Sermon du vendredi 22 octobre 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Dans mon précédent sermon, en évoquant le martyre du Calife ‘Oumar (r.a), j’avais mentionné une altercation qui aurait eu lieu entre ‘Outhman (r.a.) et ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar. J’avais en effet cité un récit – et seul Allah sait jusqu’à quel point il est authentique – selon lequel il y aurait eu une dispute entre les deux. Je vais vous présenter les faits découlant d’une recherche plus poussée à ce propos.

Quand ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar s’en est pris à ‘Outhman (r.a.), ce dernier n’avait pas encore été nommé Calife. [J’avais] relaté qu’Oubaydoullah Ibn ‘Oumar avait l’intention de tuer tous les prisonniers- [esclaves] vivant à Médine. Les aînés parmi les Mouhajirine l’ont confronté, l’ont retenu et l’ont menacé. Il a déclaré : « Par Allah ! Je tuerai tous [ces esclaves et prisonniers] ! » Il ne s’est pas soucié des Mouhajirine. ‘Amr Ibn Al-‘Âs l’a confronté tant et si bien qu’Oubaydoullah Ibn ‘Oumar lui a finalement confié son épée. Sa’d Ibn Abi Waqqas a tenté de le ramener à la raison. ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar s’est disputé avec lui.

Tout comme je l’ai dit, il a eu une empoignade avec ‘Outhman (r.a.) et les autres ont tenté de les calmer : lorsque cet incident a eu lieu, on n’avait pas encore prêté le serment d’allégeance à ‘Outhman (r.a.). C’est-à-dire qu’il n’était pas encore Calife. On dit aussi qu’Oubaydoullah Ibn ‘Oumar aurait été fait prisonnier par la suite. ‘Oubaydoullah a été présenté au Calife ‘Outhman après son élection. L’Emir des croyants s’est adressé à un groupe de Mouhajirine et d’Ansâr en disant : « Donnez-moi votre avis concernant cette personne qui a porté atteinte à l’islam. » ‘Ali Ibn Abi Talib a déclaré : « Le laisser libre serait contraire à la justice. Selon moi, il faudrait l’exécuter. » (C’est-à-dire ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar.) Cependant, certains Mouhajirine considéraient ce point de vue intolérable, dur et extrême et ils ont dit : « Hier ‘Oumar a été tué et aujourd’hui on va tuer son fils ? » Cette objection a ému l’assistance et ‘Ali (r.a.) s’est tu.

En tout cas le Calife ‘Outhman (r.a.) a voulu qu’un membre de l’assistance lui conseille comment sortir de cette délicate affaire. ‘Amr Ibn Al-’Âs, qui était présent, a déclaré : « Allah vous en a absous. Cet incident a eu lieu quand vous n’étiez pas encore l’Emir des musulmans. Étant donné que cela n’a pas eu lieu lors de votre califat, vous n’en n’êtes pas responsable. » Or le Calife ‘Outhman (r.a.) n’était pas satisfait de son opinion ; il a préféré que l’on paie le prix du sang. Il a déclaré : « Je suis le Wali de ces personnes tuées. C’est pour cette raison que je vais fixer le prix du sang et le payer de ma poche. » Ceci est une opinion à ce propos.

Selon Al-Tabari, le Calife ‘Outhman (r.a.) aurait confié ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar au fils de Hormouzan afin qu’il vengeât la mort de son père en le tuant en guise de rétribution. Mais le fils lui a pardonné.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) a cité cet incident pour répondre à la question si l’on peut punir le musulman qui a tué un monothéiste non-musulman ou pas. Je vais présenter de nouveau ses explications que j’avais citées dans un précédent sermon.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Selon Al-Tabari, Qamazban Ibn Hormouzan relate le meurtre de son père. Hormouzan était un chef persan et un mage, soupçonné d’être impliqué dans un complot visant à assassiner le Calife ‘Oumar. ‘Oubaydoullah Ibn ‘Oumar l’a tué sans mener d’enquête. Il relate que les Persans vivaient ensemble à Médine. En règle générale, le [sentiment de] patriotisme devient d’autant plus fort dans un pays étranger : « Un jour, Firouz, le meurtrier d’Oumar, a rencontré mon père (c’est-à-dire Hormouzan, le Persan) et il avait un poignard qui était aiguisé des deux côtés. Mon père a saisi ce poignard et lui a demandé à quoi il pouvait bien servir dans ce pays. » C’est-à-dire, nous vivons dans un pays en paix, quel est le besoin de telles armes ? « Je l’utilise pour conduire des chameaux », a-t-il déclaré. Pendant qu’ils se parlaient, quelqu’un les a vus ; et quand ‘Oumar a été tué, ce témoin a déclaré qu’il avait lui-même vu Hormouzan offrant ce poignard à Firouz. ‘Oubaydoullah, le plus jeune fils d’Oumar, a tué mon père. Quand ‘Outhman est devenu Calife, il m’a appelé et a pris ‘Oubaydoullah et me l’a remis. Il a dit : « Ô mon fils, voici le meurtrier de ton père. Tu as plus de droit sur lui que nous. Vas et tue-le. » Je l’ai attrapé et nous sommes sortis hors de la ville. Toute personne que je rencontrais en cours de route m’accompagnait. Personne ne me confrontait. Ils me demandaient tout simplement de lui pardonner. Je me suis adressé à tous les musulmans et j’ai demandé si j’avais le droit de le tuer. Ils ont tous dit : « Oui, tu as le droit de le tuer. » Puis ils ont réprimandé ‘Oubaydoullah pour cet acte condamnable. Ensuite, j’ai demandé : « Avez-vous le droit de le reprendre d’entre mes mains ? » Ils ont répondu : « Certainement pas ! » Et ils ont réprimandé ‘Oubaydoullah pour avoir tué mon père sans aucune preuve. Or, je l’ai laissé pour l’amour de Dieu et pour le bien de ces gens. Les musulmans m’ont alors porté sur leurs épaules dans la liesse. Et par Allah, je suis arrivé chez moi sur la tête et les épaules des gens et ils ne m’ont pas permis de marcher sur le sol. »

Ce récit prouve que la pratique des Compagnons était qu’ils tuaient le meurtrier musulman d’un non musulman. Cela démontre également que quelle que soit l’arme utilisée, le meurtrier est condamné à mort. Cela établit en outre que c’est l’État qui arrête et punit le tueur. Ce récit démontre que c’est le Calife ‘Outhman qui a arrêté ‘Oubaydullah Ibn ‘Oumar et que c’est lui qui l’a remis au fils de Hormouzan pour le faire tuer. Il n’a été ni poursuivi ni arrêté par aucun des héritiers de Hormouzan.

Il est également nécessaire de dissiper un soupçon ici, dit le Mouslih Maw’oud (r.a.).

Les héritiers des victimes de meurtre doivent-ils punir le condamné comme ‘Outhman l’a fait faire ? Ou est-ce l’État qui doit-il le faire ? Il ne faut pas oublier que cette question est auxiliaire et que l’islam l’a laissée ouverte selon les exigences de chaque époque. L’État peut donc adopter ce qu’il juge être le plus efficace en fonction de sa société et de ses conditions. Il ne fait aucun doute que les deux méthodes sont utiles dans des situations particulières. »

Après avoir présenté cette explication, voici d’autres récits à propos du Calife ‘Oumar (r.a.). [Voyons] quelle était sa contrition et son humilité au moment de la mort. Son fils relate : « Mon père m’a dit : « Fais preuve de modération concernant mon linceul. Si Allah a réservé quelque bien pour moi, Il m’accordera un vêtement meilleur. Si je ne le mérite pas, Il m’en privera et le fera rapidement. Aussi, sois modéré au sujet de ma tombe. Si Allah a réservé du bien pour moi, Il le fera aussi large et aussi loin que je pourrai voir ; et si je ne mérite pas cela, Il le fera rétrécir pour moi afin que mes côtes soient brisées. N’emmène aucune femme avec toi à mes funérailles. Ne me loue pas pour des qualités que je ne possède pas, car Dieu me connaît bien, et ne te presse pas quand tu m’emmènes. Si Allah a réservé du bien pour moi, vous m’envoyez dans ce cas vers ce qui est meilleur pour moi. Si c’est le contraire, vous vous débarrasserez de ce mal que portent vos épaules.

(Sa Sainteté se corrige) Empressez-vous de m’emporter [au cimetière]. Si Allah a réservé du bien pour moi, vous m’envoyez dans ce cas vers ce qui est meilleur pour moi. Si c’est le contraire, vous vous débarrasserez de ce mal que portent vos épaules. »

En outre, on relate également qu’Oumar avait demandé de ne pas laver sa dépouille avec du musc.

‘Outhman Ibn ‘Affan relate : « Je suis allé chez le Calife ‘Oumar quand sa tête reposait sur la cuisse de son fils, ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar. Le Calife ‘Oumar a dit à son fils de mettre son visage sur le sol. ‘Abdoullah de répondre : « Ma cuisse et le sol sont égaux », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de grande distance entre les deux. Pour la deuxième ou la troisième fois le Calife ‘Oumar (r.a.) a dit : « Il vaudrait mieux que tu places ma tête à même le sol. » Puis le Calife ‘Oumar (r.a.) joignit ses jambes. Le narrateur dit : « J’ai entendu le Calife ‘Oumar (r.a.) dire : « Ma mère et moi mériterons la destruction si Allah ne me pardonne pas. » Il a répété cela jusqu’à sa mort.

Simak Al-Hanafi déclare : « J’ai entendu Ibn ‘Abbas dire : « J’ai dit au Calife ‘Oumar qu’Allah a fait construire de nouvelles villes par votre entremise et qu’on a remporté de nombreuses victoires et accompli telle ou telle œuvre grâce à vous. » Sur ce, le Calife ‘Oumar (r.a.) a déclaré : « Je souhaite être sauvé de telle sorte qu’il n’y ait pour moi ni récompense ni fardeau. » C’est-à-dire : je ne suis pas fier du fait que j’aie accompli de grandes actions et remporté de grandes victoires à mon époque. Je souhaite que la crainte d’Allah prévale et je suis inquiet pour ma vie dans l’Au-delà.

Zayd Ibn Aslam raconte de son père que lorsque l’heure de la mort d’Oumar approchait, il a déclaré : « Vous doutez de moi au sujet de l’émirat. Par Dieu, je souhaite être sauvé de telle manière qu’il n’y ait aucun tourment et aucune récompense pour moi.

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) dit à ce sujet:

«Le Calife ‘Oumar (r.a.) est celui qui a consacré toute sa vie au bien-être de la nation islamique. Il a offert, en toute occasion, des sacrifices importants. Certes, ses sacrifices n’égalaient pas ceux du Calife Abou Bakr (r.a.), mais ils étaient égaux en termes de volonté et d’intention. Quand Abou Bakr (r.a.) est décédé, des larmes ont coulé des yeux d’Oumar (r.a.) et il a dit : « Que Dieu bénisse Abou Bakr (r.a.) ! J’ai tenté plusieurs fois de le surpasser, mais je n’ai jamais réussi. Une fois, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Apportez vos biens ! » J’avais alors offert la moitié de ma richesse croyant qu’aujourd’hui je dépasserai Abou Bakr. Mais Abou Bakr était déjà là-bas avant moi. Étant donné que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui était apparenté et savait qu’il n’aurait rien laissé, il demandait à Abou Bakr ce qu’il avait laissé à la maison. Celui-ci avait répondu : « J’y ai laissé le nom de Dieu et du Prophète. » En disant cela, le Calife ‘Oumar (r.a.) a pleuré et disait : « Même en cette occasion, je n’avais pas pu le surpasser. » »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « C’étaient là ses sacrifices. Abou Bakr consentait à des sacrifices dans le passé : mais lors d’une occasion spéciale, il avait tout apporté. D’une part, il y a ces gens, et d’autre part, il y a ceux qui n’ont même pas la chance de sacrifier un dixième de leur richesse et qui disent : « Nous avons été cambriolés. » »

Quand le Calife ‘Oumar (r.a.) était sur le point de mourir, il avait les larmes aux yeux et disait : « Dieu ! Je ne mérite aucune récompense ! Je souhaite uniquement échapper à la punition. »

Son fils, ‘Abdoullah, relate ensuite l’enterrement et les funérailles. ‘Abdoullah a lavé sa dépouille. Ibn ‘Oumar relate que la prière funéraire du Calife ‘Oumar (r.a.) a été offerte dans la mosquée du Prophète et Souhayb l’a dirigée. Ses prières funéraires ont été offertes à l’endroit entre la chaire et la tombe du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Jabir rapporte : « ‘Outhman Ibn ‘Affan, Sa’id Ibn Zayd, Souhayb Ibn Sinan et ‘Abdoullah Ibn ‘Oumar sont descendus dans la tombe pour enterrer ‘Oumar. En sus de ceux-là, les noms de ces personnes sont également mentionnés : ‘Ali, ‘Abdour Rahman Ibn ‘Awf, Sa’d Ibn Abi Waqas, Talha et Zoubayr Ibn Al-‘Awam.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Etre enterré à côté des justes est en soi une faveur. On dit que quand sa mort était proche le Calife ‘Oumar (r.a.) a demandé à ‘Aïcha (r.a.) de lui accorder une place à côté du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Faisant preuve d’abnégation, ‘Aïcha (r.a.) lui a offert cette place. Alors, le Calife ‘Oumar a déclaré : « Après cela, je n’ai plus de chagrin étant donné que je serai enterré dans le sanctuaire du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Allah ne laisse pas partir à la perdition celui qui s’accroche au pan d’Allah avec une passion parfaite, même si tout dans le monde devient son ennemi. Celui qui cherche Allah ne subit aucune perte et aucune privation. Allah n’abandonne pas les véridiques. Dieu est grand ! Ô combien éminent était la sincérité d’Abou Bakr et d’Oumar ! Ils ont tous deux été enterrés dans un lieu si béni que si Moïse et Jésus étaient vivants, ils auraient été envieux et auraient souhaité y être enterrés. Or ce statut ne se mérite pas par le simple souhait et ne peut être conféré uniquement en raison du désir. Il s’agit d’une miséricorde éternelle du Seigneur glorieux ; et celle-ci n’est accordée qu’à ceux qui s’attirent la grâce divine depuis l’éternité. »

Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « Quand ‘Oumar (r.a.) était sur le point de mourir, il aspirait à être enterré aux pieds du Saint Prophète (s.a.w.). Il a fait demander à ‘Aïcha la permission pour être enterré à côté de l’Envoyé d’Allah (s.a.w). Même les historiens chrétiens admettent que le règne d’Oumar en ce monde n’a été égalé par personne. Ces historiens chrétiens insultent le Saint Prophète (sws) mais louent le Calife ‘Oumar (r.a.). Lui qui avait vécu en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) tout au long de sa vie, aspire à une place à ses côtés même lorsqu’il meurt. Si le Saint Prophète (s.a.w.) n’avait pas le moindrement agi pour le plaisir de Dieu, comment une personne à l’instar du Calife ‘Oumar (r.a.), ayant atteint ce niveau, pourrait-elle souhaiter avoir une place à ses pieds ? »

C’est en raison du statut du Saint Prophète (s.a.w.) que le Calife ‘Oumar (r.a.) a également voulu mériter une place à ses pieds.

Il existe différentes opinions sur l’âge du Calife ‘Oumar (r.a.) au moment de sa mort. Selon Al-Tabari, Ousd Al-GhâbahAl-Bidayah Wan-NihayahRiyad Al-Nazarah et Târîkh al-Khoulafâ, il aurait 53 ans, 55 ans, 57 ans, 59 ans, 61 ans, 63 ans ou 65 ans. Selon le recueil Sahih Mouslim et celui d’Al-Tirmidhi, il aurait 63 ans.

Anas Ibn Malik relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait 63 ans au moment de sa mort. Le Calife Abou Bakr et ‘Oumar (r.a.) avaient tous deux 63 ans au moment de leur mort.

Je vais vous présenter les réactions de certains des Compagnons à la mort du Calife ‘Oumar (r.a.).

Ibn ‘Abbas déclare : « La dépouille du Calife ‘Oumar (r.a.) a été placée et les gens se sont réunis autour de lui. Ils ont prié avant de soulever sa dépouille et ont accompli sa prière funéraire. J’étais aussi parmi eux. Un homme a attrapé mon épaule et m’a fait sursauter. J’ai constaté qu’il s’agissait d’Ali Ibn Abi Talib. Il a prié pour la miséricorde du Calife ‘Oumar (r.a.) et a dit : « Il n’a laissé personne qui m’est plus cher que lui dans le sens où je rencontre Allah en suivant son exemple. » Par Dieu, je croyais qu’Allah le préserverait avec ses compagnons… » C’est-à-dire qu’Il garderait le Calife ‘Oumar (r.a.) avec ses compagnons. «… j’ai souvent entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) prier : « Moi, Abou Bakr et ‘Oumar sommes partis. Moi, Abou Bakr et ‘Oumar sommes entrés. Moi, Abou Bakr et ‘Oumar sommes sortis. »

Il avait l’habitude de répéter ces phrases en décrivant divers incidents.

Ja’far Ibn Muhammad raconte de son père que la dépouille d’Oumar Ibn al-Khattab a été lavée, enveloppé dans son linceul, et placé sur un lit. ‘Ali s’est tenu à ses côtés et l’a félicité en déclarant : « Par Allah ! Hormis celui enveloppé dans ce linceul, il n’existe personne sur terre avec le bilan des actions duquel j’aimerais me tenir devant Dieu. »

Abou Moukhlad déclare : « ‘Ali Ibn Abi Talib a déclaré : « Avant que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne décédât, nous avions su qu’après lui, Abou Bakr était le meilleur d’entre nous. Avant qu’Abou Bakr ne décédât, nous avions su qu’Oumar (r.a.) était le meilleur d’entre nous. »

Zayd Ibn Wahab relate : « Nous sommes partis voir ‘Abdoullah Ibn Mas’oud : il a tellement pleuré en mentionnant le Calife ‘Oumar (r.a.) que ses larmes ont mouillé les cailloux. Puis il a déclaré : « Le Calife ‘Oumar (r.a.) était une forteresse pour l’islam : les gens qui entraient n’en sortaient pas. » Il était une forteresse solide et les gens y entraient et n’en sortaient pas. « À sa mort, ce fort s’est fissuré et les gens sont en train d’abandonner l’islam. »

Abou Wa’il relate : « ‘Abdoullah Ibn Mas’oud a déclaré que si le savoir de Calife ‘Oumar (r.a.) était placé sur un plateau de la balance et les connaissances de tous les autres êtres humains était placées sur l’autre, celui du Calife ‘Oumar (r.a.) serait le plus lourd.

Abou Wa’il a déclaré : « J’en ai parlé à Ibrahim. Il a dit : « Par Dieu ! Cela est vrai. » ‘Abdoullah Ibn Mas’oud a ajouté : « J’ai demandé ce qu’il a dit. » Suite à quoi, il a déclaré : « Après la mort du Calife ‘Oumar (r.a.) 9/10e de la connaissance ont disparu. »

Anas a déclaré : « Quand ‘Oumar (r.a.) Ibn Al-Khattab est tombé en martyr, Abou Talha a déclaré : « Il n’y a pas de maison citadine ou bédouine en Arabie qui n’ait pas été affectée par le martyre du Calife ‘Oumar. »

C’est-à-dire qu’il aidait toutes ces personnes et que certainement elles seraient affectées [par son départ].

Après les funérailles du Calife ‘Oumar (r.a.), ‘Abdoullah Ibn Salam s’est tenu près de son lit et a déclaré : « Ô Oumar ! Quel grand frère en Islam étais-tu ! Généreux en faveur de la vérité et avare pour le mensonge ! Au moment de la concorde, tu faisais montre d’entente. Au moment où il fallait se mettre en colère, tu étais fâché. Tu étais pur d’esprit et magnanime : tu ne faisais pas de louanges déplacées et ne médisais pas non plus. »

Selon un récit, Sa’id Ibn Zayd a pleuré la mort du Calife ‘Oumar (r.a.). Quelqu’un lui a demandé : « O Aboul-Awwar ! Pourquoi pleures-tu ? » Il a répondu : « Je pleure pour l’islam. Certainement, sa mort a causé un vide qui ne sera jamais comblé jusqu’au Jour de la Résurrection. »

Ibn ‘Oumar relate : « Durant la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), nous avions l’habitude que, le meilleur après lui dans son Oummah est Abou Bakr, ensuite ‘Oumar et enfin ‘Outhman (qu’Allah soit content d’eux). »

Houdhayfah a déclaré : « L’exemple de l’islam à l’époque du Calife ‘Oumar était comme celui qui était sur la voie du progrès continu. Quand il est tombé en martyr, cette période a tourné le dos et a continué à reculer ».

Voici le compte-rendu des épouses et des enfants du Calife ‘Oumar (r.a.). Il avait en tout dix épouses à différentes époques, desquelles il a eu neuf fils et quatre filles. Parmi ces dernières il y avait Hafsa (r.a.) qui était l’épouse du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

La première épouse se nommait Zaynab Ibn Maz’oun : elle était la sœur d’Outhman Ibn Maz’oun. Elle a donné naissance à ‘Abdoullah, ‘Abdour Rahman, Akbar et Hafsa.

Oumm Koulthoum bint ‘Ali Ibn Abi Talib a donné naissance à Zayd, Akbar et Rouqayyah.

Moulayka bint Jarwal était également connue comme Umm Koulthoum. Elle a donné naissance à Zayd, Asghar et ‘Oubaydoullah.

Qouraybah Bint Abi Oumayyah Al-Makhzoumi [est une autre de ses épouses].

Étant donné que Moulayka et Qouraybah n’avaient pas embrassé l’islam, ‘Oumar (r.a.) s’étaient divorcé d’elles en l’an 6 de l’Hégire.

Jamila bint Thabit était aussi connue comme Asiya. Le Saint Prophète avait changé son nom en Jamila. Elle était la sœur d’Asim Ibn Thabit, un compagnon de Badr. Elle a donné naissance à ‘Asim. [Son épouse] Louhaya a donné naissance à ‘Abdour Rahman et Awsat.

On dit que cette dernière était une Oumm Walad : c’est-à-dire une esclave/concubine ayant été affranchie car elle avait donné naissance à des enfants. La mère d’Abdour Rahman Al-Asghar était une autre Oumm Walad. Oumm Hakim bint Harith a donné naissance à Fatima. Fouqayha a donné naissance à Zaynab. Atiqa bint Zayd lui a donné Ayaz comme enfant.

Edward Gibbon, le célèbre orientaliste, a loué le Calife ‘Oumar en ces termes : « L’abstinence et l’humilité d’Oumar n’étaient pas inférieures aux vertus d’Abou Bakr : sa nourriture se composait de pain d’orge ou de dattes ; sa boisson était de l’eau ; il prêchait dans une chemise déchirée ou en lambeaux en douze endroits ; et un satrape persan, qui rendit hommage à ce vainqueur, le trouva endormi parmi les mendiants sur les marches de la mosquée des musulmans. L’économie est la source de la libéralité, et les augmentations des revenus ont permis à ‘Oumar d’établir une juste et perpétuelle récompense pour les services passés et présents des fidèles. Insouciant de ses propres rétributions, il attribua à ‘Abbas, l’oncle du Prophète, la première et la plus généreuse allocation de vingt-cinq mille dirhams de pièces d’argent. Cinq mille furent attribués à chacun des vétérans du champ de Badr, et le dernier et le plus bas des compagnons de Mohammad recevait la récompense annuelle de trois mille pièces. »

Dans son livre The Hundred, Michael H. Hart a énuméré les cent personnalités les plus influentes de l’histoire. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est le premier qu’il a mentionné. Il a placé le Calife ‘Oumar (r.a.) au numéro 52 de sa liste. Il écrit : « ‘Oumar Ibn al-Khattab était le deuxième, et probablement le plus grand, des Califes musulmans. Il était un contemporain plus jeune de Mohammad (s.a.w.) et, comme le Prophète, est né à La Mecque. L’année de sa naissance est inconnue, mais était peut-être 586.

‘Oumar était, à l’origine, l’un des adversaires les plus acharnés de Mohammad (s.a.w.) et de sa nouvelle religion. Soudainement, cependant, ‘Oumar s’est converti à l’islam, et par la suite était l’un de ses plus fervents partisans. (Le parallèle avec la conversion de saint Paul au christianisme est frappant.) ‘Oumar est devenu l’un des plus proches conseillers du prophète Mohammad (s.a.w.), et le demeura tout au long de la vie de celui-ci.

En 632, Mohammad (s.a.w.) mourut sans avoir nommé de successeur. ‘Oumar a rapidement soutenu la candidature d’Abou Bakr, un proche collaborateur et beau-père du Prophète. Cela a évité une lutte pour le pouvoir… »

C’est là son observation personnelle : ils ne sont pas près d’accepter que les gens avaient nommé [Abou Bakr] Calife à l’unanimité. D’un point de vue mondain, il déclare :

« ‘Oumar a rapidement soutenu la candidature d’Abou Bakr, un proche collaborateur et beau-père du Prophète. Cela a évité une lutte pour le pouvoir et a permis à Abou Bakr d’être reconnu comme le premier Calife (c’est-à-dire comme le « successeur » de Mohammad (s.a.w.)). Abou Bakr était un dirigeant couronné de succès, mais il est mort après avoir servi comme Calife pendant seulement deux ans. Il avait, cependant, spécifiquement nommé ‘Oumar (qui était aussi un beau-père du Prophète) pour lui succéder ; ainsi une fois de plus une lutte pour le pouvoir fut évitée. » Il souhaite ici également porter un regard mondain. Mais en tout cas, il est en train de louer le Calife ‘Oumar (r.a.).

« ‘Oumar devint Calife en 634 et conserva le pouvoir jusqu’en 644, date à laquelle il fut assassiné à Médine par un esclave persan. Sur son lit de mort, ‘Oumar nomma un comité de six personnes pour choisir son successeur, évitant ainsi à nouveau une lutte armée pour le pouvoir. Le comité a choisi ‘Outhman, le troisième Calife, qui a régné de 644 à 656.

C’est durant les dix années du califat d’Oumar que se produisirent les conquêtes les plus importantes des Arabes. Peu de temps après l’accession d’Oumar, les armées arabes ont envahi la Syrie et la Palestine, qui faisaient alors partie de l’Empire byzantin. Lors de la bataille du Yarmouk (636), les Arabes remportent une victoire écrasante sur les forces byzantines. Damas tomba la même année et Jérusalem se rendit deux ans plus tard. En 641, les Arabes avaient conquis toute la Palestine et la Syrie et avançaient dans la Turquie actuelle. En 639, les armées arabes envahirent l’Égypte, qui était également sous la domination byzantine. En trois ans, la conquête arabe de l’Égypte était achevée.

Les attaques arabes contre l’Irak, qui faisait alors partie de l’empire sassanide des Perses, avaient commencé avant même l’entrée en fonction d’Omar. La victoire arabe clé, à la bataille de Qadisiya (637), a eu lieu pendant le règne d’Oumar. En 641, tout l’Irak était sous contrôle arabe. Ce n’était pas tout non plus : les armées arabes envahirent la Perse elle-même et, à la bataille de Nahawand (642), elles vainquirent de manière décisive les forces du dernier empereur sassanide. À la mort d’Oumar, en 644, la majeure partie de l’Iran occidental avait été envahie. Les armées arabes n’étaient pas non plus à bout de souffle lorsqu’Oumar mourut. A l’Est, ils achevèrent assez rapidement la conquête de la Perse, tandis qu’à l’Ouest ils poursuivirent leur poussée à travers l’Afrique du Nord.

Tout aussi importante que l’étendue des conquêtes d’Oumar est leur permanence. L’Iran, bien que sa population se soit convertie à l’islam, a finalement retrouvé son indépendance de la domination arabe. Mais la Syrie, l’Irak et l’Egypte ne l’ont jamais fait. Ces pays se sont complètement arabisés et le restent à ce jour. ‘Oumar, bien sûr, a dû concevoir des politiques pour la domination du grand empire que ses armées avaient conquis. Il décida que les Arabes seraient une caste militaire privilégiée dans les régions qu’ils avaient conquises, et qu’ils devraient vivre dans des villes de garnison, à l’écart des indigènes. Les peuples soumis devaient payer tribut à leurs conquérants musulmans (en grande partie arabes), mais devaient autrement être laissés en paix. Ils ne devaient pas être convertis de force à l’islam. (D’après ce qui précède, il est clair que la conquête arabe était plus une guerre de conquête nationaliste qu’une guerre sainte, bien que l’aspect religieux n’y manquait certainement pas.) Les accomplissements d’Oumar sont vraiment impressionnants. Après Mohammad (s.a.w.) lui-même, ‘Oumar fut la principale figure de la diffusion de l’islam. Sans ses conquêtes rapides, peut-être que l’islam n’aurait pas aujourd’hui recouvert une aussi grande superficie.

De plus, la plupart des territoires conquis sous son règne sont restés arabes depuis. De toute évidence, bien sûr, Mohammad (s.a.w.), qui était le principal moteur, devrait recevoir la majeure partie du crédit pour ces développements. Mais ce serait une grave erreur d’ignorer la contribution d’Oumar. Les conquêtes qu’il a faites n’étaient pas une conséquence automatique de l’inspiration fournie par Mohammad (s.a.w.). Une certaine expansion devait probablement se produire, mais pas autant qu’elle l’a fait sous la brillante direction de ‘‘Oumar.

On peut s’étonner qu’Oumar – un personnage pratiquement inconnu en Occident – ait été classé plus haut que des hommes aussi célèbres que Charlemagne et Jules César. Cependant, les conquêtes faites par les Arabes sous ‘Oumar, compte tenu à la fois de leur étendu et de leur durée, sont sensiblement plus importantes que celles de César ou de Charlemagne. »

Dans son livre History of the Arabs le professeur Philip K. Hitti, déclare :

« De manière simple et frugale, ‘Oumar (634-644), énergique et talentueux, qui était d’une taille imposante, d’un physique fort et d’une tête chauve, a continué au moins pendant un certain temps après être devenu le Calife à subvenir à ses besoins par le commerce et a vécu toute sa vie dans un style aussi simple que celui d’un cheikh bédouin. En fait, ‘Oumar (r.a.), dont le nom selon la tradition musulmane est le plus grand dans l’islam primitif après celui de Mohammad, a été cité en exemple par les écrivains musulmans pour sa piété, sa justice et sa simplicité patriarcale et il est traité comme la personnification de toutes les vertus d’un Calife. Son caractère irréprochable devint un modèle à suivre pour tous les successeurs consciencieux. Il possédait, nous dit-on, une seule chemise et un seul manteau, dont les parties rapiécées étaient visibles ; il dormait sur un lit de feuilles de palmier, et n’avait d’autre souci que le maintien de la pureté de la foi, le maintien de la justice et l’ascendant et la sécurité de l’islam et des Arabes. »

Je mentionnerai d’autres parties à ce propos à l’avenir, Incha Allah. Je souhaite à présent mentionner quelques personnes qui sont décédées récemment.

La première d’entre elles est Moukarramah Sahibzadi Asifa Masooda Begum Sahiba qui était l’épouse du Dr Mirza Mubashir Ahmed Sahib fils de Hazrat Mirza Bashir Ahmed Sahib. Elle est décédée récemment à l’âge de 92 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle était la petite-fille du Messie Promis (a.s.) et la fille cadette de Hazrat Nawab Mubaraka Begum et Hazrat Nawab Muhammad ‘Ali Khan. Elle était la belle-fille de Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib, par la grâce d’Allah. Elle était Moussia. Elle laisse dans le deuil un fils et quatre filles. Son fils, Tariq Akbar, déclare : « Notre mère a toujours été fidèle envers la Jama’at et le califat. Elle a toujours tenté de servir la Jama’at et de s’acquitter de sa Wassiyyah. Elle avait complété le paiement de sa Hissa Jaidad au cours de son vivant. Elle cotisait également au nom des défunts chaque année. Elle aidait les pauvres généreusement et discrètement. Elle me disait à propos des employés, « qu’ils sont comme tes frères et sœurs ; prend soin d’eux ! ». Elle a tenté de respecter les liens de parenté et essayait de ne jamais blesser quiconque. Elle accomplissait sa Salat avec diligence et respectait les droits d’Allah et les droits des gens. »

Naeema, sa belle-fille, déclare : « Lorsque la construction de notre maison a été achevée aux Etats-Unis, elle nous a conseillés d’accomplir des prières Nawafil dans chaque pièce et coin de cette maison avant d’y apporter nos effets. Après la mort de ma mère, elle m’a dit de ne pas penser que je suis sans mère et de la considérer comme ma mère. En réalité, elle était emplie d’amour et priait beaucoup pour moi et m’aimait plus que ses filles. Elle m’a toujours conseillé de ne jamais rompre ma relation avec le califat. »

J’étais apparenté à elle de différentes manières : elle était la sœur de ma grand-mère, par l’intermédiaire de ma deuxième mère et c’est pour cette raison que j’appelais la défunte ma grand-mère. Elle était aussi ma tante maternelle et paternelle.

Mais malgré toutes ces relations que j’avais avec la dernière elle disait : « Je suis soumis au Calife. » Ce ne sont pas de simples mots : elle a en vérité respecté fidèlement cette relation avec le califat.

Elle faisait beaucoup d’aumône. Elle contribuait au nom des défunts, de ses enseignants et même au nom des employés de Qadian dans le fonds Tahrik-e-Jadid. Quand un employé démissionnait, elle le comblait et lui demandait de lui pardonner si elle avait commis quelque erreur. »

Shahida, une de ses filles relate : « Dès notre plus jeune âge, ma mère nous a présenté à Dieu, en disant que si on avait besoin d’un lacet on devait demander à Dieu. Elle mettait beaucoup d’emphase sur les supplications et sur le respect du califat. Au moment de l’élection du Calife, elle avait l’habitude de dire que quiconque est élu comme Calife, on doit lui obéir au doigt et à l’œil. Elle disait aussi : « Priez pour que vous soyez les branches verdoyantes du Messie Promis (a.s.) et pas des branches sèches ; et ne soyez pas la cause de l’égarement des autres. »

Puis, sa fille, Nusrat Jahan, déclare : « Dès notre enfance, elle s’est souciée de notre éducation morale et spirituelle. Quand elle avait récité le Saint Coran, elle s’arrêtait à un verset et nous en expliquait le sens ou donnait d’autres conseils. Elle mentionnait toujours les anciens à cet égard. Elle se souvenait de nombreuses histoires inestimables et instructives qu’elle nous répétait et nous racontait souvent. »

Fauzia Shamim, la présidente de la Lajna du district de Lahore, qui est également la fille de Hazrat Nawab Amatul Hafeez Begum Sahiba, déclare : « La défunte était une femme extraordinaire. Chaque fois qu’on lui demandait de faire un don, elle le faisait généreusement. Parfois, elle avait l’habitude de promettre des dons oralement et parfois sur des bons. Elle avait l’habitude de payer un gros montant pour les dons et disait également de ne le mentionner nulle part. C’était une femme très simple dans ses affaires personnelles que certains la considéraient comme avare. Elle vivait dans la simplicité mais elle était très généreuse dans ses aumônes. Une fois, je lui ai demandé de contribuer pour la construction d’une mosquée dans notre région : elle a offert une somme énorme d’environ dix millions de roupies. »

Razia, sa petite-fille, déclare : « Depuis l’enfance elle nous a donné de bons conseils. Elle m’encourageait à prier pour ma bonne fortune dès ma jeunesse. Elle avait l’habitude de m’exhorter à prier pour un bon mari et si j’avais honte en raison de mon jeune âge, elle disait qu’on ne devait ressentir aucune honte devant Allah. Elle lisait régulièrement des livres religieux et récitait souvent des dou’as et des poèmes comportant des prières en voyageant en voiture. »

Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde. Qu’Il permette à ses enfants et à ses descendants de suivre sa voie.

La deuxième personne se nomme Moukarramah Klara Apa, épouse de Rolan Seisenbayev, ancien émir du Kazakhstan : elle est décédée le mois dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Ata-ur-Rab Cheema, missionnaire au Kazakhstan, écrit :

« La défunte a fait la bai’ah en 94-95. Elle appartenait à une famille très connue au Kazakhstan. Son mari, Rolan Seisenbayev, était le premier Emir de la Jama’at du Kazakhstan et conseiller du président de la république. Il était aussi un écrivain en langue kazakhe bien connu. Klara elle-même était une très bonne traductrice et lettrée. La création de la Jama’at du Kazakhstan revient à Madame Klara et à son mari, M. Roland. Madame Klara a également traduit le Saint Coran en kazakh : [cette traduction] n’a pas encore été publiée, mais son amour pour la Jama’at était évident dans la façon dont elle souhaitait voir l’Ahmadiyya s’épanouir au Kazakhstan. Et elle s’évertuait elle-même en ce sens. Les mollahs locaux, dans leur opposition, disaient que cette famille est ahmadie et qu’elle est responsable d’avoir introduit l’Ahmadiyya au Kazakhstan.

Marhaba Seisenbayeva, la fille de la défunte déclare : « Elle était une très bonne traductrice. Possédant une personnalité aux multiples facettes et forte, elle avait un caractère très intègre et brillant. En 1995, elle était l’une des fondatrices du House of Abai, un centre culturel du Kazakhstan.

C’est à Londres qu’elle a écrit le livre Kazakhstan. Elle y a connu la Jama’at et a pu prêter le serment d’allégeance aux mains du quatrième Calife. Elle n’était pas la mère de ses enfants uniquement mais aussi de tous ceux qui venaient la voir pour obtenir de l’aide ou des conseils. »

Nurim Taibek déclare : « Elle était comme une mère pour tous les jeunes Ahmadis et pour toute la Jama’at Ahmadiyya du Kazakhstan. Au cours des dix dernières années, j’ai connu cette ère de Madame Klara, dont les trois premières années, durant lesquelles, étant pleine d’enthousiasme, elle était engagée à défendre et à servir la Jama’at comme une montagne. Elle était occupée plus tard en raison de son âge, de sa maladie, d’autres facteurs et de la préparation de livres, etc., mais du fond de son cœur, elle tentait de son mieux d’œuvrer le plus possible pour la Jama’at et est d’être toujours sincère envers le Califat et la Jama’at.

Rolan et Klara ont longtemps été considérés au Kazakhstan comme un symbole de patriotisme et du plus haut progrès du pays et de la nation. Une grande partie du succès de Roland est due à Klara, qui était non seulement une présidente dynamique de la Lajna de la Jama’at Ahmadiyya du Kazakhstan, mais aussi l’enseignante du premier émir de la Jama’at du Kazakhstan. Je me souviens comment, de 96 à 99 ou même plus tard, elle assurait de très bonne manière la présence de la Lajna dans la classe hebdomadaire dans la mission de la Jamaat, classe durant laquelle les dames posaient des questions au missionnaire qui leur répondait. »

Il ajoute : « Il n’y a pas de meilleure traductrice de la littérature de la Communauté Ahmadiyya que Madame Klara. Elle était la meilleure ahmadie parmi les ahmadis aînés, et elle contribuait au renforcement spirituel des jeunes ahmadis de la Communauté. Elle baignait dans les valeurs de la Jama’at, c’est-à-dire du véritable Islam. Elle ne perdait jamais espoir même dans les situations les plus difficiles : au contraire, elle s’emmenait elle-même avec les autres vers le succès. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, et qu’Il fasse que les efforts qu’elle entreprit pour l’Ahmadiyya au Kazakhstan soient fructueux, et qu’Il accepte également ses prières.

La prochaine mention sera celle du Commandant d’escadre Abdur Rashid, qui est décédé le mois dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Par la grâce d’Allah, il faisait partie du système de d’Al-Wassiyah. Son fils, Farooq, écrit : « Son père s’appelait Babu Sheikh Abdul Azeez. Il avait servi en tant que secrétaire du Majlis Karpardaz. Son oncle paternel s’appelait Farzand ‘Ali Khan, que le Mousleh Ma’oud (r.a.) avait nommé comme premier Amir de la Jama’at de Lahore. Son père avait fait lui-même la bai’ah sur la main du Mousleh Maw’oud (r.a.) durant sa jeunesse. » Il ajoute au sujet de son père Rashid : « Il était fils unique. » Il a ajouté que le père de Rashid s’était marié une première fois ; après qu’il ait accepté l’Ahmadiyya sa femme l’avait quitté avec ses deux filles. Il s’est remarié une deuxième fois et de ce mariage est né Rashid Saheb, le défunt. Son fils ajoute : « Mon père était très obéissant envers ses parents, il les servait toujours et il faisait tout ce qu’ils ordonnaient. Jusqu’à la partition, mon père a étudié à Qadian. » Il ajoute : « Lors de la partition, aux côtés d’autres caravanes, il s’est rendu à Lahore. Ensuite, avec quelques familles pionnières, et ses parents, ils se sont installés à Rabwah. Autour de 1954, il a rejoint l’armée de l’air et il a été affecté dans différentes bases aériennes. Là où il était, il faisait mention ouvertement de l’Ahmadiyya. Il a été envoyé par le gouvernement pakistanais pendant quelque temps en Libye, en dépit du fait que dans son dossier il était écrit qu’il était un Qadiani et qu’il n’était donc pas autorisé à partir, mais son supérieur l’avait quand même envoyé en disant : « Je ne connais pas d’autres officiers comme toi. » » Il continue : « Mon père racontait qu’une fois il avait rencontré l’Ambassadeur du Pakistan en Libye : lorsqu’il est entré dans le bureau de l’Ambassadeur, sur le côté il y avait des livres et des pamphlets en langue arabe contre la Communauté. Mon père a demandé courageusement à l’Ambassadeur ce qu’ils faisaient là et pourquoi il les avait gardés. Il a répondu : « Ces choses sont futiles, ne t’en fais pas. » Il a ajouté : « Cela a été imprimé par le gouvernement de Zia-ul-Haq et nous a été envoyé afin que nous les distribuions dans ces pays, et cela a été envoyé à toutes les ambassades [pakistanaises dans les pays] arabes. » Il a écrit : « En 1982, lorsque le quatrième Calife (rh) s’est rendu en Espagne, il l’avait nommé Amir de la Communauté de la Libye, en écrivant lui-même la lettre. Il était le premier Amir de la Communauté de la Libye. Il était régulier dans ses prières, comme c’est le devoir de tout croyant, il faisait également régulièrement la récitation du Saint Coran et était très régulier dans le règlement de ses cotisations. Avant son décès il avait déjà réglé son Hissa Amad. Il réglait également ses cotisations de Waqf-e-Jadid et de Tahrik-e-Jadid ainsi que de la part de ses aînés. » Il ajoute : « Il avait pour habitude de relater une anecdote du deuxième Calife (r.a.). A une occasion, au tout début de leur séjour à Rabwah, le deuxième Calife (r.a.) l’a fait appeler. C’était durant l’été. Lorsque mon père est entré dans la pièce, Houzour était allongé sur une natte et lorsqu’il s’est levé, il y avait les marques de la natte sur le corps du Calife (r.a.). » Il continue : « En raison de ces anecdotes, dès notre enfance nous avons établi une grande relation d’amour et d’obéissance envers le califat. Elles avaient eu un grand impact sur nous. »

En 1984, il a été pris sa retraite de l’armée, alors qu’il était commandant d’escadre. Il a ensuite résidé de façon permanente à Rabwah. Il a eu l’opportunité de travailler pendant quelque temps au sein des bureaux de Sadar Amoomi et la Qadha. Il s’occupait des pauvres, ainsi que des besoins de tous. » Il ajoute : « Sa dernière demande avant de nous quitter était que je prenne soin des pauvres. »

Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard et qu’il permette à ses enfants de perpétuer ses nobles actions.

La prochaine mention sera celle de Zubaida Begum, épouse de Karim Ahmad Naeem, originaire des Etats-Unis. Elle est également décédée le mois dernier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle était la belle-fille cadette de Dr Hashmatullah Khan. La défunte avait un grand amour pour le califat ; c’était une femme pieuse et sincère. Par la grâce d’Allah, elle faisait partie du système d’Al-Wassiyah. Elle laisse dans le deuil trois fils et deux filles. L’un de ses fils, Munim Naeem, est le directeur de Humanity First USA. Elle était la belle-mère du Dr Abdul Mannan Siddiqi, le martyr. Sa fille, Amatul Shafi, épouse du Dr Mannan Siddiqi Saheba écrit : « Elle avait pour habitude de s’adresser à tous avec amour ; elle priait pour tout le monde, elle prodiguait des conseils sincères et elle aidait les pauvres. L’une de ses particularités était de faire preuve d’amour envers sa famille proche et lointaine. Elle offrait régulièrement la prière de Tahajjoud depuis son jeune âge. Elle a toujours fait confiance à Dieu toute sa vie durant. Nous l’avons toujours vu passer son vendredi dans l’adoration depuis notre enfance. Elle était toujours soucieuse de payer ses cotisations à l’heure. » Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, et qu’Il permette à ses enfants de perpétuer ses nobles actions.

La prochaine mention sera celle de Hafiz Ahmad Ghumman, qui est décédé ces derniers jours. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il appréciait particulièrement la lecture de la traduction et de l’exégèse du Saint Coran. Il avait également lu l’intégralité des livres du Messie Promis (as). Il avait par ailleurs eu l’opportunité de servir dans la voie de la religion à Rabwah. Il était très ponctuel. Hospitalier, il était vraiment gentil envers les enfants. Il était simple et travailleur. Il se consacrait continuellement au dhikr (le souvenir de Dieu). Il aidait beaucoup les autres, quitte à se mettre lui-même en difficulté. Par la grâce d’Allah, le défunt faisait partie du système d’Al-Wassiyah ; il laisse dans le deuil trois fils et trois filles. Son beau-fils, Kashif Hamid Bajwa, est en train de servir comme missionnaire dans le bureau du Secrétaire Privé. Sa fille, Amatul Quddoos, a écrit : « Il était extrêmement humble et modeste. Ses habits, sa maison et sa nourriture étaient sobres ; il fuyait l’extravagance. Il était toujours soucieux d’aider les pauvres. En dépit du fait qu’il avait les moyens, il dépensait moins sur lui et plus pour aider les nécessiteux. »

Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et qu’Il permette à ses enfants de perpétuer ses bonnes œuvres.