Sermon du vendredi 04 décembre 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta'awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Depuis le dernier sermon, j’ai commencé à évoquer ‘Ali [bin Abi Talib] (r.a.). Je présenterai la suite aujourd’hui. Selon les récits, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi un lien de fraternité avec ‘Ali à deux reprises. Une fois le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi des liens de fraternité entre les Mouhajirine de La Mecque. Ensuite après l’émigration, il avait établi ces liens de fraternité entre les Mouhajirine et les Ansar à Médine.

Lors de ces deux occasions il avait dit à ‘Ali : « Tu es mon frère en ce monde et dans l’Au-delà. » Selon un autre récit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi ce lien entre ‘Ali Bin Abi Talib et Sahl Bin Hounayf. Quand ces liens de fraternité ont-ils été établis ? L’histoire nous apprend que cela a eu lieu à deux reprises. En effet, selon ‘Allamah Al-Qastalani, un exégète du Sahih d’Al-Boukhari, ces liens de fraternité ont été établis deux fois. Une fois avant l’émigration vers La Mecque, entre les émigrants. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait notamment établi ces liens entre Abou Bakr et ‘Oumar, ‘Outhman et ‘Abdour Raman’Bin ‘Awf, Al-Zoubayr et ‘Abdoullah Bin Mas’oud, et ‘Ali et lui-même (c’est-à-dire le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Ensuite, lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est rendu à Médine, il a établi ces liens de fraternité entre les Mouharijine et les Ansar dans la maison d’Anas Bin Malik.

Ibn Sa’d relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi ces liens entre cent compagnons : c’est-à-dire cinquante Mouhajirine et cinquante Ansar.

‘Ali avait participé à la bataille de Badr et toutes les autres Ghazwat en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), hormis la bataille de Tabouk, lors de laquelle l’Envoyé d’Allah (s.a.w) l’avait chargé de protéger les membres de sa famille à Médine.

Tha’labah Bin Abi Malik relate : « Sa’d Bin ‘Oubadah était, en toute occasion, le porte-étendard du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mais au moment du combat, c’était ‘Ali Bin Abi Talib qui portait le drapeau. »

La Ghazwat Ouchayra a eu lieu en au cours du mois Jamad-il-Oula en l’an deux de l’Hégire. Selon les chroniques, cette expédition était connue sous les noms de Ghazwat Dhoul Ouchayra, Dhat al-Ouchayra ou Ousara en sus du nom Ghazwat Ouchayra. Oushayra était le nom d’une forteresse situé entre Yanbou’et Dhoul Marwa dans le Hedjaz.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad relate à ce propos : « Au cours du mois de Jamad-il-Oula en l’an deux de l’Hégire, ayant reçu d’autres informations à propos des Qouraychites de La Mecque, le Saint Prophète est parti de Médine avec une unité composée de ses Compagnons et a nommé son frère de lait, Abou Salama bin ‘Abdil-Asad, Emir en son absence. Lors de cette campagne, après avoir accompli de nombreux tours, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a finalement atteint Ouchayra, situé à proximité de la côte, dans la région de Yanbou’. Bien qu’il n’y ait pas eu de bataille avec les Qouraychites, le Saint Prophète a signé un traité avec les Banou Moudlij avant de rentrer. »

‘Ali était présent lors de cette Ghazwa. Voici le récit de Mousnad Ahmad Bin Hanbal à ce propos. ‘Ammar bin Yasir relate : « J’avais accompagné ‘Ali lors de l’expédition de Dhat al-Ouchayra. Lorsque Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a établi son camp et nous avons vu quelques membres de la tribu des Banou Moutlij travaillant sur les sources d’eau de leurs jardins. ‘Ali m’a dit : « Ô Abou’l-Yaqdhan ! Allons voir comment ils travaillent. » Nous les avons regardés pendant quelque temps, ensuite nous sommes allongés sur le sol entre les dattiers. Je jure par Allah que c’est le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en personne qui nous a réveillés. Il nous remuait avec ses pieds et nous étions couverts de terre. Ce jour-là le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à ‘Ali en le voyant couvert de poussière : « Ô Abou Tourab (père de la poussière) ! Veux-tu que je t’informe à propos des deux plus grands infortunés ? »

J’avais évoqué [le nom « Abou Tourab »] dans le précédent sermon. En voyant [‘Ali] allongé dans la mosquée et recouvert de poussière le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui avait donné le nom d’Abou Tourab. Il a porté ce nom depuis ce temps-là. Ou il se peut que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui ait donné ce nom lors de cette occasion ou lors de la première d’entre les deux. On dirait qu’il s’agit là de la première occasion.

[Ammar déclare] : « Nous avons répondu : « Certainement oui, ô Envoyé d’Allah ! » Il a dit : « Le premier est Ouhaymir, celui de la tribu des Thamoud qui avait coupé le jarret de la chamelle de Salih. Le deuxième est celui qui s’attaquera à toi, ‘Ali, et qui ensanglantera ta barbe. »

La Ghazwat Safwan Badr al-Oula a eu lieu en l’an deux de l’Hégire au cours du mois de Jamad-il-Akhir.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad écrit dans sa Sirat Khatam-an-Nabiyyine : « Après la Ghazwah d’Ouchayra, alors que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était à peine arrivé à Médine depuis dix jours, Kourz bin Jabir al-Fihriyy, un chef de La Mecque, avec une compagnie de Qouraychites, avait très habilement et subitement attaqué un pâturage de Médine, situé à seulement quatre kilomètres de la ville, et avait fui avec des chameaux appartenant aux musulmans. Dès que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en fut informé, il désigna Zayd bin Ḥārithah comme Emir en son absence et se mit à la poursuite des assaillants avec un groupe de Compagnons. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) les poursuivit jusqu’à Safwān, une zone proche de Badr, mais Kourz réussit à s’échapper. Cette Ghazwah est également connue sous le nom de la première Ghazwah de Badr. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait confié un drapeau blanc à ‘Ali lors de cette Ghazwah. »

La bataille de Badr a eu lieu en l’an deux de l’Hégire soit au cours du mois de mars de l’an 623 de l’ère chrétienne.

Voici le récit [de cette bataille] et la mention d’Ali à ce propos. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé ‘Ali, Al-Zoubayr, Sa’d Bin Abi Waqqas et Basbas Bin ‘Amr vers la source d’eau de Badr pour se renseigner sur les polythéistes. Ils y ont vu les Qouraychites en train d’abreuver leurs animaux ; les ayant capturés, ils les ont présentés au Saint Prophète Muhammad (ss.a.w.). Lors de la bataille de Badr, lorsque les deux armées se sont fait face, Chaybah Bin ‘Outbah et Walid Bin ‘Outbah, les deux fils de Rabi’ah, sont sortis des rangs et ont lancé le défi de duel. Mou’adh, Mou’awwidh et ‘Awf, les fils d’Afra, et les membres de la tribu des Banou al-Harith des Ansar sont sortis pour les combattre. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne souhaitait pas que les Ansar participassent dans le tout premier combat entre les polythéistes et les musulmans. Il souhaitait remporter la victoire par l’entremise des fils de ses oncles et les membres de sa tribu. Ainsi, il a rappelé les Ansar qui sont retournés dans leurs rangs et il les a loués.

Ensuite les polythéistes ont demandé : « Ô Muhammad ! Envoie des combattants du même statut parmi notre tribu pour nous combattre. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Ô Banou Hachim ! Levez-vous et battez-vous pour cette vérité avec laquelle Dieu a envoyé votre prophète tandis que ces gens-là sont venus avec leur mensonge afin d’éteindre la lumière d’Allah. Hamzah Bin ‘Abdil Mouttalib, ‘Ali Bin Abi Talib et ‘Oubaydah Bin al-Harith se sont levés et ont avancé dans leur direction. ‘Outbah leur a demandé : « Parlez afin que nous vous reconnaissions. »

Étant donné qu’ils portaient des casques, leurs visages n’étaient pas visibles. Hamzah a déclaré : « Je suis Hamzah Bin ‘Abdil Mouttalib, le lion d’Allah et de Son Prophète. » ‘Outbah a répondu : « Le combat sera valeureux et je suis quant à moi le lion des alliés. Qui sont les deux qui sont avec toi ? » Hamzah a répondu : « ‘Ali Bin Abi Talib et ‘Oubaydah Bin al-Harith. »

‘Outbah a répondu : « Ce sont de bons adversaires. » En s’adressant à son fils il a déclaré : « Ô Walid ! Lève-toi. » ‘Ali s’est levé pour le combattre. Ils ont échangé des coups d’épées et ‘Ali l’a tué. ‘Outbah s’est levé et Hamzah en a fait autant pour le combattre. Ils ont échangé des coups d’épées et Hamzah l’a tué. Ensuite, Chaybah s’est levé et ‘Oubaydah Bin al-Harith s’est levé pour le combattre. ‘Oubaydah était le plus agé parmi les compagnons du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Chaybah a frappé la jambe d’Oubaydah de son épée tranchant son jarret. Hamzah et ‘Ali ont attaqué Chaybah et l’ont tué. »

J’avais évoqué environ deux ans de cela une partie du récit suivant : Il existe également un autre récit [à ce sujet].

‘Ali rapporte qu’Outbah Bin Rabi’ah est sorti des rangs accompagné de son fils et de son frère. Il lança dans la direction des musulmans : « Qui viendra nous combattre ? » Plusieurs jeunes Ansar répondirent à leur appel. ‘Outbah leur demanda de décliner leurs noms et ils répondirent qu’ils étaient des Ansar. ‘Outbah leur dit qu’il n’avait aucun grief contre eux et qu’il était sorti combattre uniquement les fils de son oncle. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à Hamzah, à ‘Ali et à ‘Oubaydah Bin Al-Harith de s’apprêter au combat. Suite à l’ordre de l’Envoyé, Hamzah s’est avancé dans la direction d’Outbah et ‘Ali vers Chaybah. Le combat entre ‘Oubaydah et Walid s’engagea et ils se blessèrent grièvement. ‘Ali ajoute : « Nous nous sommes approchés de Walid et nous lui avons donné le coup de grâce. Nous avons ensuite enlevé ‘Oubaydah du champ de bataille. »

Ali (r.a.) raconte ceci à propos de la bataille de Badr : « Les mécréants étaient beaucoup plus nombreux que les musulmans. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a passé toute la nuit à supplier Dieu en toute humilité. Nous nous sommes alignés quand l’armée ennemie s’est rapprochée de nous et nous avons vu soudainement un individu sur un chameau brun dans les rangs ennemis. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) m’a requis de demander à Hamzah qui était cette personne, étant donné qu’il était plus proche des mécréants, et de lui rapporter ses propos. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a commenté : « S’il est quelqu’un capable de leur prodiguer de bons conseils, il s’agit de celui monté sur ce chameau brun. » Après quelque temps Hamzah est venu informer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qu’il s’agissait d’Outbah Bin Rabi’ah et que celui-ci déconseillait aux mécréants de participer à la bataille. Abou Jahl lui répliquait qu’il était un lâche et qu’il avait peur de combattre. ‘Outbah, tout courroucé, de répliquer : « On verra en ce jour qui est un véritable lâche. »

Par la suite il s’est joint au combat.

‘Ali relate : « Lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré à propos de ma personne et d’Abou Bakr : « Vous avez tous deux à votre droite l’Ange Gabriel et à votre gauche l’Ange Michael. Rafaël, l’Archange, est présent lors des combats et se trouve dans les rangs. »

Hazrat Mirza Bashir Ahmad écrit ceci à propos de la bataille de Badr :

« ‘Ali raconte qu’au cours de la bataille, toutes les fois que le Saint Prophète venait à l’esprit, il courait vers sa tente ; mais qu’à chaque fois qu’il y allait, il trouvait le Saint Prophète en pleurs dans ses prosternations. Il a également entendu dire que le Saint Prophète répétait constamment les mots :

يا حي يا قيوم

« Ô mon Seigneur vivant ! Ô mon Seigneur Qui accordes la vie ! »

Abou Bakr a été très perturbé par cet état du Saint Prophète et a parfois dit spontanément : « Ô Messager d’Allah ! Que ma mère et mon père soient sacrifiés pour vous. Ne vous inquiétez pas, Allah accomplira définitivement Ses promesses. »

Mais en dépit de cela, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne cessait de prier, tout craintif, car certaines promesses divines sont parfois sujettes à des conditions.

‘Ali s’est marié à Fatimah en l’an deux de l’Hégire. Il a demandé sa main au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et celui-ci a accepté sa requête de gaîté de cœur. Anas relate qu’Abou Bakr et ‘Oumar avaient tous deux demandé la main de Fatimah au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Mais celui-ci était demeuré silencieux et ne leur a pas répondu. ‘Ali déclare : « Je me suis présenté au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et je lui ai demandé la main de Fatimah. » Il m’a répondu : « Possèdes-tu de quoi offrir comme dot ? » J’ai répondu : « Je possède un cheval et une cotte de maille. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Tu auras besoin du cheval. Tu peux vendre ta cotte de maille. » Sur ce, je l’ai vendu pour 480 dirhams pour débourser la dot. »

D’aucuns pensent qu’ils peuvent fixer n’importe quelle somme pour le Mahr (dot) et qu’ils la verseront plus tard. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé [à ‘Ali] de faire le nécessaire pour débourser le Mahr avant le mariage. Cela signifie que c’est un droit immédiat [de la femme avant le mariage.] Certains hommes m’écrivent pour me dire que leurs femmes réclament le Mahr, tandis qu’ils mènent une vie conjugale heureuse. Elles ont en fait le droit de le réclamer et il faudra le débourser tout de suite. Ne pas le faire peut conduire à des querelles. Certaines personnes affirment également que le Mahr doit être réglé lors des divorces ou de la séparation [demandée par la femme], tandis que cela n’a aucun lien avec les accords de divorce.

Selon un récit, ‘Ali avait vendu cette cotte de mailles à ‘Outhman. Celui-ci l’a payé et lui a aussi retourné l’armure. ‘Ali déclare : « J’ai placé cette somme dans le giron du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il a pris une poignée et l’offrant à Bilal, il a déclaré : « Achètes un peu de parfum avec cette somme. » Il a ensuite demandé à quelques personnes de préparer le trousseau de Fatimah. On a préparé un lit et un oreiller de cuir empli d’écorce de dattiers. » Selon un récit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré au moment de conclure le mariage : « Mon Seigneur m’a ordonné de le faire. »

Après le départ [de Fatimah de la maison familiale] le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a dit à ‘Ali : « Quand Fatimah sera chez toi, ne dis rien avant mon arrivée. » Fatimah est venue avec Oumm Ayman. Elle s’est assise dans un coin de la maison. Je me suis mis dans un coin moi aussi. Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu et il a demandé : « Mon frère est-il présent ? » Oumm Ayman a demandé : « Votre frère ? L’avez-vous marié à votre fille ? » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Oui. » Et il a demandé à Fatimah de lui apporter de l’eau. Elle s’est levée et [en a apportée], car il y en avait à la maison. Pareil mariage consanguin est permis : [‘Ali] n’était pas le frère direct du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

« Fatimah a apporté un peu d’eau dans un récipient. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en a pris et s’est rincé la bouche ; puis il a demandé à Fatimah d’avancer. Elle s’est avancée. Il lui a aspergé le corps et la tête de cette eau et prier en ces termes :

« Ô Allah je la confie à Ta protection, elle et ses descendants, contre Satan le Rejeté. » Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé : « Tournes-toi dans l’autre direction. » Elle s’est tournée. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) lui a aspergé d’eau entre les épaules. Il en a fait de même avec ‘Ali. Il lui a dit : « Vas vers ta femme avec le nom d’Allah et Ses bénédictions. » ‘Ali relate que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait ses ablutions en puisant l’eau d’un récipient. Ensuite il a aspergé ‘Ali et Fatimah de cette eau en priant : « Allah, bénis tous deux et bénis leur union. »

‘Aïchah et Oumm Salamah relatent : « Le Messager d’Allah nous a ordonné de préparer Fatimah (pour son mariage) et de l’emmener à ‘Ali. Nous sommes allés à la maison et en avons enduit [les murs] de terre souple de la région de Batha. Ensuite, nous avons rempli deux oreillers de fibre (de palmier dattier) que nous avons cardée de nos propres mains. Ensuite, nous y avons mis des dattes et des raisins secs à manger et de l’eau douce à boire. Nous sommes allés chercher du bois et l’avons installé sur le côté de la pièce, pour y suspendre les vêtements et les outres d’eau. Et nous n’avons jamais vu de mariage meilleur que celui de Fatimah. »

Le repas de noces était composé de dattes, d’orge, de fromage et de Hays, un plat composé de dattes, de beurre clarifié et de fromage.

Asma’Bint Oumays relate : « Il n’y eut pas à l’époque de meilleur repas de noces que celui de Fatimah et d’Ali. »

[Hazrat Mirza Bashir Ahmad] commente en ces termes sur le mariage de Fatimah et d’Ali dans son ouvrage Sirat-Khataman-Nabiyyine : « Fatimah était la plus jeune enfant du Saint Prophète, née de son union avec Khadijah. Fatimah était la préférée du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et en raison de son mérite personnel, elle était sans aucun doute la plus digne de cet amour distinct. Elle avait plus ou moins quinze ans et elle avait commencé à recevoir des propositions de mariage. Abou Bakr était le tout premier à demander sa main mais le Saint Prophète s’est excusé. Ensuite, ‘Oumar fit une proposition, mais sa demande ne fut pas non plus acceptée. Après avoir compris que le Saint Prophète semblait préférer ‘Ali, ces deux hommes honorables l’ont encouragé à faire une proposition concernant Fatimah. ‘Ali, qui était peut-être déjà désireux de le faire, mais se taisait par modestie, se présenta immédiatement devant le Saint Prophète et fit sa demande. Le Saint Prophète avait d’ores et déjà reçu une indication par voie de révélation divine que le mariage de Fatimah devait avoir lieu avec ‘Ali. Par conséquent, quand ‘Ali a présenté sa demande, le Saint Prophète lui a dit : « J’ai déjà reçu une indication divine à cet égard. » Ensuite, le Saint Prophète a demandé le consentement de Fatimah, qui est restée silencieuse par modestie. C’était là aussi une expression d’acceptation. Par conséquent, le Saint Prophète a réuni une communauté de Mouhajirine et d’Ansar, et a officiellement annoncé l’union d’Ali et de Fatimah. Cet événement a eu lieu au début ou au milieu de l’an deux de l’Hégire. Ensuite, le mariage a eu lieu au cours du mois de Dhoul-Hijjah de la même année après la bataille de Badr. Le Saint Prophète a appelé ‘Ali et lui a demandé s’il avait quelque chose à offrir comme Mahr (dot). »

L’incident du verger cité plus haut a en effet eu lieu avant le mariage et l’incident [de la mosquée] que j’avais mentionné la dernière fois. J’avais donc raison.

Le Saint Prophète a donc appelé ‘Ali et lui a demandé s’il avait quelque chose à offrir comme Mahr. ‘Ali a répondu : « O Messager d’Allah ! Je ne possède rien. » Le Saint Prophète a répondu : « Qu’en est-il de cette cotte de mailles que je t’avais offerte ce jour-là ? » ‘Ali a répondu : « C’est en ma possession. » Le Saint Prophète a déclaré : « Cela suffira, apporte-la. »

Cette cotte de mailles a été vendue pour 480 dirhams et le Saint Prophète a arrangé les frais du mariage à partir de ce montant.

La dot que le Saint Prophète a offerte à Fatimah consistait d’un châle brodé, un coussin en peau qui avait été rempli de feuilles de palmier-dattier séchées et d’outre d’eau. On relate aussi que le Saint Prophète avait également offert une meule à Fatimah de sa dot.

Une fois ces articles arrangés, il était nécessaire de se procurer un logement au couple. Jusqu’à présent, ‘Ali vivait peut-être avec le Saint Prophète dans un appartement construit à côté de la mosquée. Cependant, une résidence séparée était maintenant nécessaire, où mari et femme puissent résider après le mariage. Par conséquent, le Saint Prophète a demandé à ‘Ali de trouver un endroit où les deux pourraient résider. ‘Ali s’est arrangé pour une maison temporaire et le mariage de Fatimah a eu lieu.

Le même jour, après le mariage, le Saint Prophète s’est rendu dans leur nouvelle maison et a demandé qu’on lui apporte de l’eau, a prié dessus puis en a aspergé Fatimah et ‘Ali, tout en répétant la prière suivante :

« Ô Allah ! Bénis leur relation entre eux ; et bénis les relations qu’ils bâtiront avec les autres ; et bénis aussi leur progéniture. »

Ensuite le Saint Prophète a laissé le nouveau couple seul et il est rentré. Puis, un jour, lorsque le Saint Prophète est venu rendre visite à Fatima, elle lui a dit que Harithah bin al-Nou’mān al-Ansari possédait plusieurs maisons, et a sollicité le Saint Prophète de lui demander de quitter l’une d’entre elles. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Harithah a déjà déménagé plusieurs fois pour nous. Je suis gêné de lui en demander plus. » Quand Harithah en a eu vent d’une manière ou d’une autre, il s’est précipité chez le Saint Prophète et a déclaré : « Ô Messager d’Allah ! Tout ce que je possède vous appartient. Par Dieu, tout ce que vous acceptez de ma part me cause une plus grande joie que ce qui reste avec moi ! » Ce compagnon fidèle a insisté et il a quitté l’une de ses maisons avant de la présenter au Saint Prophète. Par la suite, ‘Ali et Fatimah y ont emménagé. »

En dépit de leur dénuement et de leur situation modeste, ‘Ali et Fatimah étaient des exemples de piété et de contentement. Selon les hadiths, ‘Ali aurait déclaré que Fatimah s’était plainte d’avoir à faire tourner la meule. Certains prisonniers étaient à la disposition du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Elle est partie le voir mais ne l’a pas trouvé. Fatimah a rencontré ‘Aïchah et l’a informée de la raison de sa visite. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est rentré, ‘Aïchah l’a informé de la visite de Fatimah. ‘Ali déclare : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu nous rencontrer lorsque nous étions allongés dans nos lits. Nous souhaitions nous lever mais il nous a dit de rester à notre place. Ensuite il s’est assis entre nous, tant et si bien que je ressentais la fraîcheur de ses pieds sur ma poitrine. Il nous a dit : « Ne souhaitez-vous pas que je vous informe à propos d’une action bien meilleure que ce que vous m’avez demandé ? Lorsque vous vous allongez sur vos lits, récitez 34 fois Allahou Akbar, 33 fois Soubhan Allah et 33 fois Al-hamdou lillah. Cela est meilleur pour vous deux qu’un domestique. »

Abou Hourayrah relate : « Fatimah s’est présentée au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) afin de lui demander un domestique. Elle s’est plainte de ses travaux ménagers. Sur ce le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a dit : « Tu ne trouveras pas pareil domestique chez moi. » C’est-à-dire que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne souhaitait pas lui en offrir tandis qu’Ali avait droit à une part du butin. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne le lui a pas offert, en disant : « Souhaites-tu que je t’offre quelque chose qui soit meilleure que ce domestique ? Lorsque tu t’allonges sur ton lit, récite 33 fois Soubhan Allah, 33 fois Al-hamdou lillah et 34 fois Allahou Akbar. » Ce récit est tiré du Sahih Mouslim.

Hazrat Mouslih Maw’oud a commenté sur cet incident en évoquant la Sirah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il cite un récit du Boukhari. [‘Ali relate :] « Fatimah s’était plainte de ses cors à la main dus au fait qu’elle travaillait la meule. Or, quelques prisonniers de guerre sont tombés dans le lot du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Fatimah est venue voir le Prophète (s.a.w.) mais elle ne l’a pas trouvé à la maison. Elle a informé ‘Aïchah de sa venue. Quand l’Envoyé d’Allah (s.a.w) est rentré, ‘Aïchah l’a informé de la visite de Fatimah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu chez nous. Nous étions tous deux au lit. Nous avons essayé de nous lever (en signe de respect) mais le Messager d’Allah (s.a.w.) a dit : « Restez dans vos lits, » et il s’est assis parmi nous et j’ai senti la froideur de ses pieds sur ma poitrine. Il a ensuite dit : « Souhaitez-vous que je vous informe de quelque chose de meilleur que ce que vous avez demandé ? Quand vous allez au lit, récitez le Takbir (Allahou Akbar) trente-quatre fois, Soubhan Allah trente-trois fois et Al-Hamdou lillah trente-trois fois. Cela vaudra mieux pour vous que le domestique [que vous m’avez demandé]. »

Hazrat Mouslih Maw’oud explique : « Cet incident démontre que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était très vigilant quant à la distribution des butins. En dépit du fait que Fatimah avait besoin d’un serviteur et que ses mains souffraient en raison de la meule, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne lui a pas donné de serviteur. Au contraire, il l’a encouragée à prier et à se tourner vers Dieu. S’il le souhaitait, il pouvait offrir un serviteur à Fatima, car il recevait ces butins pour qu’ils soient distribués parmi ses compagnons et ‘Ali pouvait y avoir droit. Fatimah y avait aussi droit. Cependant, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a fait montre de précaution et il ne souhaitait pas distribuer ces biens à ses proches car il est possible qu’à l’avenir les gens en tirent de mauvaises conclusions et que le roi pense avoir droit au bien du peuple. Ainsi, il n’a pas offert à Fatimah aucun de ces esclaves ou aucune de ces domestiques à sa disposition et dont il avait pour but de distribuer. Rappelons qu’Allah avait fixé une part pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ses proches dans ces biens. Il en puisait et en offrait à ses proches. Certes, il ne touchait à aucun bien tant qu’il n’était pas tombé à sa disposition et n’en offrait pas à ses proches. Le monde peut-il présenter d’exemple d’une personne aussi attentive quant au biens de la trésorerie ? Pareils exemples n’existent qu’en ces serviteurs de cet être pur et nulle part ailleurs dans aucune autre religion.

‘Ali Bin Abi Talib relate : « Une nuit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est venu chez moi et chez sa fille Fatimah et nous a demandé : « Est-ce que vous n’accomplissez pas la Salat [de Tahajjoud] ? » J’ai répondu : « Ô Envoyé d’Allah ! Nos vies sont entre les mains d’Allah. Il nous réveille quand Il souhaite nous réveiller. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne m’a pas répondu et il est rentré. »

Il parlait là de la prière de Tahajjoud. Il voulait dire que s’Il le souhaite Allah peut nous réveiller pour la prière de Tahajjoud. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’a pas discuté à ce propos et il est rentré.

‘Ali déclare : « J’ai entendu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclarer en partant et en frappant sa cuisse :

وَكَانَ الْإِنْسَانُ أَكْثَرَ شَيْءٍ جَدَلًا

« L’homme est querelleur plus que toute autre chose. »

Hazrat Mouslih Maw’oud relate : « Une nuit, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est rendu auprès de son gendre et de sa fille Fatimah et leur a demandé : « Accomplissez-vous la prière (de Tahajjoud) ? » C’est-à-dire la prière accomplie au milieu de la nuit. ‘Ali de répondre : « Ô Prophète d’Allah ! Nous essayons de le faire. Mais si Dieu souhaite que nos yeux restent fermés nous n’arrivons pas à l’accomplir. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Accomplissez la prière (de Tahajjoud). » Ensuite, il est parti dans la direction de sa maison et en cours de route il répétait :

وَكَانَ الْإِنْسَانُ أَكْثَرَ شَيْءٍ جَدَلًا

Il s’agit d’un verset du Coran qui signifie que souvent l’homme hésite à avouer ses fautes et il présente des prétextes pour les cacher. Au lieu d’avouer qu’ils commettaient des fautes de temps à autre, ‘Ali et Fatimah ont déclaré qu’ils se réveillent quand Allah le souhaite. Pourquoi devaient-ils attribuer leur faute à Allah ? »

Hazrat Mouslih Maw’oud explique davantage cet incident. Il déclare :

« ‘Ali (r.a.) relate qu’il avait un jour répliqué au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Au lieu de se mettre en colère ou de s’en indigner, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a démontré une réaction des plus subtiles et jusqu’à ses derniers jours ‘Ali en a peut-être tiré un doux plaisir. Certes, il y avait droit. Mais même aujourd’hui toute personne imbue de perspicacité s’émerveille face à cette expression de déplaisir du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

‘Ali déclare dans un hadith de Boukhari : « Une nuit, le Messager d’Allah (s.a.w.) est venu vers moi et Fatimah, sa fille, et a demandé : « N’accomplissez-vous pas la prière (de Tahajjoud) ? » J’ai répondu : « O Messager d’Allah (s.a.w.) ! Nos âmes sont entre les mains d’Allah et s’Il veut que nous nous réveillions, nous nous réveillons. » Quand j’ai dit cela, il nous a quittés sans rien dire et je l’ai entendu articuler alors qu’il se frappait la cuisse : « L’homme est des plus querelleurs. » »

Voyez comment le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a expliqué de manière subtile à ‘Ali qu’il ne devait pas présenter pareille réponse. Un autre aurait commencé à discuter en disant : « Regarde mon statut et regarde ta réplique. As-tu le droit de rejeter mes propos ainsi ? » Ou il aurait pu dire : « Il est faux de dire que l’homme est contraint et que toutes ses actions dépendent d’Allah et qu’Il le pousse à agir comme bon Lui semble : Dieu peut lui accorder la possibilité d’accomplir la Salat ou pas. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait pu dire que le Coran n’accepte pas la contrainte. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) n’a adopté aucune de ces deux postures. Soit il n’était pas en colère contre eux ; ou bien il n’a pas voulu discuter pour faire comprendre à ‘Ali son erreur. Il s’est tout simplement détourné de lui et a exprimé son étonnement en disant que l’homme est étrange : il trouve toujours des réponses à son avantage et discute. En réalité cette seule déclaration du Saint Prophète (s.a.w.) était remplie d’innombrables leçons ; et s’il avait été quelqu’un d’autre, ils n’auraient pas pu en transmettre une fraction même s’ils s’étaient disputés des centaines de fois. De ce hadith, nous pouvons tirer de nombreuses leçons qui éclairent les divers aspects de la morale du Saint Prophète (s.a.w.) et il convient de les mentionner ici.

Hazrat Mouslih Maw’oud (ra) déclare en outre : « Premièrement, ce hadith révèle à quel point le Saint Prophète (s.a.w.) était attaché à la pratique religieuse et à sa foi. Il visitait personnellement les maisons de ses proches durant la nuit et s’occupait de leurs besoins à cet égard. Beaucoup de gens, vertueux eux-mêmes, conseillent également aux autres d’en faire de même, mais l’état de leur propre maison est désastreux. Ils n’ont même pas la capacité de réformer les gens de leur propre foyer. Le dicton suivant s’applique à eux : « L’obscurité se trouve sous la lanterne ». Bien qu’une lanterne offre de la lumière autour d’elle, il y a de l’obscurité en dessous d’elle. Ces personnes conseillent les autres, mais ne se soucient pas de leur propre foyer pour savoir si les membres de leurs familles tirent un quelconque avantage de leur lumière.

Cependant, le Saint Prophète (s.a.w.) souhaitait que les membres de sa maisonnée profitassent également de cette lumière spirituelle avec laquelle il voulait illuminer le monde. Pour ce faire, le Saint Prophète (s.a.w.) les conseillait constamment et leur demandait régulièrement à ce propos et évaluait leur état.

Si le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne se souciait pas de la formation morale des membres de sa propre famille un trait inestimable aurait fait défaut dans ses excellences morales.

Le deuxième aspect est la conviction absolue que le Saint Prophète (s.a.w.) avait dans l’enseignement qu’il a présenté au monde. Pas même un seul instant le Saint Prophète (s.a.w.) n’a eu de doute concernant ces préceptes. Les gens allèguent que – Dieu nous en préserve – le Saint Prophète (s.a.w.) n’a reçu aucune révélation divine et n’a fait tout cela que pour tromper le peuple et établir ainsi son propre règne. Cependant, ce n’était évidemment pas le cas. Le Saint Prophète (s.a.w.) avait une telle conviction en sa prophétie et dans le fait d’avoir été mandaté par Dieu qu’on ne peut trouver un tel exemple dans le monde. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait pu user de feintes devant les gens afin de prouver sa véracité. Mais il n’est pas possible [pour un imposteur] de se rendre au milieu de la nuit chez sa propre fille et gendre et leur demander s’ils ont accompli la prière qui est offerte en pleine nuit – qui n’est même pas obligatoire – mais qui est volontaire pour les croyants. Visiter la maison de sa fille et de son gendre à un tel moment et les encourager à offrir la prière de Tahajjoud prouve la conviction absolue qu’avait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans cet enseignement qu’il souhaitait inculquer aux autres.

Un imposteur – pour qui il n’y aurait aucune différence à appliquer ou pas le précepte [qu’il enjoint] – n’aurait pas encouragé ses enfants de le suivre à une heure aussi discrète. »

En d’autres termes, savoir si quelqu’un suit un tel enseignement est une autre question : mais [l’imposteur] ne conseillera jamais ses propres enfants à l’insu des autres.

« Cela est possible uniquement lorsqu’on est convaincu que sans suivre cet enseignement, on ne peut atteindre aucune excellence. »

En d’autres termes, [l’imposteur] croit que suivre [ses] préceptes ou pas ne fait pas de différence. Cependant, informer quelqu’un à ce sujet en pleine nuit et à l’insu d’autrui est une action possible uniquement quand on est convaincu que sans suivre cet enseignement l’on ne pourra pas atteindre les sommités de la spiritualité ou de cet enseignement.

Le troisième point est la raison pour laquelle j’ai présenté ce récit. Le Saint Prophète (sa) faisait preuve de tolérance lorsqu’il voulait expliquer quelque chose. Au lieu de se quereller avec une personne, il l’informait avec amour au sujet d’une erreur qu’elle avait commise. A ce moment, ‘Ali (ra) a en somme rétorqué : « Si nous nous endormons, comment pouvons-nous être sûr de nous réveiller ? Car une personne endormie ne peut contrôler le moment de son réveil. » En effet, quand une personne s’endort, elle ne sait pas l’heure qu’il est, ou encore qu’il est temps de faire ceci ou cela. Il a ajouté : « Si Dieu nous permet de nous réveiller alors nous offrons la prière, sinon nous ne pouvons le faire. » A l’époque, les réveille-matin n’existaient pas. En entendant cela, le Saint Prophète (s.a.w.) s’était tout étonné, car son degré de foi ne lui permettait jamais d’être négligent au point où l’heure de Tahajjoud soit passée et qu’il n’en soit pas au courant. Ainsi, en détournant son visage, il a simplement déclaré : « Au lieu d’accepter [un conseil], l’homme préfère rétorquer. » C’est-à-dire : « Tu aurais dû dire que la prochaine fois tu essaieras de ne pas laisser passer ce moment, au lieu de répliquer ainsi. » ‘Ali (ra) a déclaré : « Depuis ce moment, je n’ai jamais été négligent par rapport à la prière de Tahajjoud. »

Il y a d’autres récits sur ‘Ali que je mentionnerai la prochaine fois, Incha Allah.

La situation se dégrade au Pakistan. Certains officiers du gouvernement, en suivant les Maulvis et en s’alliant avec eux, essaient de nous nuire au mieux qu’ils peuvent.

Veuillez faire des supplications spéciales, qu’Allah protège les ahmadis de Rabwah mais également ceux qui résident dans les autres villes du Pakistan, qu’Il les protège de leurs mauvais desseins, et qu’Il les protège de leurs complots qui sont des plus terrifiants et des plus dangereux, et qu’Il S’occupe vite de ces personnes.

Après la prière du vendredi je vais également diriger des prières funéraires en l’absence des dépouilles. Je vais brièvement présenter les défunts.

Le premier défunt dont je ferai mention est le Commandant Chaudhry Muhammad Aslam, qui résidait au Canada. Il est décédé le 2 novembre 2020. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Le Commandant est né en 1929 à Gujranwala. Il a obtenu son Brevet des Collèges dans cette même ville, pour lequel il était lauréat. Il a ensuite obtenu son Baccalauréat au Lycée Talim-ul-Islam et au FC Government College. Il a obtenu sa Licence au Government College de Lahore. Par la suite il a eu l’opportunité de faire un Master en Physique sous la supervision du Professeur Abdus Salam. En 1948, il a rejoint le Furqan Force et a été affecté au Cachemire [Pakistanais]. Il a obtenu un certificat de Mujahid-e-Kashmir et a obtenu une médaille pour la libération du Cachemire. En 1955 le défunt a rejoint les forces navales. Il a également eu l’opportunité de servir à d’autres postes clés tels que vice-président du comité de sélection interservices et directeur adjoint des services de l’enseignement aux quartiers généraux d’Islamabad.

Dans le secteur éducationnel, le défunt a eu l’opportunité de jouer un rôle fondamental dans la planification de l’ouverture des nouvelles écoles et lycées de la Marine et pour la création de l’Université Bahria. Après sa retraite de la Marine, il s’est rendu au Canada où il a fait un Waqf-e-Arzi (bénévolat) d’un an à la Mission de Toronto. Par la suite, en 1993, il a formulé sa volonté d’être dédié à vie suite à sa retraite, que le quatrième Calife (rha) avait acceptée. Le défunt a eu l’opportunité de servir la communauté pendant 28 ans. Au cours de cette période il a servi en tant que secrétaire à la propriété, secrétaire aux affaires matrimoniales, secrétaire-adjoint de la Mission, et assistant à la clinique homéopathique. Le défunt parlait avec douceur ; il avait un tempérament doux et faisait preuve de gentillesse à l’égard de tous. Il était régulier dans ses prières et avait un profond lien d’amour avec le Califat. Après avoir dédié sa vie, il a essayé d’en consacrer chaque instant à servir la communauté. Depuis quelque temps il était très malade, mais dès que sa santé se stabilisait il se rendait à la mission ; et il a servi dans la voie de la religion jusqu’à ses derniers instants. Il laisse derrière lui sa femme et ses trois fils. Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à l’égard du défunt, et qu’Il permette à sa progéniture de perpétuer ses nobles actions.

Sa belle-fille, Nusrat Jahan, écrit : « Le défunt était une personne très gentille, au cœur doux et pieux. Il a servi avec une grande honnêteté dans le cadre de son Waqf. Il était un mari et un père exemplaire. Jusqu’à peu avant son décès il rappelait à ses enfants l’importance de rester attachés à la communauté et à Dieu, et d’être régulier dans leurs prières. Au cours de toute sa vie, il a lui-même offert régulièrement la prière de Tahajjoud et les autres.

La deuxième personne dont je dirigerai la prière funéraire est Shahina Qamar, épouse de Qamar Ahmad Shafeeq, qui est le chauffeur de la Nazarat-e-Ala (Département de Supervision Général). Shahina Qamar et son fils, Samar Ahmad Qamar, sont décédés le 12 novembre 2020, l’après-midi vers 13h15 lors d’un accident de la route. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. La défunte est décédée à l’âge de trente-huit ans, et Samar Ahmad Qamar était âgé de 17 ans. Shahina Qamar laisse dans le deuil son mari, ses deux filles, son fils et ses trois frères. La fille de Shahina écrit : « Ma mère était une femme très pieuse ; elle m’enjoignait toujours à faire de bonnes actions. Elle était toujours la première à accomplir les nobles actions. Elle partageait tout avec moi ; elle était une très bonne amie. » Elle a également souligné une autre qualité : « Macha Allah, elle était très attachée aux activités de la communauté, et elle se tenait toujours prête à servir. » Elle et son mari ont également écrit : « En dépit du fait d’avoir peu étudié, elle gérait bien le foyer, et elle a très bien éduqué ses enfants. »

Je vais maintenant faire mention de son fils, Samar Ahmad Qamar, fils de Qamar Ahmad Shafeeq, qui est décédé lors de l’accident avec sa mère. Il était étudiant en première année au Lycée Talim-ul-Islam, et par la grâce d’Allah il était un bon élève. Il servait aux côtés des khouddam avec grand enthousiasme. Il participait activement dans les activités de la communauté. Dès que son Zaeem l’appelait, il partait en laissant de côté ce qu’il faisait. Son père écrit : « Parfois, lorsque j’étais en voyage pendant trois ou quatre jours, il me disait : « Papa, ne t’inquiète pas, je vais gérer la maison. Vous pouvez servir avec sérénité. » Et c’était vraiment le cas. C’était un enfant très responsable. La sœur aînée de Samar Ahmad Qamar, Samreen écrit : « Mon frère était Macha Allah une bonne personne. Il ne se mettait jamais en colère. Même lorsque je le réprimandais il ne se mettait jamais en colère ni ne se fâchait-il. Il était aimant envers les autres enfants et ses frères et sœurs. » Ses autres frères et sœurs ont écrit la même chose. Qu’Allah fasse preuve de miséricorde et de pardon à l’égard du défunt et qu’Il accorde la patience et le courage à toute la famille, à la fois aux enfants et au père de l’enfant. Ce dernier a perdu son fils ainsi que sa femme.

La prochaine défunte dont je dirigerai la prière funéraire est Saida Afzal Khokhar, épouse du martyr Muhammad Afzal Khokhar et mère du martyr Ashraf Mahmood Khokhar. Son mari et son fils étaient tous les deux tombés en martyr. Elle est décédée le 12 septembre 2020 au Canada. Inna lillahi wa inna ilaihi raji’oun. Après le décès de son mari et de son fils, elle avait dû faire face à des circonstances très difficiles, mais elle a affronté toutes les difficultés avec grande patience et courage. Elle a passé sa vie avec dignité. Elle ne s’est jamais plainte. Elle a accompli sa responsabilité en mariant ses trois enfants. Quelques années auparavant, elle a subi la perte soudaine d’un autre de ses jeunes fils, Asif Mahmood Khokhar. A ce moment, elle avait également fait preuve d’une patience exemplaire. Elle était aimante envers tous ses proches ; elle était très hospitalière et s’occupait des pauvres. Elle avait une relation de dévotion, de respect et d’amour avec le Califat. Elle participait de façon importante dans tous les différents fonds financiers de la communauté. Au cours de toute sa vie, elle a donné la Sadaqah et a fait d’autres charités au nom de ses parents, au nom de son mari et fils martyrs, ainsi qu’au nom des autres aînés de sa famille. Ses parents, Mirza Fazal Karim et Saghira Begum, faisaient partie des personnes dévouées à l’islam et à l’Ahmadiyya. C’était la sœur aînée de Mirza Mujeeb Ahmad et de Mirza Fazl-ur-Rehman qui résident à East London. Elle était la belle-sœur aînée de Mubarak Khokhar. C’était la tante maternelle aînée de Mubarak Siddiqi. La défunte était par la grâce d’Allah Moussia. Elle laisse derrière elle son fils, Bilal Ahmad Khokhar, ses trois filles, Taiba Qureshi, Tahira Majid, et Sameena Khokhar. Qu’Allah le Très-Haut exalte le rang de la défunte, qu’Il fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard et qu’Il permette également aux enfants de perpétuer les nobles actions de leur mère.


(ce sermon a été repris du site-web officielle de la Jamaat Ahmadiyya en français, islam-ahmadiyya.org)