Sermon du vendredi 10 septembre 2021, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais le califat d’Oumar (r.a.) et des batailles qui ont eu lieu au cours de cette période. Selon les chroniques de l’histoire, le siège de Damas avait duré plusieurs mois au cours du califat d’Abou Bakr (r.a.) et les musulmans ont remporté cette victoire quelques mois après son décès.

Étant donné que cela concerne la période d’Abou Bakr, je présenterai ces détails lorsque je l’évoquerai, Incha Allah.

Voici les détails des événements après la conquête de Damas. Abou ‘Oubaydah a envoyé Khalid Ibn Al-Walid à la conquête du Beqaa : il s’agit d’une région située entre Damas, Baalbek et Homs. Il s’y trouve de nombreux villages. Il a conquis cette région et il a envoyé un détachement pour la prochaine opération. Les Romains et ce détachement se sont rencontrés et ont livré bataille à la source de Maysa Nun. Par hasard, un certain Sinan de parmi les Romains, a pu attaquer l’armée musulmane [en passant] par l’arrière de Beyrouth : il a pu ainsi tuer un grand nombre de musulmans. Beyrouth était une ville côtière très connue du Levant. En raison du grand nombre de martyrs, musulmans ont a nommé cette source ‘Ayn al-Chouhada.

Abou ‘Oubaydah a nommé Yazid Ibn Abi Soufyan comme son suppléant à Damas. Yazid a envoyé Diha Ibn Khalifa à Tadmur avec un détachement afin de préparer la voie pour la victoire.

Tadmur est une ancienne ville très connue de la Syrie située à 5 jours d’Alep. Le Yazid dont il est question ici était le fils d’Abou Soufyan.

Abou Zahra al-Qouchayri a été envoyé à Basniya et à Hawarin : mais leurs habitants ont conclu une trêve. Basniya est un hameau dans les alentours de Damas. Qourayn est une grande plaine dans la région de Damas où se trouvent de nombreux hameaux et des terres cultivées.

Chourahbil Ibn Hassana a quitté Tabariya (Tibériade), la capitale de la Jordanie pour conquérir les autres parties du territoire en raison des attaques. Les habitants de Tibériade ont conclu une trêve.

Khalid est lui aussi retourné en vainqueur du Beqaa. Les habitants de Baalbek ont conclu une trêve qu’il a consignée par écrit. Baalbek est une ancienne ville se trouvant à trois jours de voyage de Damas.

Les distances sont mesurées en termes de jours car à l’époque on voyageait à cheval ou [à dos de] chameau.

Fahl a été conquis en l’an 14 de l’Hégire. Abou Oubadayda a écrit ceci au calife ‘Oumar (r.a.) : « J’ai su qu’Héraclius se trouve à Homs et qu’il envoie des troupes pour Damas. Or je suis indécis : dois-je attaquer Damas en premier ou Fahl ? »

Fahl est une région de la Syrie. Le calife ‘Oumar lui a dit : « Attaque et conquiert Damas en premier car c’est la forteresse du Levant et son chef-lieu. Envoie aussi une cavalerie pour Fahl pour empêcher [les Romains] d’avancer vers toi. Si Fahl est conquis avant Damas se sera bien : sinon après avoir conquis Damas, laisse-y une petite partie de l’armée et part pour Fahl avec tous les chefs. Si Allah Tout-Puissant t’accorde la victoire sur Fahl, Khalid et toi vous devez vous rendre à Homs et envoyer Chourahbil et Amr en Jordanie et en Palestine. »

Dès qu’Abou ‘Oubaydah a reçu la lettre d’Oumar, il a choisi et envoyé à Fahl dix officiers de l’armée dont le plus connu est Aboul A’war al-Soulmi. Il est parti pour Damas avec Khalid Ibn Al-Walid. Lorsque les armées romaines ont vu les musulmans venir vers elles, elles ont laissé couler les eaux du Tibériade et du Jourdain dans le pays qui les entourait, ce qui a transformé tout le pays en marécage et rendu la traversée difficile. Les troupes qu’Héraclius a envoyées pour aider Damas n’ont pas pu l’atteindre. Toutes les routes étaient bloquées en raison l’inondation, mais les musulmans sont restés inébranlables. Voyant la constance des musulmans, les chrétiens ont accepté de conclure une trêve et ont demandé à Abou ‘Oubaydah de leur envoyer un ambassadeur.

Abou ‘Oubaydah a envoyé Mou’adh Ibn Jabal pour l’ambassade. Mou’adh ibn Jabal leur a présenté les enseignements islamiques mais ils ne les ont pas acceptés, c’est-à-dire les ennemis. Ils n’ont pas accepté les préceptes de l’islam.

Les Romains ont proposé, entre autres, ceci à Mou’adh : « Nous vous offrons le district de Balqa et la partie de la Jordanie qui est adjacente à votre terre. Quittez ce pays et allez en Perse. » Auparavant, l’ennemi rassemblait ses troupes. Lorsqu’il a constaté qu’il allait perdre, c’est là qu’il a fait cette offre. Moua’dh a refusé ; il s’est levé et est rentré. Les Romains voulaient des pourparlers avec Abou ‘Oubaydah : ils ont envoyé un messager spécial à cet effet. Quand celui-ci est venu dans le camp musulman, Abou ‘Oubaydah était assis à même le sol : il avait dans la main une flèche qu’il tournoyait. Le messager pensait que le commandant devait être une grande personnalité entourée d’apparat et que ce sera là le moyen de le reconnaître. Mais partout où il regardait, tout le monde se ressemblait. Tout ahuri, il a demandé : « Qui est votre chef ? » Les gens ont indiqué Abou ‘Oubaydah. L’émissaire, étonné, lui a demandé : « Êtes-vous vraiment le chef ? » Abou ‘Oubaydah a répondu : « Oui. » Le messager a déclaré : « Nous offrirons à chacun de vos soldats deux pièces d’or. Partez d’ici. » Abou ‘Oubaydah a refusé. Le messager est devenu très en colère et il est parti. Abou ‘Oubaydah, voyant son arrogance, a ordonné à l’armée d’être prête et il a fait parvenir par écrit toutes les circonstances à ‘Oumar.

Le Calife ‘Oumar (r.a.) lui a permis d’avancer parce que les armées romaines se rassemblaient. Il l’a encouragé à se tenir fermement en disant que Dieu viendra à leur aide. Abou ‘Oubaydah a commandé à l’armée de se préparer le même jour, mais les Romains ne s’étaient pas présentés pour le combat. Le lendemain matin, Khalid Ibn Al-Walid s’est rendu sur le terrain avec la cavalerie uniquement. Cette fois, l’armée romaine était prête. La bataille a éclaté. Voyant la fermeté des musulmans dans la bataille entre les deux, le général romain a jugé que le combat était inutile et a voulu repartir. Khalid a crié : « Les Romains ont tenté leur mieux. Maintenant c’est à notre tour ! » Les musulmans ont attaqué soudainement et ont repoussé les Romains. Les chrétiens évitaient la bataille en attendant de l’aide. Khalid a compris leur stratagème. Il a dit à Abou ‘Oubaydah : « Les Romains ont peur de nous. C’est le moment d’attaquer ! » L’annonce a donc été faite que l’attaque aura lieu le lendemain et que l’armée devra être prête. Durant la dernière partie de la nuit, Abou ‘Oubaydah a organisé une armée. Le nombre de soldats de l’armée romaine était d’environ cinquante mille. Selon Hayqal et Al-Salabi, deux biographes du Calife ‘Oumar, ce nombre était entre quatre-vingt mille à cent mille. Cependant, après une heure de combats acharnés, l’armée romaine a chancelé et s’est enfuie en disgrâce. Plus tard, ‘Oumar a ordonné que toutes les terres occupées demeurent avec leurs propriétaires. Aucune terre ne devait être prise de qui que ce soit. La vie et les biens de la population, leurs terres et leurs maisons ainsi que leurs lieux de culte seront en sécurité. On prendra des terres uniquement pour construire des mosquées. Si des terres doivent être prises elles seront dédiées aux mosquées. Le reste des terres restera auprès de leurs propriétaires.

Ensuite, il y a eu la conquête de Besan. Lorsque Chourahbil s’était libéré de la bataille de Fahl, il a marché avec son armée et Amr vers les habitants de Besan et les a assiégés. A cette époque Aboul-A’war et quelques autres chefs avec lui avaient assiégé Tibériade. Besan est situé à 29 km au sud de Tibériade. Les nouvelles des défaites romaines successives à Damas et d’autres campagnes ultérieures dans la région jordanienne s’étaient répandues, et le peuple savait que Chourahbil, Amr ibn Al-‘Âs, Al-Harith ibn Hicham et Sahl ibn ‘Amr étaient partis avec l’intention de prendre Besan. Partout gens se sont rassemblés dans leurs forteresses. Chourahbil a atteint Besan et l’a assiégée : le siège a duré quelques jours, mais plus tard, ses habitants sont sortis pour se battre. Les musulmans les ont combattus et les ont éliminés. Le reste du peuple a demandé de conclure une trêve ce que les musulmans ont accepté aux termes de Damas. Les mêmes conditions fixées lors de la conquête de Damas furent ainsi acceptées.

Ensuite, il y a eu la victoire de Tibériade. Lorsque les habitants de Tibériade furent informés de la conquête de Besan et de son traité, ils conclurent le traité de paix avec Aboul-A’war à condition d’être mis en contact avec Chourahbil. Abou al-’Awar a accédé à leur demande, de sorte que les habitants de Tibériade et les habitants de Besan ont conclu une trêve selon les termes de Damas, et il a été décidé de libérer la moitié de toutes les maisons des villes et des villages voisins pour les musulmans. Les Romains occuperont l’autre moitié et chacun paiera un dinar par an et une certaine part de la production de la terre. Après cela, les chefs musulmans et leurs armées se sont installés dans ces terres et la paix a été instaurée en Jordanie. Toutes les forces de renfort se sont installées dans différents endroits de la région jordanienne ; et la bonne nouvelle de la victoire a été présentée au Calife ‘Oumar.

La conquête de Homs a eu lieu en l’an 14 AH. Abou ‘Oubaydah s’est rendu à Homs, une ville syrienne bien connue d’importance militaire et politique. Homs est situé en Syrie entre Damas et Alep : il y avait un grand temple à Homs que les gens venaient visiter de loin ; ils étaient fiers d’en être les dévots. Les Romains ont voulu livrer bataille tout près de Homs et se sont avancés. Une armée composée d’un grand contingent est sortie de Homs et a affronté les musulmans à Josias, mais elle a été vaincue. Abou ‘Oubaydah et Khalid Ibn Al-Walid ont atteint Homs et ont assiégé la ville. L’hiver était rigoureux et les Romains pensaient que les musulmans ne pourraient pas se battre longtemps à découvert. Les Romains espéraient également recevoir l’aide d’Héraclius : celui-ci a envoyé une armée de la péninsule, mais Sa’d ibn Abi Waqqas, qui était en mission en Irak, a envoyé des troupes qui ont arrêté l’armée romaine. Selon les historiens, les Romains portaient des chaussettes de peau, mais même là leurs pieds s’engourdissaient, tandis que les Compagnons ou les soldats de l’armée musulmane ne portaient que des chaussures aux pieds. Héraclius a promis d’aider les habitants de Homs et les a encouragés à se battre, mais il est parti pour Rawha : il a fait une promesse mais les a abandonnés. Les habitants de Homs se sont enfermés dans leurs forteresses. Ils sortaient combattre les musulmans les jours où il faisait très froid.

Les Romains attendaient l’aide d’Héraclius et voulaient que les musulmans fuissent le froid, mais les musulmans ont fait preuve de fermeté et d’ailleurs l’aide d’Héraclius ne venaient pas. L’hiver est passé et les habitants de Homs étaient convaincus qu’ils ne pourraient pas combattre les musulmans : ils ont donc voulu signer un traité de paix. Les musulmans l’ont accepté et toutes les maisons de la ville ont été laissées aux habitants de la ville ; un tribut et la Jizyah ont été fixés comme à Damas. Abou ‘Oubaydah a informé le Calife ‘Oumar de tous les incidents ; en réponse celui-ci lui a ordonné de rester là-bas et de rassembler les puissantes tribus arabes de Syrie sous sa bannière. « Incha Allah, je continuerai à envoyer des renforts d’ici. »

Marj al-Roum est une autre région où il y a eu une bataille la même année. Marj al-Roum, est un endroit près de Damas. Abou ‘Oubaydah avait quitté Fahl pour se rendre à Homs avec Khalid Ibn Al-Walid. Ils ont tous campé à Dhoul Qala’. Héraclius fut informé de leurs mouvements et leur a envoyé Théodore Patrick. Il s’est installé à Marj Dimashq et dans sa partie ouest. Abou ‘Oubaydah est parti dans la direction de Marj al-Roum avec son armée. A cette époque, l’hiver était là et les musulmans étaient couverts de blessures. Lorsqu’ils ont atteint Marj al-Roum, Chanas le Romain était également sur place et a campé avec la cavalerie royale, près de Théodore.

Chanas était en fait venu au secours de Théodore et pour sauver les habitants de Homs. Il est resté à l’écart avec son armée. La nuit venue, Théodore, l’autre général, est parti de là et a laissé un vide. L’adversaire de Théodore était Khalid Ibn Al-Walid tandis qu’Abou ‘Oubaydah était l’adversaire de Chanas. Lorsque Khalid Ibn Al-Walid a appris que Théodore était parti pour Damas, Khalid et Abou ‘Oubaydah ont décidé à l’unanimité que Khalid devrait partir à sa poursuite. Donc Khalid Ibn Al-Walid l’a poursuivi cette nuit là avec un détachement de la cavalerie.

D’autre part, Yazid ibn Abi Soufyan avait reçu la nouvelle du déplacement de Théodore. Il est sorti pour le combattre et les deux armées ont enflammé le champ de bataille. Tandis que la bataille se déroulait entre les deux, Khalid Ibn Al-Walid avec son armée est venu par l’arrière et ils ont attaqué Théodore par l’arrière. Ainsi l’ennemi a été écrasé par l’arrière et par l’avant. Les musulmans les ont mis à mort. Parmi ceux-ci, seuls ceux qui ont fui ont survécu. Le butin que les musulmans ont obtenu dans cette bataille comprenait des montures, des armes, des vêtements, etc. Yazid Ibn Abou Soufyan les a distribués entre ses soldats et ceux de Khalid Ibn Al-Walid. Après cela, Yazid est parti pour Damas et Khalid Ibn Al-Walid est retourné auprès d’Abou ‘Oubaydah.

Le Yazid qui a mauvaise réputation dans l’histoire de l’Islam était le fils de Mou’awiyah. Il s’agit ici de Yazid le fils d’Abou Soufyan. Théodore, le chef des Romains, a été tué par Khalid Ibn Al-Walid.

Lorsque Khalid Ibn Al-Walid est parti à la poursuite de Théodore, Abou ‘Oubaydah a affronté Chanas. Une bataille a éclaté entre les deux armées à Marj al-Roum. L’armée musulmane a tué de nombreux soldats romains et Abou ‘Oubaydah a achevé Chanas. Marj al-Roum était recouvert des cadavres de des ennemis causant de la puanteur. Ceux des Romains qui s’étaient échappés étaient en vie : les autres n’ont pas pu se protéger de la mort. Les musulmans ont pourchassé les fugitifs jusqu’à Homs. Ensuite Abou ‘Oubaydah a marché vers Hamad avec l’armée. Hamad est aussi une ancienne ville syrienne située à une distance de cinq jours de Damas à l’époque. Le peuple de Hamad s’est soumis à lui et il a accepté leur capitulation. Quand le peuple de Chahzar l’a découvert, ils ont aussi conclu une trêve à l’instar du peuple de Hamad. Chahzar était une colonie à une demi-journée de route de Hamad.

Ensuite Abou ‘Oubaydah a conquis Salmiya. Salmiya était un hameau à deux jours de Hamad.

Ensuite Lattaquié a été conquise en l’an 14 de l’Hégire. L’armée islamique, dirigée par Abou ‘Oubaydah, a marché sur Lattaquié, une ville côtière syrienne, qui est considérée comme une banlieue de Homs. Lorsque les habitants de Lattaquié ont vu l’armée islamique venir vers eux, ils se sont repliés dans leur forteresse. Ils ont fermé la porte de la ville et se sont préparés au combat. Ils étaient convaincus que si les musulmans les assiégeaient, ils pourraient les combattre ; et d’ailleurs, ils allaient recevoir des renforts d’Héraclius par la mer. Les musulmans ont assiégé la ville qui était très bien protégée, étant célèbre pour ses avant-postes militaires. Abou ‘Oubaydah a conçu un nouveau stratagème pour la conquérir ; en effet, il connaissait bien la stratégie de la guerre. Les musulmans se sont rendu compte qu’il serait très difficile de la conquérir s’ils devaient camper autour d’elle et que le siège devait se rallonger.

Si les Romains reçoivent de l’aide pendant ce temps, [les musulmans] devront repartir sans succès. Ou si le siège de la ville est prolongé, il sera impossible de se rendre à Antioche.

Une nuit, Abou ‘Oubaydah a creusé de profondes fosses dans le champ de sorte à pouvoir cacher les chevaux montés de leurs cavaliers. Il a recouvert ces fosses d’herbe. Le matin il a levé le siège et s’est rendu à Homs. Les habitants de la ville étaient contents de voir la fin du siège et ils ont ouvert les portes de la ville.

Plus tard, Abou ‘Oubaydah est revenu avec son armée pendant la nuit et s’est caché dans ces fosses ressemblant à des grottes. Lorsque les portes de la ville se sont ouvertes le matin, les musulmans ont attaqué les Romains. Certains musulmans ont pris contrôle des portes de la ville. Ceux qui se trouvaient à l’extérieur du fort ont pris la fuite pour sauver leur vie et ceux qui étaient à l’intérieur ont été pris de terreur. Tous ceux qui étaient à l’intérieur de la ville ont tenté de se sortir d’affaire. Ils n’avaient d’autre choix que d’obéir et de se rendre. Ils ont ainsi conclu une trêve et les fugitifs ont demandé la protection. Les musulmans sont entrés dans la ville et l’ont conquise.

Abou ‘Oubaydah Ibn Jarrah a conclu la trêve paix contre paiement de la Jizyah et a laissé l’église entre les mains des habitants. Plus tard, les musulmans ont construit leur mosquée à proximité. Après cette victoire, ‘Oumar a écrit qu’aucune autre avancée ne devra avoir lieu cette année.

La victoire est Qinnasrin a eu lieu en l’an 15 de l’Hégire. Abou ‘Oubaydah Ibn Al-Jarrah a envoyé Khalid Ibn Al-Walid à Qinnasrin qui était une ville prospère de la province d’Alep. La forteresse de Qinnasrin était située au milieu de la route menant à Alep. Khalid Ibn Al-Walid est arrivé près de Hadir, qui est également situé tout près d’Alep. Minas, le chef romain de la région, est sorti le combattre. Après Héraclius, Minas était le plus grand général de Rome. Les habitants et les chrétiens arabes avec eux se sont opposés aux musulmans.

Selon la pratique des Arabes, pour protéger la ville, ils campaient à l’extérieur. Les chrétiens Arabes, en accord à cette pratique, s’étaient campés à l’extérieur. Après une bataille féroce, Khalid a tué une grande partie de l’armée de Romains et a également tué leur chef Minas. Les habitants de la région ont envoyé un message à Khalid Ibn Al-Walid disant : « Nous sommes des Arabes et nous ne voulions pas nous battre. Nous avons été contraints de participer dans cette bataille. Veuillez donc nous pardonner. »

Khalid a accepté leurs explications et il a retenu sa main. Certains des Romains ont fui et se sont retranchés à Qinnasrin. Khalid les a poursuivis, mais quand il est arrivé à Qinnasrin, les portes de la ville romaine étaient fermées. Constatant cela, Khalid leur a envoyé le message suivant : « Même si vous vous cachez dans les nuages, Allah nous mènera jusqu’à vous ou vous jettera sur nous ! »

Les Romains se sont repliés pendant quelques jours, mais finalement les gens de Qinnasrin ont été convaincus qu’il n’y avait pas d’issue. Ainsi ils ont demandé de conclure un traité sur les mêmes conditions de celui de Homs. Mais Khalid avait décidé de les punir d’avoir désobéi à l’ordre précédent ; c’est pourquoi il n’accepta rien d’autre que la destruction de la ville. Les habitants de Qinnasrin se sont enfuis à Antioche, mettant leurs biens et leur famille entre les mains du destin.

Lorsque Abou ‘Oubaydah Ibn Al-Jarrah a atteint Qinnasrin, il a approuvé cette décision de Khalid Ibn Al-Walid la disant conforme à la justice et a démoli les forts et les murs de la ville. Mais il a ressenti par la suite qu’il faut faire montre de compassion tout en faisant montre d’équité. La justice a été appliquée plus tôt et maintenant les musulmans devraient également faire preuve de compassion envers leurs ennemis. Ainsi, dans un élan de compassion, les gens de la ville ont été offert un gage de protection selon leur demande. On rapporte également que les églises et les maisons de la ville ont été divisées. Les musulmans en ont occupé la moitié, laissant la moitié aux chrétiens. Selon un autre récit une mosquée a été construite sur un terrain de la ville et le reste a été laissé entre les mains des habitants. Ceux qui avaient fui à Antioche avaient également accepté de payer la Jizyah et étaient revenus. Comme d’autres territoires conquis, les habitants ont été ici mieux traités et la justice a été établie entre eux sur la base d’une véritable égalité dans laquelle aucun puissant ne pouvait opprimer les faibles.

Ensuite il y a la conquête de Césarée, en l’an quinze de l’Hégire. Césarée est une ville côtière syrienne à trois jours de Tibériade. Il existe une multitude de récits sur l’année de cette bataille. Selon un premier récit, elle a eu lieu en l’an quinze de l’Hégire. Selon un deuxième récit, elle a eu lieu en l’an 16 de l’Hégire et selon le troisième récit, il aurait eu lieu en l’an 19 de l’Hégire. Un quatrième récit propose l’an 20 de l’Hégire.

Cependant, pendant qu’Abou ‘Oubaydah faisait une avancée victorieuse dans le nord des territoires romaines, Amr ibn Al-‘Âs et Chourahbil ibn Hasanah étaient occupés quant à eux de combattre les armées romaines qui s’étaient rassemblées en Palestine et tentaient de les vaincre : une tâche qui n’était pas facile. Ces armées étaient très fortes en nombre et en équipement, et leur commandement était dirigé par Atrabon, le plus grand général de Rome, dont la clairvoyance et le sens militaire n’avaient pas de rival dans le royaume. Il pensait que l’armée devait être répartie en différents endroits pour que le pouvoir reste entre ses mains et même si certaines parties de cette armée étaient conquises par les Arabes, d’autres parties n’en seraient pas affectées.

Il a laissé une grande partie de son armée à Ramla et à Eilat. Il a laissé des troupes dans Gaza, à Sebastia, à Naplouse, Lod et Jaffa pour le soutenir. Puis il a attendu l’arrivée des Arabes. Il croyait avoir le pouvoir de conquérir les Arabes et de disperser leurs forces. Amr Ibn Al-As a compris la délicatesse de la situation. Il pensait que s’il s’alignait toutes ses forces contre Atrabon, les armées romaines se rencontreraient et les musulmans ne pourraient pas les vaincre : au contraire, les Romains pourraient les terrasser. Quand il a écrit une lettre à ‘Oumar, il a ordonné à Yazid ibn Abi Soufyan d’envoyer son frère Mou’awiyah conquérir Césarée afin qu’Atrabon ne puisse pas recevoir de l’aide par la mer.

‘Oumar a écrit dans une lettre à l’Emir Mou’awiyah : « Je fais de toi l’émir de Césarée. Vas-y et cherche l’aide d’Allah contre elle ; et récite à foison ces prières :

لاحول ولا قوة الا بالله العلی العظیم

الله ربنا و سقاطنا ورجائنا ومولٰنا نعم المولی ونعم النصیر

C’est-à-dire : « Le pouvoir d’éviter le péché et le pouvoir de faire le bien n’appartient qu’à Allah, l’Exalté et le Grand ; Allah est notre Seigneur et notre source de confiance, et Il est notre espoir. Il est notre soutien. Il est en effet un excellent soutien et aide. »

Selon Al-Farouq, Césarée a été encerclée par ‘Amr ibn Al-‘Âs en l’an treize de l’Hégire qui l’a assiégée pendant longtemps mais n’a pas pu la conquérir. Après la mort d’Abou ‘Oubaydah, le Calife ‘Oumar a nommé Yazid Ibn Abi Soufyan à sa place et lui a ordonné de partir en campagne contre Césarée.

Yazid est parti avec un groupe de dix-sept mille et a assiégé la ville, mais lorsqu’il est tombé malade en l’an 18 de l’Hégire, il a nommé son frère l’Emir Mou’awiyah comme son successeur et est s’installé à Damas, où il est mort. Césarée est située sur la côte syrienne et fait parmi des districts de la Palestine. Aujourd’hui, cependant, elle est déserte, mais à cette époque elle était une grande ville ; et, selon Al-Baladhouri, il s’y trouvait trois cents marchés, gardés par une grande armée romaine. Ils disposaient là d’un fort frontalier très solide et dangereux. Mou’awiyah a atteint Césarée et l’a assiégée. Les Romains attaquaient l’armée islamique mais retournaient dans leurs fortifications après êtres vaincus. Finalement, lorsque le siège a été prolongé, un jour, ils sont partis avec l’intention d’en finir mais ont été vaincus et ont subi une défaite si horrible que quatre-vingt mille de leurs soldats ont été tués sur le champ de bataille et ce nombre a atteint cent mille après la défaite et la fuite. Après la conquête de Césarée et la destruction de son armée, les musulmans étaient satisfaits et en sécurité, et le flux d’aide aux Romains a cessé par cette voie.

Mu’awiyah a envoyé la nouvelle de la victoire avec un cinquième des butins au Calife ‘Oumar. Selon un autre récit, l’Emir Mou’awiyah a assiégé la ville avec de gros équipements. Les habitants se sont battus plusieurs fois hors du fort mais à chaque fois ils ont été vaincus mais la ville n’a pas pu être capturée. Un jour, un juif nommé Yusuf, est venu à la rencontre de l’Emir Mou’awiyah et lui a montré un tunnel qui conduisait jusqu’à la porte de la forteresse. Des hommes courageux l’ont traversé et ont ouvert la porte et en même temps toute l’armée s’est lancée ; et ainsi, la victoire a été remportée.

‘Oubadah Ibn al-Samit, l’un des compagnons de Badr, était également impliqué dans cette bataille. Voici un récit de sa bravoure lors de la bataille de Césarée.

‘Oubadah Ibn al-Samit était le chef de l’aile droite de l’armée lors du siège de Césarée. Il s’est levé pour conseiller son armée : il leur a ordonné d’éviter les péchés et d’accomplir leur introspection. Ensuite il est sorti avec une foule de moujahidin et a tué de nombreux Romains ; mais ils n’ont pas atteint leur objectif. De retour, il a encouragé ses camarades à se battre et à mourir ; et après qu’ils aient attaqué avec une troupe importante, il a dû exprimer sa grande surprise et son étonnement face à leur revers. Il a déclaré : « Ô musulmans ! J’étais le plus jeune des chefs nommés lors de la Bai’ah d’Aqabah : mais j’ai vécu le plus longtemps. Dieu a décidé de me garder en vie jusqu’à aujourd’hui, tant et si bien que je combats l’ennemi avec vous ici. Je jure par Celui Qui détient mon âme ! Chaque fois que je dirigeais un groupe de croyants contre les polythéistes, ces derniers abandonnaient le champ de bataille. » C’est-à-dire : nous remportions la bataille et Allah nous accordait la victoire sur eux. « Pourquoi n’avez-vous pas pu les vaincre en dépit de vos attaques répétées ? » Puis il a exprimé sa crainte à ce sujet en ces mots. « Je crains deux choses de votre sujet : soit que l’un de vous est un traître, soit vous n’étiez pas sincères lorsque vous avez attaqué. » C.-à-d., soit vous êtes des traîtres, ou encore vous n’êtes pas [totalement] sincères. Ils n’étaient peut-être pas sincères quand ils attaquaient.

Il les a ensuite exhortés à demander sincèrement le martyre et a déclaré qu’il sera le premier d’entre eux à partir et qu’il ne reculera pas jusqu’à ce qu’Allah le Tout-Puissant lui accorde soit la victoire ou le martyre. Les Romains et les musulmans se sont affrontés et ‘Oubadah Ibn al-Samit a sauté de son cheval et est allé à pied. Quand ‘Oumayr ibn Sa’d al-Ansari l’a vu à pied, il a fait passer le mot parmi les musulmans que le chef de l’armée musulmane se battait à pied et en ajoutant que tous devraient le suivre.

Ils se sont tous battus férocement contre les Romains et les ont humiliés. Finalement, les Romains ont fui et se sont retranchés dans leur ville-forteresse. Les Arabes ont conquis Gaza tout comme ils ont conquis Césarée. Les musulmans avaient autrefois occupé Gaza à l’époque du Calife Abou Bakr, mais en avaient été expulsés. Lorsque ces deux zones frontalières sont passées sous le contrôle des musulmans, Amr Ibn Al-‘Âs n’a eu désormais plus de soucis du côté de la mer.

Ces récits seront toujours en cours.

À présent je souhaite évoquer certaines personnes qui sont décédées [récemment] et dont je dirigerai la prière funéraire après la prière de Joumou’ah.

La première personne [que j’évoquerai] est Mme Khadija, épouse de Maulvi Muhammad K. Alvi Saheb, ancien missionnaire du Kerala, décédée récemment à l’âge de 80 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Son père, Kahni Mohi-ud-Din Sahib, était l’un des premiers ahmadis du Kerala ; et la défunte a embrassé l’Ahmadiyya à un très jeune âge. Ello était très patiente, reconnaissante [envers Dieu], régulière dans ses prières et le jeûne, pieuse, hospitalière et satisfaite de son sort. Son défunt mari était un missionnaire qui passait de nombreux jours à l’extérieur de chez lui en raison de ses voyages, mais elle était toujours reconnaissante et ne s’en plaignait jamais. Elle laisse derrière elle deux fils et cinq filles. Elle était aussi une Moussia. Son fils aîné, Mahmood Sahib, était un missionnaire qui est décédé à l’âge de 54 ans des suites d’une insuffisance rénale. Son plus jeune fils est un Mou’allim et les cinq filles sont mariées à des missionnaires. Qu’Allah lui accorde son pardon.

Le prochain défunt se nomme Malik Sultan Rashid Khan Sahib de Kot Fateh Khan : il était l’ancien Amir du district d’Attak. Il est décédé dans la nuit du 22 au 23 août. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Par la grâce de Dieu il était Moussi. Son père, le colonel Malik Sultan Muhammad Khan, avait prêté le serment d’allégeance au Mouslih Maw’oud en 1923 à l’âge de vingt-trois ans. Il était l’unique ahmadi de sa famille ; puis il a épousé Ayesha Siddiqa qui était la fille de Chaudhry Muhammad Fateh Ahmed Sahib Sial. Ce mariage a été arrangé par le Mouslih Maw’oud (ra). Le grand-père de Sultan Rashid Sahib était Malik Sultan Surkhro Khan. Il avait une position de premier plan dans la cour du roi britannique et a obtenu un siège à la cour. Il a eu la chance d’accepter l’Ahmadiyya quatre ans après son fils Malik Sultan Muhammad Khan. Malik Sultan Rashid Khan Sahib a servi la communauté en différentes qualités : de 96 à 99 puis de 2005 à 2014, il a servi en tant qu’Amir du district d’Attak. Il était le président de la Jama’at de Kot Fateh Khan au moment de sa mort.

Il était un parent de Mir Muhammad Khan, l’ancien gouverneur du Pakistan occidental. Sa famille est mondaine. Mais tout en vivant en ce monde, son père et lui étaient de ceux qui avaient préféré la foi à ce monde. C’était aussi là une des caractéristiques de Malik Sultan Rashid Khan. Au début, il avait fait sa Wassiyyat au taux d’un de 10 pourcents, ensuite il l’a faite au taux 1/7e. Il avait payé sa Hissa Jaidad. Je pense qu’il avait légué ses propriétés immobiles au taux d’un dixième et ses revenus aux taux d’un septième.

Rashida Sial, sa sœur, déclare : « Le quatrième Calife m’avait écrit un jour : « Votre père était une épée nue pour l’Ahmadiyya et il en est de même de vos frères ».

Elle ajoute à propos de Malik Rashid Sahib : « Notre frère avait un lien très profond avec le califat. Il mettait en application immédiatement tout commandement du Calife. Par la grâce de Dieu, il est demeuré un fidèle serviteur du califat et a continué à accomplir ses services avec une dévotion parfaite. La spiritualité était aussi enracinée en chez lui. Quand quelqu’un le regardait, il sentait qu’il n’avait rien à voir avec cette vie mondaine. Il était très humble et ne parlait pas beaucoup de sa relation avec Allah ; mais il avait une relation profonde avec Dieu. Ses jours et ses nuits étaient remplis de prières pour tout le monde, qu’il soit ami, parent ou étranger. Aucun parmi les amis, la famille et les autres n’est jamais revenu les mains vides de chez lui. Beaucoup de gens ont profité indûment de sa générosité et il ne refusait rien à personne. Une femme est venue voir ma nièce et lui a demandé ce qu’il adviendrait de ces maisons nécessiteuses où les marmites dépendaient uniquement de l’aide de Sultan Rashid Sahib, c’est-à-dire que leur subsistance dépendait de l’aide de Sultan Rashid Sahib. Il a fait preuve d’une générosité si grande que nous ne pourrons le saisir. Ma nièce a demandé un jour au défunt si les gens apprécieront ses services et se souviendront de lui pour tout le service qu’il avait rendu. Le défunt a répondu : « Peut-être qu’ils oublieront [mes services] mais mon intention était uniquement de gagner le plaisir de Dieu. »

Naeema Sahiba, l’une de ses sœurs déclare : « Mon frère avait une grande passion pour la prédication et il a pu guider de nombreuses âmes chanceuses. Il profitait de l’occasion pour prêcher avec tous ceux qui le visitaient. Des amis non-ahmadis de la communauté venaient souvent le soir et discutaient de la mort de Jésus pendant des heures, même si c’était dangereux. Il avait une grande passion pour l’adoration. D’habitude, il fermait la chambre et implorait son Seigneur dans le secret de la solitude. Allah lui a fait faire des rêves vrais et des visions. Une fois, il était à Abbottabad pour l’été. Il a rencontré un problème financier inattendu. Il ne pouvait rien faire d’autre que prier. Pendant une promenade matinale, il est passé à côté d’un bosquet d’arbres denses et il a entendu un son fort et clair disant : « Ne désespère pas de la grâce d’Allah. »

L’épouse de M. Zubairi, ancien émir du district d’Attock, avait dit à la sœur du défunt : « Il logeait chez nous pour une réunion de district à l’époque de Hazrat Khalifatul Masih IV. Il était quelque peu inquiet. Quand on lui a demandé la raison, il a déclaré qu’il avait un discours à prononcer mais qu’il ne s’était pas préparé. Le lendemain matin, il était de très bonne humeur. Quand il est venu pour le petit-déjeuner, il a dit que la nuit qu’il a vu Hazrat Khalifatul Masih III (r.h.) en rêve la nuit et qu’il lui a dicté tout le discours en peu de temps. « Louange à Allah, mon discours est prêt ! », a-t-il dit. »

Il avait une telle confiance en Allah qu’il a vécu seul et en toute sérénité dans le village pendant de nombreuses années entouré par l’ennemi. Il n’avait en lui aucune peur ni aucune inquiétude. Il était très courageux. Il avait l’habitude de dire que même une feuille ne peut pas bouger sans le commandement de Dieu. »

Une fois, son employé a voulu repousser un nécessiteux. Le défunt lui a expliqué : « Si Allah veut faire de moi un moyen pour quelqu’un, qui suis-je pour le repousser ? »

Il était habile dans [la préparation de] toutes sortes de discours savants. Il avait lu plusieurs fois les livres du Messie Promis (a.s.). Par la grâce d’Allah, il possédait une multitude de qualités, il accomplissait le jeûne et le Tahajjoud régulièrement, il se consacrait aux prières et parlait avec une grande sagesse. Il terminait chaque conversation avec la prédication. Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde.

Le prochain défunt [que j’évoquerai] est M. Abdul Qayyum Sahib d’Indonésie, qui est décédé le 25 août à l’âge de 82 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il était le fils de feu Maulana Abdul Wahid Sahib Sumatri, le premier missionnaire non-indien et non-pakistanais. Il avait obtenu une licence en génie chimique d’une école technique bien connue en Indonésie, puis il s’est rendu en France pour des études supérieures grâce à une bourse du gouvernement et il y a eu une maîtrise en économie pétrolière. Il a ensuite rejoint le ministère de l’Énergie et des Sources minérales. Il y a occupé divers postes. Même après sa retraite, il a été embauché en tant qu’expert dans son domaine. Puis, à l’âge de 73 ans, il a travaillé dur pour obtenir un doctorat en génie chimique de l’Université d’Indonésie. Il a également accompli de nombreuses actions remarquables pour le pays. En 1973, il a proposé au gouvernement une formule pour le gaz naturel liquéfié, et on dit que de 1974 à 2000, le gouvernement a réalisé un bénéfice de 110 milliards de dollars grâce à cela. En tout cas, les ahmadis sont toujours prêts à servir le pays et la nation partout, mais même en Indonésie, sous l’influence des mollahs, l’opposition contre l’Ahmadiyya est très forte dans certaines régions. Néanmoins, notre travail est de rester fidèles au pays. Il a d’ailleurs reçu la plus haute distinction décernée aux fonctionnaires par l’Etat [indonésien]. En 2005, il a reçu un deuxième prix important que l’Etat indonésien décerne aux non-militaires ayant rendu des services extraordinaires à la nation. Les récipiendaires de ce prix sont enterrés dans un cimetière avec tous les honneurs militaires. Comme le défunt ne souhaitait pas être enterré là-bas, la cérémonie militaire de ses funérailles a été faite dans le cimetière des Moussis à Paroum : il y a été enterré avec les honneurs. C’était une personne très aimante, qui prenait grand soin de ses frères et sœurs. Son père lui avait enjoint de prendre soin de ses frères et sœurs et il l’a toujours fait. Il avait un grand respect à l’égard des missionnaires et des Wâqifîn-e-Zindagi. Son frère cadet, Basit Saheb, est également missionnaire et sert en tant qu’Amir de l’Indonésie. Le défunt avait un excellent comportement avec ses subordonnés ; l’un d’entre eux a partagé ceci : « Dès que j’ai eu neuf ans, le défunt m’a pris sous sa tutelle, c’est lui qui prenait en charge mes frais de scolarité et autres ; et en raison de son bon comportement, j’ai fait la Bai’ah après avoir lu les livres du Messie Promis (a.s.). »

Le défunt faisait preuve d’une grande bienveillance et générosité. Il traitait tout le monde de la même façon, il n’avait aucune fierté personnelle ni en raison de son poste. » L’un de ses anciens collègues de l’entreprise public de gaz a écrit : « Le défunt était une personne très intelligente, déterminée et qui travaillait beaucoup. Il était une personne célèbre et un officier. Mais en dépit de cela, il est resté très humble. » Il avait un grand amour pour le califat et pour la communauté. Dès que la communauté avait quelque besoin, et qu’elle faisait face à des difficultés, il l’aidait avec une énorme sincérité.

Le quatrième Calife avait résidé chez lui lors de sa visite en Indonésie. Lorsqu’il travaillait comme fonctionnaire, le défunt n’avait jamais dissimulé le fait qu’il soit ahmadi, et ni par la suite, d’ailleurs, alors que la persécution s’était alors intensifiée. Il n’a jamais caché le fait d’être ahmadi. Il prêchait constamment à ses amis, et était connu comme une personnalité ahmadie célèbre. Une fois, le PDG d’une entreprise d’électricité a dit à un ministre que l’eau d’un barrage diminuait, et si cela continuera ainsi il faudra interrompre la production d’électricité. Le ministre en question avait confiance dans les supplications du défunt ; il lui a donc proposé d’aller voir Qayyum. Il s’est donc rendu auprès de lui pour lui demander de l’aide. Il a répondu : « Si tu souhaites obtenir mon aide, écris une lettre au Calife, qui est notre Imam, par mon intermédiaire. » Il a écrit pour demander des supplications. Il a relaté : « Il a remis cette lettre le lundi et le jour d’après il y a eu de fortes pluies et le barrage s’est rempli d’eau.

Voici les services qu’il a rendus à la communauté. À Paroun il y avait plusieurs obstacles pour la construction du complexe central : il y avait un manque de fonds. A l’époque, la personne en charge de la prédication était Mahmood Cheema. Le défunt lui a dit : « Ne vous en faites pas. Je prendrai en charge l’intégralité des dépenses… », et il l’a fait. Une grande mosquée a ainsi été construite en deux ans. Il a également pris en charge la plus grande partie des dépenses pour la construction de la maison centrale des invités, et pour la partie réservée à la résidence des missionnaires. Le défunt avait pris en charge l’intégralité des dépenses pour la construction de quatre résidences. Le défunt et son épouse avaient pris en charge quasiment l’intégralité des dépenses de la MTA d’Indonésie au commencement. Leur maison qui se situait à Jakarta-Ouest était utilisée comme Studio de la MTA. Le défunt prenait également en charge les salaires qui étaient versés à ceux qui y travaillaient. En Indonésie, lors du lancement de l’homéopathie, la famille du défunt prenait en charge financièrement le coût des médicaments ainsi que les frais de la clinique. Les premiers fonds pour la construction du Lycée Wahid sont notamment venus de la famille du défunt : la grande partie des fonds est venue de sa famille. Il a également fait un sacrifice financier considérable pour la construction à Qadian de la maison d’hôte Indonésienne, nommé Sarae-Ayyub. Le défunt a acheté de nombreuses terres autour du Centre et les a offertes à la communauté pour les résidences. Masum Ahmad, proviseur de la Jamia Ahmadiyya de l’Indonésie écrit : « Parfois, il y avait de très longs débats dans la réunion de Majlis-e-Amila. L’Amir était son frère cadet et dès qu’il disait qu’on devait arrêter le débat, le défunt arrêtait aussitôt, et ne faisait pas davantage part de son avis. » Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt.

La prochaine mention sera celle de Daoud Razaki Younous, originaire du Bénin, il est décédé le 27 août à l’âge de 74 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Le défunt faisait partie des premiers ahmadis du Bénin. Il était l’unique ahmadi de son foyer. En 1967, le défunt avait accepté l’Ahmadiyya par l’intermédiaire de Zikroullah Daoud, son frère, qui était le premier ahmadi du Bénin. Sa femme et ses enfants ne sont pas ahmadis ; qu’Allah leur permette de l’accepter également. Mian Qamar Ahmad, Amir et missionnaire-en-chef écrit : « Il m’avait relaté le récit de son acceptation de l’Ahmadiyya quelques jours avant son décès. Il a partagé ceci : « Quand j’ai appris la nouvelle que mon frère Zikroullah Daoud a accepté l’Ahmadiyya au Nigéria, et que j’ai entendu ce que les gens disaient au sujet de l’Ahmadiyya, je suis parti le rencontrer, et j’ai vu qu’il portait une bague « Alaisallah… ». Je lui ai aussitôt demandé pourquoi il la portait et quelle en était l’importance dans sa religion. Il a répondu : « Il s’agit d’un verset du Saint Coran qui signifie : « Allah n’est-il pas suffisant pour son serviteur ? » C’est cet enseignement que le fondateur de la communauté Ahmadiyya, Mirza Ghulam Ahmad de Qadian (a.s.) nous a transmis. » » Il a ajouté : « J’ai demandé à mon frère si l’Ahmadiyya était différent de l’Islam. Il a répondu : « L’imam que vous attendez est déjà arrivé. C’est notre croyance et il s’agit du véritable Islam. » » Il a ajouté : « Après avoir entendu cela j’ai commencé à lire les livres du Messie Promis (a.s.), j’ai commencé à lire la Philosophie des Enseignements de l’Islam, et ensuite j’ai accepté l’Ahmadiyya. »

Il faisait partie des ahmadis les plus éduqués du Bénin. Il avait obtenu un Master de Business Management en France. Il a pris sa retraite alors qu’il était au poste de Directeur au sein de l’entreprise d’électricité et d’eau du Bénin. Il était une personne influente, riche et digne. Il faisait régulièrement ses prières quotidiennes, et offrait la prière de Tahajjoud. C’était une personne sincère et pieuse. Il avait un grand amour pour le Messie Promis (a.s.) et pour les Califes, il lisait régulièrement leurs livres. Il a eu l’opportunité de servir à différents postes, et il a beaucoup servi la Jama’at du Bénin. Il était le premier Directeur de Humanity First, et il servait à ce poste depuis. Il avait mis en place des camps médicaux. Il servait aux côtés des médecins pendant des journées entières, sans se soucier de manger. Dr Qamar Ali écrit : « J’ai eu l’opportunité de servir en tant que médecin au Bénin. Lors des camps médicaux, bien qu’il était fatigué ou se couchait tard en raison du trajet, je l’ai toujours vu offrir de longues prières de Tahajjoud la nuit ; dès que je me réveillais je le voyais offrir la prière de Tahajjoud. »

Muzzafar Ahmad Zafar, missionnaire, a déclaré : « Dès qu’il prononçait un discours, il enjoignait les autres à suivre les conditions de la Bai’ah et sa voix était emplie de beaucoup d’émotion, et il me disait que tant que tout ahmadi ne comprend pas cette révélation reçue par le Messie Promis (a.s.) : « Allah, n’est-il pas suffisant pour Son serviteur ? » il restera matérialiste. »

L’Amir écrit : « En 2016, il a offert un terrain de 30 hectares à la Jama’at. En 2021, je lui ai partagé mon souhait qu’il fasse construire un immeuble de Madrasat-ul-Hifz et qu’il l’offre à la communauté. Il a répondu en souriant : « Incha Allah. » Et la construction a débuté. Il avait pour habitude de dire que si les enfants de la communauté sont lettrés, la communauté du Bénin fera alors partie des plus grandes communautés d’Afrique. Il offrait aux enfants des précieux livres de la communauté comme cadeau. Lorsqu’il s’est rendu dans l’orphelinat Bait-ul-Akram, il a conseillé au Dr Al-Walid qui en était le dirigeant de prendre grand soin de la santé et de la sécurité des enfants car, disait-il « ce sont les enfants de notre communauté et de notre peuple, et que nous sommes tous leurs parents » et il a également fait des supplications. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à l’égard du défunt, qu’Allah exalte le rang de tous les défunts.

Comme je l’ai mentionné, après la prière je dirigerai leurs prières funéraires en l’absence des dépouilles.