bas et ont assiégé le peuple, ces derniers ont appelé leurs partisans en renforts. Ils se sont rassemblés dans le désert pour affronter l’armée musulmane, et quand leur nombre a augmenté, ils ont entouré lses musulmans de toutes parts. Le Calife ‘Oumar (r.a.) était en train de prononcer son sermon du vendredi, lorsqu’il a déclaré : « Ya Sariya Ibn Zanim ! Al-Jabal ! Al-Jabal ! » C’est-à-dire, « Ô Sariya Ibn Zanim ! La montagne ! La montagne ! » Il y avait une montagne près de l’endroit où l’armée musulmane était stationnée. S’ils s’y réfugiaient, l’ennemi ne pouvait attaquer que d’un côté. Ils se sont réfugiés dans la montagne, après quoi ils ont combattu et vaincu l’ennemi et ont pris beaucoup de butin. Le butin contenait également une boîte de bijoux qui a été offerte au Calife ‘Oumar (r.a.) par l’armée musulmane par consentement mutuel. Sariya a envoyé un émissaire au Calife ‘Oumar avec cette boîte et avec la bonne nouvelle de la victoire. Lorsque l’envoyé atteignit Médine, le Calife ‘Oumar (r.a.) nourrissait le peuple et il tenait à la main le bâton avec lequel il conduisait les chameaux. Ce messager voulait parler à Calife ‘Oumar (r.a.) et celui-ci a offert le repas à manger. Il s’est assis pour prendre son repas. Quand il a fini de manger, Calife ‘Oumar (r.a.) s’apprêtait à partir. L’homme s’est relevé et a commencé à les suivre.

Le Calife ‘Oumar (r.a.) l’a vu venir après lui et se disait que l’estomac de l’homme n’était pas encore rempli. Lorsqu’il est arrivé tout près de la porte de sa maison, il lui a dit : « Veuillez entrer. »

Il a demandé au cuisinier de mettre le couvert. On a apporté le repas qui comprenait du pain, des olives et du sel. Puis il a dit à l’homme : « Mangez. »

Quand il a terminé son repas, l’émissaire a dit : « Ô Emir des Croyants ! Je suis l’envoyé de Sariya Ibn Zanim. » Le Calife lui a répondu : « Soyez le bienvenu ! » L’homme s’est approché de lui jusqu’à ce que son genou touchait le genou du Calife ‘Oumar (r.a.). Celui-ci lui a posé des questions sur les musulmans, puis sur Sariya. L’émissaire l’en a informé. Ensuite il a décrit la boîte et Calife ‘Oumar (r.a.) l’a regardée et a déclaré à haute voix : « Non ! Il n’y a aucun honneur là-dedans. Retournez vers cette armée et partagez-la entre eux. » C.-à-d., distribuez ces bijoux qu’il m’a envoyés parmi les soldats.

Il a déclaré : « Ô Emir des Croyants ! Mon chameau s’est affaibli. J’ai contracté un prêt en prévision d’une récompense. Offrez-moi autant pour que je puisse être compensé. » Il a continué à insister jusqu’à ce qu’Oumar lui donne l’un des chameaux de l’aumône en échange de son chameau. Il a pris son chameau et l’a inclus dans les chameaux consacrés aux aumônes. L’émissaire a été réprimandé, et il est retourné à Bassora où il a appliqué les injonctions du Calife ‘Oumar.

Il est également rapporté que lorsque le messager est venu à Médine avec la bonne nouvelle de la victoire, les habitants de Médine lui ont posé des questions sur Sariya, et sur la victoire et ont demandé si les musulmans avaient entendu une voix le jour de la bataille. Il a dit : « Oui, nous avons entendu : « Ya Sariya ! Al-Jabal ! » C’est-à-dire, ô Sariya, va à la montagne. Nous étions sur le point de mourir. Alors, nous nous sommes réfugiés dans la montagne et Allah nous a donné la victoire. »

Le Mouslih Maw’oud (ra) a relaté cet incident de cette manière. Il déclare : « Il y a un incident de l’époque du Calife ‘Oumar (r.a.). Au cours de son califat, il prononçait son sermon sur la chaire lorsqu’il a prononcé ces mots involontairement. « Ya Sariya ! Al-Jabal ! Ya Sariya ! Al-Jabal ! » C’est-à-dire « Ô Sariya, la montagne ! Ô Sariya, la montagne ! »

Étant donné que ces phrases n’étaient pas pertinentes, les fidèles lui ont demandé pourquoi il les avait prononcés. Il a déclaré : « On m’a montré un endroit où Sariya, un général de l’armée islamique, se tenait. L’attaquant est sur le point de détruire l’armée islamique. À ce moment-là, j’ai vu qu’il y avait une montagne tout près et sur laquelle ils pouvaient grimper pour éviter l’attaque de l’ennemi. C’est pourquoi je leur ai demandé de gravir la montagne. » Quelque temps plus tard, Sariya a relaté le même incident. Il a également écrit qu’à ce moment-là une voix similaire à celle du Calife ‘Oumar (r.a.) nous a informés du danger et nous avons escaladé la montagne pour éviter l’attaque de l’ennemi. Hazrat Mouslih Maw’oud (ra) déclare : « Cet incident montre que la langue de Calife ‘Oumar (r.a.) était hors de son contrôle à ce moment-là et était en possession de cet Etre omnipotent pour qui la distance n’a aucune importance. »

Le Messie Promis (a.s.) déclare à ce propos :

L’allégation selon laquelle que les Compagnons n’ont pas reçu de révélations est totalement infondée et fausse, car les hadiths authentiques évoquent une multitude de révélations reçues par les Compagnons et des miracles qu’ils ont accomplis. Le Calife ‘Oumar (r.a.) a pris conscience de la situation dangereuse de l’armée de Sariya avec l’aide de Dieu : ceci a été rapporté par Al-Bayhaqi sur l’autorité d’Ibn ‘Oumar. Si ce n’était pas une révélation, qu’était-ce donc ? Tandis qu’il se trouvait à Médine, il a prononcé cette phrase « Ya Sariya ! Al-Jabal ! Al-Jabal ! » qui a été entendue par Sariya et par son armée à une grande distance par l’entremise de la puissance invisible de Dieu : n’était-ce pas là un prodige divin ? »

La conquête de Kerman a eu lieu en l’an 23 de l’Hégire. Kerman a été conquis par Souhayl Ibn Adi. On rapporte aussi que la victoire a été remportée par ‘Abdoullah Ibn Boudayl. Nousayr Ibn ‘Amr était le chef de l’avant-garde de Souhayl Ibn Adi. Les habitants de Kerman se sont rassemblés pour les combattre. Ils ont combattu dans la zone proche de leurs terres. Finalement, Allah le Tout-Puissant les a dispersés et les musulmans ont bloqué leur chemin. Nousayr a tué leurs grands chefs. De la même manière, Souhayl Ibn Adi a bloqué le chemin de l’ennemi vers la place de Jiraf par l’intermédiaire d’un contingent de villageois. ‘Abdoullah y est également arrivé en passant par la route de Shir et, en accord à son souhait, il a trouvé beaucoup de chameaux, de moutons et de chèvres à cet endroit. Il a commencé à fixer des prix pour les animaux, et étant donné que les chameaux [perses] étaient plus gros que les races arabes, ils ont commencé à différer sur le prix. Ils ont demandé au Calife ‘Oumar de trancher ce litige. Le Calife ‘Oumar (r.a.) lui a écrit que le prix est fixé en fonction de la chair du chameau arabe et ces chameaux se ressemblent. Si selon votre avis ces chameaux sont plus gros augmentez leurs prix.

Il s’agit du prix des animaux qu’ils avaient reçus.

Au cours du califat du Calife ‘Oumar (r.a.), ‘Abdoullah Ibn Boudayl Ibn Warqa’Al-Kouza’i a conquis Kerman. Ensuite il est parti pour Tabasayn. Il s’est rendu chez le Calife ‘Oumar et a lui a dit qu’il avait conquis Tabasayn et qu’il souhaitait que le Calife lui offrît ces deux terres pour qu’il en fasse son fief.

Quand Calife ‘Oumar (r.a.) formulait l’intention de lui offrir ces deux zones à titre de fief, quelqu’un lui a dit que ces deux zones sont de très grandes provinces et sont les portes du Khorassan. Sur ce le Calife a décidé de ne pas lui offrir ces deux zones à titre de fief.

La conquête du Sijistan a également eu lieu en l’an 23 de l’Hégire. Le Sijistan est plus grand que le Khorassan et ses frontières s’étendent jusqu’à des régions reculées. La zone se situait entre l’Indus et la rivière Balkh. Ses frontières étaient très difficiles à franchir et la population était très nombreuse. Le Sijistan est aussi appelé le Sistan par les Iraniens. En effet, les Iraniens l’appellent aussi « Sistan ». Le célèbre lutteur iranien, Rostam, était un résident de cette région. Elle était située au nord de Kerman avec Zaranj comme capitale. Dans les temps anciens, c’était une très grande zone et à l’époque de Mou’awiyah, c’était une zone très importante. Les gens ici combattaient les Kanghars, les Turcs et d’autres nations.

‘Asim ibn ‘Amr se tourna vers le Sijistan et ‘Abdoullah ibn ‘Oumayr le rejoignit également avec une armée. Les habitants du Sijistan les ont combattus dans leur voisinage et les musulmans les ont vaincus ; les habitants du Sijistan se sont enfuis. Les musulmans les ont poursuivis et les ont assiégés à Zaranj ; et en même temps les musulmans ont conquis différentes zones dans la mesure du possible.

Finalement, les habitants du Sijistan se sont réconciliés avec Zaranj et d’autres régions conquises et ont ratifié le traité avec les musulmans. Ils ont convenu dans leur traité que leurs terres sauvages seraient traitées comme des pâturages protégées. Par conséquent, lorsque les musulmans passaient, ils évitaient leurs terres sauvages pour ne pas leur faire de mal et rompre leur alliance. Les musulmans étaient très prudents. Cependant, le peuple du Sijistan a accepté de payer tribut et les musulmans ont accepté la responsabilité de les protéger.

La conquête de Moukran a eu lieu en l’an 23 de l’Hégire aux mains d’Al-Hakam ibn ‘Amr. Aujourd’hui, il s’appelle Makran. Dans les temps anciens il était connu comme Moukran. Makran a été conquis par Al-Hakam Ibn ‘Amr, mais il a été rejoint par Chahab Ibn Moukhariq, Souhayl Ibn Adi et ‘Abdoullah Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Itban avec leurs armées.

Les musulmans se sont unis contre le roi du Sindh et l’ont vaincu. Al-Hakam Ibn ‘Amr a envoyé la nouvelle de la victoire et du butin à Sohar Abdi et lui a demandé des conseils sur les éléphants dans le butin.

Lorsque la bonne nouvelle de la victoire parvint à Calife ‘Oumar (r.a.), il l’a interrogé sur le pays de Makran. Celui-ci de répondre : « Ô Emir des Croyants ! La terre de ses plaines douces est aussi dure que les montagnes et il y a une grave pénurie d’eau. Ses fruits sont mauvais et ses ennemis sont très courageux ; et il y a plus de mal que de bien. Même une multitude a l’air de peu là-bas et un petit nombre est perdu. La partie éloignée est encore pire. Le Calife ‘Oumar (r.a.) lui a demandé sur sa manière de parler : « Es-tu est en train de faire des rimes avec tes phrases ou rapportes-tu la situation réelle ? » Il a répondu : « Je vous présente des informations exactes… »

Sur ce, il a déclaré : « Si ce que tu dis est vrai, alors par Dieu, mon armée ne lancera pas d’attaque là-bas. » Il a ainsi envoyé Al-Hakam Ibn ‘Amr et Souhayl en leur ordonnant : « Aucune de vos deux troupes n’avancera au-delà de Makran, et vous devez rester sur cette rive de la rivière. » Il a également ordonné que les éléphants soient vendus en terre islamique, et que les revenus qui en seront tirés soient distribués au sein des troupes musulmanes. Les détails de cette bataille qui ont été présentés sont tirés d’Al-Tabari. Au sujet de cette bataille, on trouve une note de ‘Allamah Al-Chibli, qui stipule que les victoires du Farouq s’étendent jusqu’à Makran. Mais cela est relaté par Al-Tabari. Selon l’historien Al-Baladhouri, les troupes sont arrivées dans les zones basses de Debal et jusque Thana. Si cela est vrai, alors sous le Califat de ‘Oumar, l’islam s’était propagé jusqu’au Sindh et en Inde. Il écrit également dans la note de bas de page qu’aujourd’hui la moitié de Makran s’appelle le Baloutchistan. Bien qu’Al-Baladhouri ait écrit que les conquêtes du Farouq se sont étendues jusqu’à la ville de Debal dans le Sindh, selon Al-Tabari, elles ne s’étendaient que jusqu’à Makran.

Je continuerai à faire mention de l’époque du Calife ‘Oumar (r.a.) à l’avenir.

Après la prière de la Joumou’ah j’inaugurerai une web-radio turque. Cette radio s’appelle Islam Ahmediyet’in Sesi c’est-à-dire Voix de l’islam Ahmadiyya, qui par la grâce d’Allah, sera diffusée 24h/24. Cette radio pourra être écoutée à travers un lien de partout dans le monde sur tablette, smartphone, ordinateur portable… Un ensemble d’émissions de 4 heures sera diffusé à six reprises. Cet ensemble comprendre une heure de récitation du Saint Coran avec traduction en turc, des hadiths du Saint Prophète (s.a.w.), des écrits du Messie Promis (a.s.), les traductions de mes sermons en turc, ainsi qu’une session de questions-réponses. Plus de vingt pays pourront Incha Allah en profiter pour la prédication et à des fins éducationnelles, tels que l’Azerbaïdjan et la Géorgie où le turc est parlé ; il y a également plusieurs anciens états russes où le turc est parlé. De même, la Turquie et tous les pays européens où des Turcs sont installés pourront également en bénéficier. C’est le département de Tabligh de l’Allemagne qui a eu l’opportunité de créer cette radio. Qu’Allah les récompense, et qu’Allah bénisse cette radio sur tous les plans. Je lancerai officiellement cette radio après la prière de la Joumou’ah.

Je vais également faire la prière funéraire de quelques défunts en l’absence des corps après la prière de la Joumou’ah. Je souhaite également mentionner que le corps de notre cher et bien-aimé Talaay n’est pas encore arrivé ; cela prendra peut-être quelques jours. Je ferai la prière funéraire quand le corps sera arrivé, Incha Allah, et je ferai également mention de lui à ce moment là, Insha Allah.

Le premier défunt dont je dirigerai la prière funéraire aujourd’hui en l’absence du corps est le respecté Muhammad Al-Mukhtar Kabta qui était originaire du Maroc. Il est décédé à l’âge de 73 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt avait fait la Bai’ah en 2009. C’était un ahmadi très sincère. Après la Bai’ah, il passait tout son temps à servir la communauté et à transmettre le message de l’Ahmadiyya. Il a joué un rôle majeur dans la rectification des croyances erronées de la société. Sa région se trouvait dans l’ouest du Maroc ; le président de cette région écrit : « Le défunt était un soldat retraité, qui était éduqué : en plus de maitriser la langue arabe, il avait également une bonne maîtrise de la langue française et espagnole. Il avait fait la Bai’ah après avoir lu le livre Hamâmat al-Bouchra. Par la suite il avait relu les livres du Messie Promis (as) avec beaucoup d’engouement et d’amour, au moins deux d’entre eux. Il a ensuite lu Al-Tafsir Al-Kabir, il en avait fait des copies qu’il avait reliées pour les distribuer parmi les ahmadis. » Il ajoute : « Lorsque l’organisation de la communauté a été créée à proprement parler dans notre région, il avait dédié sa vie pour servir la communauté, et il avait visité différentes Jama’ats. Il était également toujours en avant pour les sacrifices financiers. Il n’a jamais dit un jour qu’il était occupé, ou bien qu’il ne pouvait pas faire telle ou telle tâche qu’on lui demandait. Il avait une forte détermination que l’on ne retrouve même pas chez les jeunes. » Il ajoute : « Il obéissait totalement et immédiatement à l’administration du Califat. Il était très passionné par la prédication : il transmettait le message à tout le monde qu’il croisait, dans la voiture, dans le bus, dans le train, dans les magasins, aux petits et grands. Il avait transmis le message à tous les membres de sa famille. Le défunt offrait régulièrement la prière de Tahajjoud, il jeunait tous les lundis et jeudis. Il faisait toujours les supplications que j’avais conseillées de faire pour le centenaire du Califat. Il récitait quotidiennement cinq à dix parties du Coran, et mémorisait et révisait [sa mémoire du] Coran en marchant, et parfois il était tellement concentré dans la récitation du Saint Coran sur le chemin qu’il ne savait plus ce qui se passait autour de lui. Il avait un grand amour pour le Coran. Certains ont même rapporté que le soir lorsqu’il dormait, on entendait des versets du Coran de sa bouche. Le défunt a eu l’opportunité de servir pendant neuf ans en tant que vice-président de la Jama’at, en tant que président de l’Ansaroullah, et secrétaire finance. Le défunt était membre du système d’Al-Wassiyyah : sa femme est également sincère et membre du système d’Al-Wassiyyah.

La mention suivante est celle de Mahmood Ahmad, ancien employé de la mosquée Aqsa et de la mosquée Moubarak de Qadian. Il est décédé ces derniers jours à l’âge de 74 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt était le fils de Makhdoom Hussain de Belgaum, qui avait immigré à Qadian depuis l’état du Karnataka. Il a servi pendant 28 ans en tant que serviteur de la mosquée Aqsa et de la mosquée Moubarak. Le défunt faisait partie du système d’Al-Wassiyyah. Le défunt priait et jeunait régulièrement. Il offrait également régulièrement la prière de Tahajjoud et faisait beaucoup de supplications. Il avait un attachement particulier à la mosquée. Il laisse dans le deuil son épouse, deux fils et une fille.

La mention suivante est celle de Madame Sawda, épouse de Abdur Rahman originaire de Kerala en Inde. Elle est décédée le 22 Juillet à l’âge de 76 ans. C’est à Allah nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. La défunte était la mère de Shams-ud-Din Malabari, missionnaire-en-chef de la Palestine. Shams-ud-Din écrit : « Ma mère était la fille de V.T. Muhammad, qui était le premier ahmadi de la région de Palkaath et de Muzafaat, qui avait eu l’opportunité de faire la Bai’ah en 1937. Par la suite, pendant une longue période il a été la cible d’une vive persécution de la part des ennemis. » Il ajoute : « Ma grand-mère maternelle et sa fille aînée sont décédées durant ce boycott. Lorsque ma mère avait 1 an et demi, sa mère est décédée, et les ennemis ne les avaient pas laissé l’enterrer, suite à quoi ils ont dû l’enterrer 40km plus loin dans un quelconque cimetière de la ville. » Il continue : « Mon grand-père maternel a donc émigré avec sa fille en bas âge. Ainsi, dès son enfance, ma mère a traversé diverses afflictions. La défunte priait et jeunait régulièrement ; elle faisait également partie du système du Wassiyyat. Elle était la personnification de l’empathie, elle avait pour habitude de faire des supplications pour toute personne qui était inquiète, et si la personne se trouvait devant elle, elle l’aidait. Elle laisse dans le deuil son époux, quatre fils, et deux filles. Son petit-fils a également dédié sa vie, et l’un de ses fils est missionnaire, il se trouve à l’étranger et n’a donc pas pu participer à ses funérailles. Qu’Allah le Très-Haut exalte le rang de la défunte.

La mention suivante est celle de Syeda Majid, épouse de Sheikh Abdul Majid originaire de Faisalabad, qui est décédée ces derniers jours à l’âge de 86 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Son fils, Sheikh Waheed, écrit : « L’Ahmadiyya a été introduite au sein de sa famille par l’intermédiaire de son grand-père, Hazrat Barkat Ali Qadiani. Son grand-père et sa grand-mère avaient eu l’honneur d’avoir été tous les deux des compagnons du Messie Promis (as). Syeda Majid avait eu l’opportunité de servir la communauté pendant une très longue période. Au début, elle a servi en tant que présidente de son quartier et secrétaire finance, et par la suite depuis 1982, lorsque la section de la Lajna Imaillah de la région de Faisalabad a été fondée, elle a servi pendant sept ans en tant que secrétaire finance. Avec une grande diligence, elle visitait régulièrement les 82 Majalis afin de superviser le travail des tenants de poste. Elle était vigilante quant aux archives du département de finance et à la récolte en temps et en heure des cotisations. Son ancienne présidente de quartier, Bushra Sami, a relaté : « Un jour, au retour d’une visite, des bandits ont arrêté la voiture, elle avait aussitôt fait tomber entre ses pieds le porte-monnaie qui contenait l’argent des cotisations, afin de le protéger, et elle ne s’est nullement inquiétée qu’on lui vole ses bijoux. Les bandits avaient dérobé ses bijoux mais l’argent des cotisations a été sauvé. Elle en a été très contente. Quelques mois avant son décès, elle avait offert tous ses bijoux dans des fonds de la Jama’at. Elle avait lu les livres du Messie Promis (as) à de nombreuses reprises. Elle possédait de nombreuses qualités. Elle avait un amour intense pour Dieu ; elle faisait beaucoup de supplications, et avait une confiance inébranlable en Allah le Très-Haut. Elle avait une relation de grand amour avec l’institution du Califat. Elle enjoignait toujours à ses fils, belles-filles, petits-fils et petites-filles de rester attachés au Califat, de faire des supplications pour le Calife, et d’écouter ses sermons. La défunte faisait partie du système d’Al-Wassiyyah. Elle laisse dans le deuil son époux, ses huit fils et de nombreux petits-enfants.

Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard de tous ces défunts, qu’Il élève leur rang. Comme je l’ai mentionné, après la prière, je dirigerai leurs prières funéraires .