يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَامُ كَمَا كُتِبَ عَلَى الَّذِينَ مِنْ قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ (184) أَيَّامًا مَعْدُودَاتٍ فَمَنْ كَانَ مِنْكُمْ مَرِيضًا أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍ فَمَنْ تَطَوَّعَ خَيْرًا فَهُوَ خَيْرٌ لَهُ وَأَنْ تَصُومُوا خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ (185) شَهْرُ رَمَضَانَ الَّذِي أُنْزِلَ فِيهِ الْقُرْآَنُ هُدًى لِلنَّاسِ وَبَيِّنَاتٍ مِنَ الْهُدَى وَالْفُرْقَانِ فَمَنْ شَهِدَ مِنْكُمُ الشَّهْرَ فَلْيَصُمْهُ وَمَنْ كَانَ مَرِيضًا أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ يُرِيدُ اللَّهُ بِكُمُ الْيُسْرَ وَلَا يُرِيدُ بِكُمُ الْعُسْرَ وَلِتُكْمِلُوا الْعِدَّةَ وَلِتُكَبِّرُوا اللَّهَ عَلَى مَا هَدَاكُمْ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ (186)

Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit tout comme il a été prescrit à vos devanciers, afin que vous adoptiez la piété. Le jeûne prescrit est pour un nombre de jours déterminé mais quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûnerun nombre égal d’autres jours ; et pour ceux qui ne peuvent jeûner qu’avec difficulté, il y a une expiation : nourrir un pauvre. Et quiconque fera le bien de son propre gré, c’est mieux pour lui. Et le jeûne vous est bénéfique, si seulement vous le saviez. Le mois de Ramadan est celui pendant lequel le Coran a été révélé comme guide pour l’humanité, avec des preuves claires sur la direction et le discernement. Par conséquent, quiconque d’entre vous est présent chez lui pendant ce mois, doit y jeûner. Mais quiconque sera malade ou en voyage devra jeûner pendant le même nombre d’autres jours. Allah désire la facilité pour vous et Il ne désire pas de la privation pour vous et Il désire que vous complétiez le nombre de jours et que vous exaltiez la grandeur d’Allāh pour vous avoir guidés, et que vous Lui soyez reconnaissants. (Saint Coran, chapitre 2, versets 184 à 186)

Le jeûne : un des piliers de l’Islam

Les piliers de base de la religion islamique sont cinq : la Chahadah ou l’attestation de foi la Salah ou la prière quotidienne ; le Sawm ou le jeûne ; le Hajj ou le pèlerinage à la Mecque ; et la Zakat ou la dîme.

La définition du jeûne en Islam

Les versets cités au début contiennent les commandements divins se rapportant au jeûne. En arabe, le terme Sawm signifie l’abstention. Du point de vue religieux, il s’agit de l’abstention, du lever jusqu’au coucher du soleil, de toute nourriture, boisson ou relations conjugales, à condition que l’abstention soit faite consciemment avec l’intention d’adorer Dieu.

L’excellence du Ramadan

À l’époque du Saint Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui), le soir de la veille du mois du Ramadan, plus précisément le dernier jour du mois de Cha’ban, celui-ci expliqua à ses Compagnons l’importance et la splendeur du mois du Ramadan, tel que l’a rapporté Salman le Persan – qu’Allah soit satisfait de lui – dans les paroles suivantes :

« Le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) dit : Ô gens ! Vous allez entrer dans un important mois, un mois béni, un mois qui contient une nuit qui est meilleure que mille mois. Allah a rendu son jeûne obligatoire et les prières faites au cours de ses nuits surérogatoires. Quiconque y accomplit une bonne œuvre surérogatoire est comme quelqu’un qui observe une action obligatoire en dehors de ce mois. Quiconque y accomplit une action obligatoire est comme quelqu’un qui accomplit 70 actions obligatoires en dehors du Ramadan. C’est un mois de patience. La patience sera récompensée par l’admission au paradis. C’est un mois de consolation mutuelle, mois au cours duquel la subsistance accordée au croyant est augmentée. Quiconque y donne à un jeûneur de quoi rompre son jeûne, obtiendra le pardon de ses péchés et l’affranchissement de l’enfer. Il sera récompensé pour cet acte sans que sa récompense initiale soit diminuée… C’est un mois dont le début est une miséricorde, le milieu un pardon et la fin un affranchissement de l’enfer. Quiconque allège les charges de son esclave, obtiendra le pardon d’Allah et son affranchissement de l’enfer… » (Baihaqi, hadith 3608)

Et selon un hadith présent dans « al-Djami’» de at-Tirmidhi, d’après Abu Hurayrah, le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Au premier jour de Ramadan, les diables et les Djinns rebelles seront enchaînés, toutes les portes du Paradis sans exception seront ouvertes. Un héraut criera : Ô toi qui cherches le bien, avance. Ô toi qui cherches le mal, va-t’en. Ce jour-là, il y aura des gens qu’Allah a affranchis du Feu. Et ceci se répète chaque nuit. » (Tirmidhi, Abwab Us-Sawm)

L’importance du jeûne du Ramadan

Des hadiths qui suivent l’on comprendra l’importance accordée par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à ce pilier de l’Islam qu’est le jeûne.

« Celui qui jeûne le Ramadan avec foi et en faisant son évaluation personnelle, ses péchés précédents sont pardonnés. » (Bukhari, Kitab-Us-Sawm, Hadith 1768)

Abdur Rahman ibn ‘Awf (r.a.) rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a mentionné le mois du Ramadan, disant qu’il est le meilleur de tous les mois. Puis il dit : « Quiconque prie avec foi et en faisant son évaluation personnelle durant ce mois sortira de ses péchés aussi purs qu’il l’était lorsque sa mère lui donna naissance. » (Sunan Al-Nasa’i, Kitab Us-Siyam, Hadith 2179)

Abu Hurayrah (r.a.) rapporte que le Messager d’Allah dit : « Quiconque jeûne pendant le Ramadan comme un acte de foi et en s’évaluant personnellement, verra ses péchés précédents expiés. Si vous connaissiez les excellences du Ramadan, vous auriez souhaité que toute l’année soit Ramadan. (Musnad Al-Imam Al-Rabi’ibn Habib, Kitab-Us-Sawm, Bab Fi Fadl Ramadan)

 

Abu Mas’ud Al-Ghaffari (r.a.) rapporte que le Prophète (pssl) dit alors que le Ramadan avait déjà commencé : « Si seulement ma communauté savait ce qu’est le Ramadan, elle aurait souhaité que toute l’année soit Ramadan. » Quelqu’un lui demanda d’en décrire les excellences ; à cela il répondit : « Le paradis est embelli pour le Ramadan du début de l’année jusqu’à la fin. Lorsque vient le premier jour du Ramadan, des vents se mettent à souffler sous le trône de Dieu. » (Al-Targhib wat-Tarhib, Kitab-Us-Sawm, At-Targhib Fi Siyyam Ramadan)

Le Ramadan et le pardon divin

Anas (r.a.) rapporte que le Messager d’Allah (pssl) dit : « Ce mois s’appelle Ramadan, parce qu’il brûle les péchés. (Al-Firdaus bi Maathur al-Khitab, volume 2, page 60, hadith 2339)

Abu Hurayrah (r.a.) rapporte cette parole prophétique : « Le jeûne est un bouclier et une forteresse contre le feu. » (Musnad Ahmad, hadith 8857)

Salman le Persan (r.a.) rapporte que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dit : « C’est un mois dont le début est une miséricorde, le milieu un pardon et la fin un affranchissement de l’enfer. » (Mishkat, Kitab-Us-Sawm)

Anas (r.a.) affirme qu’il entendit le Prophète (pssl) dire : « Quand vient le mois de Ramadan, les portes du Paradis sont ouvertes ; les portes de l’enfer sont fermées, et les démons, enchaînés. Il est bien malheureux celui qui a rencontré le Ramadan mais reste privé du pardon d’Allah. En effet, quand va-t-il être pardonné autrement ? » (Al-Targhib wat-Tarhib)

Abu Hurayrah (r.a.) rapporte ceci du Saint Prophète (pssl) : la première nuit du Ramadan, Dieu regarde Ses créatures et si Dieu regarde quelqu’un, Il ne le châtie jamais. Chaque jour de ce mois, Allah affranchit du feu de l’enfer un millier de gens, et, lorsque vient la vingt-neuvième nuit, Allah en affranchit encore autant qu’il en a affranchi depuis le début du mois. (Al-Targhib wat-Tarhib, Kitab-Us-Sawm, At-Targhib Fi Siyyam Ramadan)

Ibn ‘Abbas raconte que le Messager de Dieu était l’homme le plus généreux. C’était au mois de Ramadan, qu’il était le plus généreux, plus généreux à dispenser le bien que le vent qui souffle sans arrêt. (Bukhari)

‘Aïcha (r.a.) raconte ceci : « A aucun autre moment de l’année, le Messager d’Allah, que les éloges et le salut soient sur lui, redoublait d’efforts comme il le faisait durant ces dix derniers jours ». (Muslim, Kitab-Ul-Itikaf, Bab Jihad-Fil-Ashr)

Salman le Persan (r.a.) raconte que le Messager d’Allah (pssl) dit : Allah a rendu son jeûne obligatoire et les prières faites au cours de ses nuits surérogatoires. C’est un mois de patience. La patience sera récompensée par l’admission au paradis. C’est un mois de consolation mutuelle, mois au cours duquel la subsistance accordée au croyant est augmentée. (Mishkat, Kitab-Us-Sawm)

 

Il s’agit de la patience éprouvée par la faim et la soif, par les passions rebelles, et par les propos désagréables des gens.

Le jeûne du Ramadan est un bouclier

Abu Hurayrah (r.a.) rapporte ceci du Prophète (pssl) : « Le jeûne est un bouclier pour les jeûneurs ; pour cette raison, ils devraient s’abstenir de toutes paroles inutiles, plaisanteries, querelles. Si jamais quelqu’un lui cherche querelle, il doit lui dire à deux reprises : « Je jeûne » » (Bukhari, Kitab-Us-Sawm, hadith 1761)

Par rapport à cette patience requise, le Messie Promis (a.s.) déclara : « Je contrôle mon âme à tel point, et Dieu a tant soumis mon ego, que si quelqu’un devait me dévisager en proférant sans interruption les pires injures envers ma personne pendant une année entière, il finirait par ressentir de la honte et devrait alors admettre qu’il n’avait pu me troubler même le moindrement. » (Malfouzat, volume 1, page 302)

Le Ramadan et la révélation du Coran

Le Ramadan est certes un mois de grandes bénédictions divines, et à ce sujet le Messie Promis (a.s.) d’affirmer :

« Dans le verset 186 du chapitre 2, Allah dit : Le mois du Ramadan est celui durant lequel le Coran fut révélé… Voilà la phrase dont on peut déduire l’excellence de ce mois. Aussi, les Soufis ont-ils écrit que ce mois est très propice pour l’illumination du cœur. La prière purifie l’âme, et le jeûne illumine le cœur. La purification de l’âme signifie l’acquisition du pouvoir de se distancer des basses passions, et l’illumination du cœur sous-entend l’ouverture des portes de la vision spirituelle afin que l’on puisse contempler Dieu. Voilà l’indication donnée par « durant lequel le Coran fut révélé ». Cela ne fait aucun doute.

La récompense du jeûne est certes grande, mais l’homme en est privé par les maladies et les préoccupations. Je me souviens d’avoir vu en rêve, alors que j’étais encore jeune, que le jeûne était la pratique de la famille du Prophète (pssl). J’ai donc jeûné six mois d’affilée. Durant cette période, j’ai vu que des colonnes de lumière montaient au ciel, sans savoir si elles provenaient de la terre ou de mon cœur. Néanmoins, cela se limitait à la période de jeunesse, et à cette époque-là j’aurais pu, si je l’avais voulu, jeûner quatre ans sans interruption.

Les injonctions de Dieu se divisent en deux catégories : les actes d’adoration par les biens et ceux par le corps. Les premiers intéresseront la personne pourvue de biens ; au cas contraire, elle en sera excusée. Les actes d’adoration physiques appartiennent eux aussi à la jeunesse ; lorsque l’homme passe le cap de ses soixante ans, toutes sortes de complications l’affligent au niveau de sa santé, telles que l’incontinence urinaire, une diminution au niveau de l’acuité oculaire. Il est donc vrai que la vieillesse est encombrée par des centaines de défauts. La bénédiction des actes commis durant la jeunesse s’étendent jusqu’à l’âge avancé, et quiconque a été négligent durant sa jeunesse doit faire face à mille regrets durant sa vieillesse. L’homme doit donc s’évertuer autant qu’il le lui est physiquement possible de s’acquitter des devoirs imposés par Dieu. Or Dieu dit à propos du jeûne que cela vaut mieux pour vous ; si vous jeûnez régulièrement, vous y trouverez un grand bien pour vous-mêmes. » (Al-Badr, 12 décembre 1902, page 52 - Commentaires du Messie Promis (a.s.) du Saint Coran, page 264)

La raison d’être du jeûne

 

Le Premier Calife la Communauté Ahmadiyya déclare : « L’enseignement essentiel du Ramadan est que quelle que soit l’urgence des besoins le croyant les ignore et les balaie de côté pour gagner le seul plaisir de Dieu. Le Coran souligne lui-même la raison d’être et la philosophie du jeûne en disant : « O vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit tout comme il avait été prescrit à vos devanciers, afin que vous adoptiez l’habitude d’apprendre la Taqwa. » Celui qui jeûne abandonne les choses déclarées licites par la charia, seulement parce que son Seigneur ne les a pas autorisées durant cette période précise. Comment une telle personne pourra-t-elle alors chercher à consommer ou boire des choses proscrites par la charia, ou encore chercher à assouvir ses passions dans l’illicite ? L’un des aspects de la Taqwa est de ne pas s’approprier les biens les uns des autres. » (Al-Hakam, 24 janvier 1904, page 12)

Le Ramadan et le progrès spirituel

 

Notre cher Imam, le Cinquième Calife de la Communauté Ahmadiyya affirme : « Le Ramadan est un mois béni pour ceux qui désirent sincèrement adorer Allah, et qui L’adorent vraiment ; un mois béni pour ceux qui essayent de s’acquitter de tout acte de bien commandé par Allah, et qui abandonnent tout mal qu’Allah a proscrit, voire même des choses qui sont à l’ordinaire permises mais que Dieu a proscrites pendant une période spécifique. Or, Dieu affirme que le jeûne est obligatoire tout autant que l’est l’abandon de certaines choses afin que vous puissiez évoluer dans la Taqwa. Et qu’est-ce que la Taqwa ? C’est se préserver des péchés, en faisant des efforts, à l’instar de celui qui se cache derrière un bouclier pour se protéger. Or, cela sous-entend une appréhension. Il s’agit ici de la peur d’une attaque, dont on se protège en se cachant derrière quelque chose. Dieu dit donc : Observez le jeûne comme il se doit et alors vous progresserez au niveau de la Taqwa. » (Khutbat-e-Masroor, volume 2, page 740)

Le jeûne du Ramadan est une obligation

Il est inconvenant de chercher à esquiver le jeûne pour des raisons banales. A ce propos, le Prophète (pssl) dit :

« Quiconque rompt le jeûne sans raison valable telle la maladie ne pourra se racheter dût-il jeûner pour le restant de sa vie. » (Sunan-Ad-Daarimi, Bab Aftara Yawman Min Ramadan)

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Si Dieu l’avait voulu, Il n’aurait pas imposé des restrictions sur ce peuple telles qu’Il en avait imposées aux autres, mais elles sont pour le plus grand bien des gens. Selon moi, il s’agit pour l’homme de demander Dieu avec toute sincérité de ne pas le priver de ce mois, et alors Dieu ne l’en prive pas. Si dans un tel état il tombe malade, cette maladie est en fait pour lui une miséricorde. En effet, chaque action dépend de l’intention y relative. Le croyant doit se montrer courageux sur le chemin de Dieu. L’homme qui est incapable de jeûner mais dont l’intention sincère et passionnée était de jeûner débarrassé de l’embarras de la maladie, et dont le cœur pleure car ne pouvant ce faire, les anges jeûneront à sa place à condition qu’il ne se cache pas derrière des prétextes ; et Dieu ne le privera sûrement pas de la récompense pour le jeûne.

Il s’agit donc d’une affaire subtile ; si un homme, de par sa paresse, considère le jeûne comme étant trop dur pour lui et se pense malade, et qui craint qu’il ne lui arrive ceci ou cela s’il devait se priver de nourriture, cet homme-là considère la faveur de Dieu comme étant trop dure pour lui. Quand en méritera-t-il la récompense ? Celui qui est content de voir arriver le Ramadan, et qui attendait sa venue avec engouement afin de pouvoir jeûner, et qui ensuite tombe malade, celui-là n’en est pas privé au Ciel. Bon nombre de gens en ce monde se réfugient derrière des prétextes, et pensent que tout comme ils trompent leurs congénères sur terre ils peuvent aussi tromper Dieu ! Ces personnes se créent des empêchements elles-mêmes et leur donnent les allures d’authenticité. Mais Dieu sait qu’ils ne sont pas authentiques. Les empêchements sont un champ vaste. Si elle le désire, une personne peut prier assise toute sa vie et ne jamais jeûner durant le Ramadan. Or Dieu connaît l’intention et le désir réel du véridique sincère. Dieu sait qu’une douleur afflige son cœur et alors Dieu lui donne une récompense plus ample encore, car la douleur du cœur est une chose appréciée. L’homme s’appuie sur des stratagèmes basés sur ses interprétations personnelles, alors qu’aux yeux de Dieu ses stratagèmes ne sont d’aucune valeur.

Lorsque j’avais jeûné pendant six mois d’affilée, il m’est venu un groupe de prophètes dans une vision ; ceux-ci me demandèrent : « Pourquoi te mets-tu dans tant de difficultés ? Sors-en à présent. »

C’est ainsi que, lorsque l’homme se met dans des difficultés par amour pour Dieu, Dieu, tel une mère ou un père, lui demande plein de miséricorde : « Pourquoi te retrouves-tu dans tant de difficultés? »

Or, ces gens-là se préservent sur de fausses excuses des difficultés, alors Dieu les en fait tomber dans d’autres et ne les en enlève pas. Mais celui qui s’y plonge volontiers, Dieu Lui-même l’en extirpe. Il incombe à l’homme de ne pas être indulgent envers lui-même mais de devenir plutôt tel que Dieu Se montre indulgent envers lui. En effet, l’indulgence envers soi-même mène à l’enfer, mais l’indulgence démontrée par Dieu mène au paradis. Réfléchissez sur l’histoire d’Abraham (pssl) ; ceux qui sautent volontiers dans le feu en sont arrachés, alors que ceux qui veulent s’en sauver y sont jetés. » (Malfuzat, volume 2, pages 563-565, Edition 2003)

« C’est cela la paix et l’Islam, à savoir accepter tout ce qui survient sur le chemin de Dieu. Si le Prophète (pssl) devait s’inquiéter de sa protection personnelle, Allah ne lui aurait pas révélé le verset 68 du chapitre 5 : Allah te protégera contre les gens. C’est là le secret de la protection divine. »

 

Le Messie Promis (a.s.) dit par ailleurs : « Quant à moi, ce n’est que lorsque je sens que la mort est proche que je cesse de jeûner. Ma nature n’est pas encline à l’abandonner. Ceux-ci sont des jours bénis, des jours où descendent la miséricorde et la grâce d’Allah. » (Malfuzat, volume 2, page 440)

N'abandonnez jamais le jeûne du Ramadan

Le deuxième Calife (r.a.) de la Communauté Ahmadiyya écrit : « Il me semble qu’il existe des personnes qui prennent le commandement du jeûne à la légère. Ils l’abandonnent sur des prétextes des plus futiles, dont celui de craindre de tomber malades en raison du jeûne. Or la maladie qui n’est pas influencée par le jeûne ne saura être une raison valable pour l’abandonner. (Al-Fazl, 11 avril 1925)

 

Il dit aussi : « La charia recommande fortement le jeûne. Si s’efforcer au-delà de toute limite est chose défendue, il ne faut pas oublier que l’indulgence extrême est tout autant interdite. Il ne faut donc pas s’exercer au point où l’on y perd la vie, ni ne faut-il être si indulgent envers soi-même que la charia est bafouée et le devoir est esquivé en s’appuyant sur des prétextes. J’ai remarqué que d’aucuns se disent incapables de jeûner pour des raisons de faiblesse intense, ou que cela entraînerait la diarrhée, alors qu’il ne s’agit pas là de raisons valables pour s’en excuser. Tant que la diarrhée ne commence pas à se manifester, l’homme doit jeûner. Si elle commence, il peut alors rompre le jeûne. Comme je l’ai dit, d’autres disent que le jeûne les rend faibles, mais encore une fois cela n’est pas une excuse admissible. La seule faiblesse qui pourrait s’arroger le titre d’excuse valable est celle en raison de laquelle un médecin proscrirait le jeûne. (Tafsir-e-Kabir, commentaire de la sourate al-Baqarah, page 286)

Le Ramadan : saison propice pour se libérer du monde

Le quatrième Calife de la Communauté Islamique Ahmadiyya affirme : « Ceux qui ne jeûnent pas durant le Ramadan ne peuvent même pas imaginer quelles bonnes œuvres ils sont en train de perdre. Ils sont enchaînés encore davantage par le monde, car quiconque ne peut supporter les limites imposées par le Ramadan tombe sous l’influence du monde et s’enchaîne lui-même au matérialisme. De telles personnes deviennent, au fur et à mesure, des esclaves de la vie d’ici-bas. Ils ne peuvent pas alors se libérer de ces chaînes, même s’ils le désirent. Il faut donc joyeusement accepter les difficultés du Ramadan qui ne durent que quelques jours. Ayant accepté ces difficultés, vous constaterez que leurs avantages sont illimités. Ces quelques jours de peines laisseront la place à de vastes bénéfices, et vous profiterez des gains de ces quelques jours durant toute l’année. (Sermon du 15 avril 1988)

 

Le Messie Promis (a.s.) dit : « Quant à moi, ce n’est que lorsque je sens que la mort est proche que je cesse de jeûner. Ma nature n’est pas encline à l’abandonner. Ceux-ci sont des jours bénis, des jours où descendent la miséricorde et la grâce d’Allah. »

Une prière afin de pouvoir jeûner

Quant à celui qui est privé de non seulement le jeûne du Ramadan mais de ses autres formes d’adoration, la prière suivante du Messie Promis (a.s.) lui sera utile : « Selon moi, il serait bien que l’homme prie ainsi : O mon Dieu, voici Ton mois béni dont j’ai été privé. Je ne sais si je serai encore en vie l’année prochaine, ou si je pourrai expier ces jours perdus.

S’il demande alors à Dieu la force, je suis convaincu que Dieu la lui donnera. » (Malfuzat volume 2, page 563, nouvelle édition)

Le jeûne du Ramadan : un remède contre les maux physiques

Le jeûne est également un remède pour des maladies physiques. Abu Hurayrah (r.a.) rapporte que le Prophète (pssl) avait déclaré : « Toute chose doit s’acquitter d’une aumône. L’aumône du corps est le jeûne. » (Ibn Majah, Kitab-Us-Sawm)

 

Le deuxième Calife (r.a.) de la Communauté Ahmadiyya écrit : « Le jeûne libère le corps de plusieurs maladies. Il a été récemment découvert que la vieillesse ou la faiblesse naissent à cause de l’accumulation de certaines matières qui causent la maladie ou la mort. Le jeûne y est un excellent remède. (Tafsir-e-Kabir, volume 2, page 375)

Le jeûne : une aumône pour le corps

À propos des effets du jeûne sur l’homme, le Quatrième Calife (r.h.) Communauté Ahmadiyya déclare dans son sermon du 26 janvier 1996 que selon un hadith toute chose doit présenter une aumône pour être purifiée. L’aumône purificatrice du corps est le jeûne. Or, la Zakat est offerte afin de purifier les biens, faire progresser les bonnes œuvres et la purification de l’âme. Le jeûne devient donc une aumône pour le corps en entier.

Dans un autre hadith, nous lisons : « Jeûnez, vous resterez en bonne santé. » (Jami’al-Saghir de l’Imam Al-Suyuti)

Le jeûne n’est donc pas uniquement une zakat spirituelle ; il est aussi une Zakatphysique. Par la grâce de Dieu, la santé s’améliore durant le Ramadan, et non le contraire, à condition bien sûr de ne pas jeûner par temps de maladie, car Dieu le proscrit dans ce cas ; si nous n’y faisons pas attention nous endommagerons nous-mêmes notre santé. Autrement, le Ramadan est une bonne chose pour la santé.

L’on ne devrait pas faire de l’inclémence du climat, du travail, des études, etc., des prétextes pour abandonner le jeûne. Allah l’a rendu obligatoire, et n’excuse pas son abandon pour des raisons de changement de climat ou de travail. L’excuse est pour le malade et le voyageur. Par temps normal, l’on ne doit pas se priver des bénédictions et du pardon de Dieu en abandonnant le jeûne.

 

Notre Saint Prophète (pssl) déclare : « Le jeûne par temps de grande chaleur est un djihad. » (Bihar al Anwar, volume 96, page 257) Quel que soit le climat lorsque le Ramadan arrive, son esprit réel est l’adoration, l’abandon des mauvaises habitudes et les efforts pour gagner l’amour d’Allah.

Le Ramadan : la saison du progrès spirituel

Le Sahibzada Bashir Ahmad (r.a.) écrit : « Le Messie Promis (a.s.) disait que l’abandon des mauvaises habitudes requiert un environnement spécial ; or le Ramadan offre cet environnement de façon complète. Les gens devraient examiner leur âme durant le Ramadan et faire la promesse d’abandonner une mauvaise habitude. » (Al-Fazl du 27 avril 1955)

Le Cinquième Calife de la Communauté Ahmadiyya explique : « Surveillez le niveau de votre jeûne. Vous saurez quels sont les progrès que vous faites vers la Taqwalorsque vous serez en train de vous juger vous-mêmes, et qu’au lieu de chercher les défauts d’autrui vous cherchiez vos propres défauts et faiblesses, et que vous soyez en train de vous demander combien de bonnes œuvres vous avez accomplies et combien de défauts vous avez abandonnés au cours de la journée. » (Khutbat-e-Masroor, volume 3, page 601)

Sa Sainteté le Calife déclare en outre : « Durant les jours du jeûne, chacun doit évaluer son âme, en se disant : C’est le Ramadan ; voyons voir quels défauts je porte en moi. Quels sont ceux dont je peux me défaire aisément ? Quelles sont les actions vertueuses que je n’ai pas pu accomplir jusqu’ici ? Quelles sont celles que je peux essayer de faire ?

Si l’on a pu adopter une ou deux vertus et abandonner un ou deux défauts, et s’y atteler fermement, sachez alors que l’on aura profité d’une immense bénédiction du Ramadan. (Khutabat-E-Masroor, volume 1, page 418)

L’on doit essayer d’en profiter pleinement sans chercher des prétextes autres que celles agréées par la charia, à savoir la maladie et le voyage, dans lesquels cas l’on offre la Fidya en guise d’expiation selon la pratique du Prophète (pssl).

Le jeûne et les prières surérogatoires

Outre les cinq prières quotidiennes, chacun doit essayer de faire la prière de Tahajjud . La prière Duha, accomplie dans la matinée offre une belle occasion de glorifier Dieu et de réveiller son âme endormie. La prière de Tarawih sert un remplacement, bien que moindre dans son efficacité, pour le Tahajjud. Néanmoins elle est une aubaine pour les faibles et les malades. Quiconque en a la chance de les observer toutes les deux peut également ce faire.

La récitation du Coran durant le Ramadan

L’on doit s’évertuer à lire le Coran entier durant le saint mois, deux fois ou sinon au moins une fois, comme l’a recommandé le Calife actuel. Arrivant à chaque verset parlant de la miséricorde divine l’on doit la demander à Allah et sur tout verset parlant de châtiment l’on doit implorer Dieu de nous en préserver.

Nous devons augmenter nos prières et notre glorification de Dieu durant ce mois, en mettant notre cœur dans un état tel que l’on ait l’impression d’être dans la présence de Dieu. L’on doit prier pour la victoire du mouvement Ahmadiyya, pour la santé et longue vie du Calife, pour les missionnaires et fonctionnaires de la Jama’at, pour les habitants de Qadian, et pour leur réussite dans toutes leurs tâches.

Prières essentielles durant le Ramadan

Parmi les supplications importantes, il y a celles-ci :

رَبَّنَا آَتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآَخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ

« O notre Seigneur, accorde-nous le bien en ce monde et dans l’Au-delà et sauve-nous du Feu. » (Saint Coran, chapitre 2, verset 202) Cette prière a un effet miraculeux.

لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ

« Il n’y a aucun Dieu à part Toi, Saint es-tu ! J’ai vraiment été du nombre des injustes » (Saint Coran, chapitre 21, verset 88). Cette prière efficace pour la purification de l’âme et pour obtenir l’aide d’Allah.

يا حي يا قيوم برحمتك أستغيث

« O Dieu Vivant Qui soutient toute chose ! Nous T’implorons Ton aide. »

La sourate al-Fatihah est, ne l’oublions pas, la prière par excellence. Nous devons également réciter les prières recommandées par le Calife .

Prières pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)

Dans le domaine de l’acquisition de bénédictions divines, au premier plan nous trouvons la prière pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le Messie Promis (a.s.) écrit à ce sujet : « Une nuit, j’ai tellement fait de prières pour le Prophète (pssl) que mon cœur et ma poitrine en ont été tout parfumés. Au cours de la même nuit, j’ai vu en rêve que des anges apportaient des gourdes remplies de lumière chez moi. L’un deux me dit : C’est le fruit des prières que tu as faites pour le Prophète (pssl). »

Actions à éviter durant le Ramadan

Durant le Ramadan, l’homme doit s’abstenir de tout acte désagréable, parole lascive, mensonge, tromperie, malhonnêteté, injustice, persécution, blessure, moquerie et injure, et cela de façon totale. Cette leçon lui servira de guide lumineux durant le restant de l’année.

Le Ramadan offre aussi une occasion de se concentrer sur une forme d’adoration qui a trait aux droits des créatures de Dieu : la charité. L’on rapporte que le Prophète (pssl) faisait la charité plus rapidement encore que les vents puissants. La charité de la fin du Ramadan est notamment de rigueur pour tous, riches et pauvres, hommes et femmes.

Les dix derniers jours du Ramadan

Les dix derniers jours du Ramadan sont une occasion toute particulière de faire agréer ses prières. C’est pour cela que l’on met encore plus en exergue les prières volontaires, la glorification de Dieu, la récitation du Coran, et les prières pour le Prophète (pssl) durant ces dix jours. Quiconque n’a pas d’empêchements incontournables devrait passer ces dix jours en retraite dans la mosquée. Sinon, il sied d’augmenter beaucoup ses prières et dévotions lors des nuits impaires de ces dix derniers jours afin d’accueillir la nuit qui a été prononcée meilleure que mille mois.

Qu’Allah nous permette d’en profiter pleinement et d’en sortir en tant que créature nouvelle, et que les portes de progrès inouïs au niveau spirituel et matériel nous soient ouvertes. Amine.

Le Ramadan est également le mois du pardon. L’on doit tout faire pour en profiter.

Dieu, la récompense du Ramadan

Dans un hadith Qudsi, Allah déclare : « Je suis Moi-même la récompense du jeûne ; cette récompense est sans limites. » (Bukhari Kitab-Us-Sawm)

Le Messager d’Allah (pssl) affirme : « Chaque soir à l’heure de l’Iftar où l’on rompt le jeûne, Allah sauve du Feu un certain nombre de personnes, et cela tous les jours. » (Ibn Majah, Kitab-Us-Sawm)

Il dit aussi qu’il y a une prière à l’heure de l’Iftar qui n’est pas rejetée. (Ibn Majah, Kitab-Us-Sawm)

Il serait donc opportun de ne pas gaspiller ce moment et de le passer en silence à prier. L’une des prières que faisait le Prophète (pssl) est : « Par Ta miséricorde qui s’étend sur toute chose, pardonne-moi mes péchés. » (Mustadrak)

‘Aïcha (r.a.) rapporte que le Prophète (pssl) priait beaucoup plus que d’habitude durant les dix derniers jours du Ramadan. Celui-ci lui avait dit que la dernière nuit du Ramadan est une nuit de pardon pour sa communauté. Celle-ci de demander : Est-ce la Nuit du Destin ? Il répondit : Non, c’est le salaire de celui qui a terminé son travail. Ce pardon est le salaire de ses efforts » (Musnad Ahmad, volume 2, page 262)

Quiconque prie avec foi et pour avoir une récompense la nuit du destin, tous ses péchés lui sont pardonnés. (Bukhari Kitab-Us-Sawm)

La Laylatul-Qadr : la nuit du destin

‘Aïcha (r.a.) demanda au Prophète : « Si je sais quelle nuit est celle du destin, quelle prière devrais-je y faire ? » Celui-ci de répondre :

اللَّهُمَّ إِنَّكَ عُفُوٌّ تُحِبُّ الْعَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي

« O Allah, Tu es le pardon personnifié et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi ! » (Tirmidhi Kitab-Us-Sawm)

Anas (r.a.) rapporte que le Prophète (pssl) a déclaré : « La nuit du destin, Gabriel descend avec une compagnie d’anges, et envoient des salutations à tous ceux qui sont occupés à se souvenir d’Allah. Ensuite lorsque vient le jour de l’Aïd-al-Fitr, Allah montre Sa fierté pour les croyants devant les anges, et dit : O anges ! Quelle est la récompense du travailleur lorsqu’il termine son travail ? Ils disent : Il mérite son salaire intégral. Allah dit alors : O anges ! Voilà mes serviteurs et servantes qui après avoir accompli la tâche que Je leur ai imposée viennent me présenter leurs suppliques. Je jure par Mon honneur et Ma gloire, Ma générosité, Ma grandeur et Ma Station Élevées qu’aujourd’hui Je vais certainement accepter leurs prières. Puis Il dit en s’adressant aux croyants : Rentrez, Je vous ai pardonnés et J’ai remplacé vos défauts par des vertus. » Et c’est ainsi qu’ils rentrent chez eux ayant obtenu le pardon de Dieu. (Michkat-Al Masabih, Kitab-Us-Sawm, Bab Layla-tul-Qadr)

 

Qu’Allah nous accorde toutes les bénédictions du saint mois du Ramadan.